François Guérard et Audrey Naud présentent le nouveau numéro de la revue Saguenayensia, lequel brosse le portrait des 50 premières années de l’UQAC. Ils sont photographiés dans les locaux de la Société historique du Saguenay.

Les 50 ans de l’UQAC dans la revue Saguenayensia

Troisième de la présente année, le nouveau numéro de la revue Saguenaysia se distingue par son caractère ambitieux. Fruit d’une démarche étalée sur 18 mois, il a mobilisé une quarantaine de personnes à qui on avait confié un mandat impossible : raconter en 80 pages les 50 années d’existence de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

L’ampleur de la tâche saute aux yeux, en effet, à la lecture de ce document. Il y a tant de dates à mentionner, de noms de programmes, d’individus, de bâtiments, d’activités méritant une mention. Les informations abondent, mais pour couvrir tous les angles, les artisans de ce projet auraient eu besoin d’un livre renfermant des centaines de pages. Cette option n’étant pas disponible, le propos a été resserré, explique Audrey Naud, coordonnatrice aux projets et aux communications à la Société historique du Saguenay.

« Nous disposions de 28 pages pour décrire le parcours de l’UQAC, le tout en nous attardant au volet historique, aux services à la collectivité, à la formation et à la recherche. Cette portion du magazine a été jumelée à un document ayant pour objet de souligner les 50 ans du département des sciences humaines », a-t-elle expliqué mercredi, lors d’une entrevue accordée au Progrès.

Dans un cas comme dans l’autre, des témoignages ont été recueillis, qui laissent filtrer la dimension humaine de l’institution. Les années d’implantation furent particulièrement riches en expériences inédites, comme celle du professeur de géographie Majella-J. Gauthier, plus jeune qu’une partie de sa classe. Les photographies tirées des archives de l’UQAC, pour la plupart, montrent également que certaines modes vieillissent moins bien que d’autres.

« Ce numéro touche autant ceux qui ont étudié à l’université que ceux qui y ont travaillé », estime François Guérard, un retraité de fraîche date. Lui qui a enseigné l’histoire et dirigé le module des sciences humaines a planché sur la deuxième partie du magazine. Il rappelle qu’au moment de sa fondation, l’UQAC avait pour priorités de faire progresser le taux de scolarisation au Saguenay–Lac-Saint-Jean, tout en contribuant au développement de ce territoire.

À cet égard, il a été touché par les nombreuses initiatives destinées à faciliter l’accès aux études supérieures. Du simple fait de son existence hors des grands centres, l’université régionale avait atténué l’impact négatif que pouvait avoir l’éloignement géographique. Il restait plusieurs problématiques à affronter, cependant, afin de bâtir sur cette avancée.

« On a encore réduit les distances en ouvrant des centres hors campus à Alma et sur la Côte-Nord. Ensuite, l’UQAC a tenté de rejoindre les personnes du troisième âge et celles qui occupent un emploi, de même que les Autochtones, pour qui des programmes spécifiques ont été créés. Plus récemment, les personnes handicapées et les étudiants de l’étranger ont été ciblés », fait observer François Guérard.

En parallèle, des tensions ont accompagné la vie de l’institution. C’est ainsi qu’avant même l’ouverture du campus, on s’est demandé à quel endroit il faudrait construire. Dans les départements, par ailleurs, on a été confrontés à des fluctuations de la clientèle. En sciences politiques, par exemple, la direction a implanté une majeure en 1999, laquelle permettait aux étudiants de compléter leur baccalauréat en s’inscrivant dans une autre discipline. Huit ans plus tard, il a fallu reconnaître l’échec de cette mesure.

Il y a eu d’autres crises et, bien sûr, d’autres réussites. Toutes ne sont pas évoquées dans le magazine, pour les raisons mentionnées plus haut. Néanmoins, les artisans du numéro d’automne sont fiers du travail accompli. « Ça fait 15 ans que nous n’avons pas publié un aussi gros Saguenayensia », souligne ainsi Audrey Naud. Ajoutons que le prix de la revue s’élève à 10 $ et qu’on peut l’acheter à la Tabagie Nelson de Jonquière, à la Coopsco de l’UQAC, ainsi que dans les librairies Marie-Laura et Les Bouquinistes.