L'illustrateur et auteur de bandes dessinées originaire de Jonquière, Pascal Girard, a donné le coup d'envoi au projet Tout garni en janvier. Au cours de l'année, un illustrateur proposera un épisode de l'histoire d'Arthur le livreur de pizza chaque mois.

Les 12 mains de Tout garni

Les Éditions La Pastèque viennent de lancer un projet jeunesse numérique interactif. Intitulé Tout garni, le projet dont il est possible de suivre l'évolution via le toutgarni.telequebec.tv, s'étalera sur les 12 mois de l'année en cours. Chaque mois, un illustrateur proposera un épisode des aventures d'Arthur le livreur de pizza, une histoire écrite par André Marois. Chaque fois, le projet prendra une forme distincte: bande dessinée défilante, animation, interactions, réalité virtuelle, mini jeu, etc. Des 12 illustrateurs choisis pour donner vie au personnage, quatre sont originaires du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Le Progrès-Dimanche s'est entretenu avec eux.
Pascal Girard: la première partie déjà en ligne
Pascal Girard est le premier des 12 illustrateurs à avoir donné vie au personnage d'Arthur le livreur de pizza.
Le Jonquiérois d'origine Pascal Girard est le premier à s'être lancer dans le projet Tout garni. Le projet numérique lui a été proposé au moment parfait. L'auteur et illustrateur, également travailleur social, venait tout juste de diminuer ses heures de travail en milieu hospitalier afin de se concentrer sur son art. Il a saisi l'occasion d'explorer le numérique et ainsi, de voir ses dessins s'animer pour une première fois. 
Le travail de Pascal Girard, premier épisode des aventures d'Arthur le livreur de pizza, est en ligne depuis le début du mois sous forme de bande dessinée défilante. Le lecteur doit cliquer sur différents items afin que l'histoire se déploie devant ses yeux. L'épisode intitulé Les artisses est aussi caractérisé par l'ajout de bruits et de musique.
Pour l'illustrateur et auteur de bandes dessinées installé à Montréal depuis six ans, il s'agit d'une première expérience numérique. «Je ne suis pas très technologique. C'était l'occasion d'essayer quelque chose de différent. De plus, le moment était bien choisi puisque je venais juste de diminuer mes heures à l'hôpital», explique-t-il au cours d'un entretien téléphonique. 
«C'est un projet différent. Quand je fais un livre, je travaille seul. Cette fois, j'ai développé ce que je voulais faire, ensuite des rencontres ont été organisées avec l'équipe qui voyait ce qu'il était possible ou non de faire. J'ai fait les dessins à la main, puis l'équipe s'est chargée du reste.»
Pascal Girard a terminé le travail il y a quelques semaines. 
«Je suis heureux du résultat, mais j'ai surtout hâte de découvrir le travail des autres.» 
Projets
Pascal Girard a deux autres projets avec La Pastèque en gestation actuellement. 
Il est en train de créer un livre jeunesse documentaire sur les ours qui vivent en Amérique du Nord à paraître l'automne prochain. 
Il se concentrera ensuite sur une bande dessinée dont l'action se déroule au Saguenay. «C'est très intéressant de faire un livre qui se passe en dehors des grands centres. 
Ça fait des histoires différentes. Cette fois, ça se déroule au Saguenay puisque c'est beaucoup relié à la chasse à l'orignal et que c'est plus facile de placer une histoire quand on connaît les lieux.» Pascal Girard qui est actuellement en écriture du scénario aimerait voir le livre sur les tablettes à l'automne 2018.
Jacques Goldstyn: la découverte technologique
Depuis 1981, Jacques Goldstyn illustre les magazines et les livres des <em>Petits Débrouillards</em>.
Jacques Goldstyn a amorcé la création de croquis dans le cadre du projet <em>Tout garni</em>. Voilà à quoi ressemblera son personnage d'Arthur le livreur de pizza.
Illustrateur aussi coloré que ses dessins, Jacques Goldstyn image depuis des décennies les livres et magazines destinés aux jeunes, notamment Les petits Débrouillards. Habitué à travailler avec crayons et papier, celui qui est originaire de Saint-Eugène-d'Argentenay au Lac-Saint-Jean a d'abord cru que Tout garni n'était pas pour lui. Puis, il s'est aperçu que le projet lui ouvrait toutes grandes les portes d'un monde qui lui semblait inaccessible et dans lequel il pourrait laisser libre cours à son imagination.
« Au début, je croyais que ce n'était pas pour moi. Je travaille à la main, à l'aquarelle, au stylo et à l'encre de Chine. Je ne suis pas vraiment technologique », explique l'illustrateur au bout du fil. Il a toutefois été charmé par l'idée de travailler avec une équipe qui apportera une part de magie à ses dessins.
« Le projet me permet d'explorer de nouvelles avenues. Jamais je n'aurais pu payer des techniciens pour réaliser ce genre de projet. J'ai des idées et eux me disent si elles sont faisables ou non », affirme celui qui aime aussi l'idée que 12 dessinateurs qui ne se connaissent à peu près pas soient réunis dans ce projet. 
« C'est intéressant de voir comment le personnage sera interprété par chacun. »
Sa partie du projet intitulée Évelyne la collectionneuse sera présentée au public en septembre prochain. Il a tout de même déjà amorcé le travail qui prendra la forme de cinématique et mini jeu. 
« Évelyne fabrique des jouets mécaniques. Son appartement est un fouillis indescriptible. Il y a des centaines et des centaines de jouets partout. »
L'univers devrait plaire aux enfants. « En appuyant sur un bouton, ou sur l'écran, les jouets vont s'animer. J'aimerais aussi faire des clins d'oeil aux adultes en arrière-plan », souligne celui qui travaille à la réalisation d'un livre racontant l'histoire de ses parents, deux immigrants qui se sont retrouvés au Canada.
L'histoire
Arthur doit livrer une pizza dans un immeuble sans que le numéro de l'appartement soit précisé sur la commande. Il doit trouver à qui appartient la pizza, mais les occupants de chacun des huit logements souhaitent s'en régaler. Chaque fois qu'il frappe à une porte, le livreur est transporté dans un monde loufoque, délirant, dangereux ou poétique, à l'image de ses locataires.
Rémy Simard: La vie après Boris
Rémy Simard, originaire de Desbiens, a profité de l'invitation des éditions La Pastèque pour explorer l'univers numérique.
Arthur le vendeur de pizza tel qu'imaginé par Rémy Simard.
Les lecteurs du Quotidien sont bien familiers avec les dessins de Rémy Simard. Son petit Boris a occupé bien des cases de bandes dessinées de nos pages au cours des dernières années. Avec Tout garni, c'est tout autrement qu'il sera possible de découvrir l'illustrateur originaire de Roberval. 
Rémy Simard a opté pour une réalisation en 360 degrés dans le cadre du projet initié par les éditions La Pastèque. Les ours sera disponible en mars. 
«Je suis peu familier avec le monde numérique, mais c'est un univers qui m'intéresse, qui me fascine. Travailler avec l'ordinateur et l'aspect interactif me titille. C'est la première fois que je fais quelque chose du genre. Ça me permet d'essayer de nouvelles choses.» 
Rémy Simard a construit son épisode en fonction du fait que le visiteur puisse découvrir tous les angles du dessin. 
«Le lecteur, ou plutôt l'internaute avec sa tablette ou son téléphone intelligent pourra se promener à travers mon univers. En pivotant sur lui-même, le jeune va découvrir tout un univers. Tout se passe en rond. Il y aura de petites animations. Les personnages pourront bouger», décrit-il.
Pour l'illustrateur, la création s'est déroulée rondement. 
«Le plus gros défi, c'était le temps, pas la réalisation graphique. Par contre, il fallait aussi penser au plafond puisque le 360 degrés est aussi valide en hauteur. Il fallait aussi prendre compte du fait qu'on ne peut pas contrôler le nombre de temps que les gens vont prendre pour découvrir l'univers.» 
Projets
Rémy Simard est fort occupé ces derniers temps. Il vient tout juste de sortir un roman jeunesse de la collection Léon Poltron intitulé Les végé-zombies. 
Il publiera aussi un deuxième livre mettant en scène Simone, une bande dessinée publiée tous les mois dans le magazine J'aime lire. «J'ai publié un livre en français puis en version anglaise. Les anglophones m'ont commandé un second tome.»
Patrick Doyon: basketball et dessins
Patrick Doyon, originaire de Desbiens, fait sa marque dans le monde de l'illustration et du film d'animation.
Patrick Doyon a un style bien à lui. C'est lui qui dessine les étiquettes de la Microbrasserie du Lac Saint-Jean.
Patrick Doyon n'en est pas à une première collaboration avec l'auteur André Marois. En 2015, la réunion de leurs talents leur a valu un Prix littéraire du Gouverneur Général pour Le voleur de sandwichs. C'est en août que le public pourra découvrir où le duo le transportera avec Tout garni. Une chose est certaine, ce sera loin des sentiers battus. 
«Le projet était différent. C'était l'occasion de m'éloigner de ce que je fais, de m'éloigner du papier et de l'écran. On a peu d'occasions pour ce genre d'aventure là», affirme l'illustrateur originaire de Desbiens dans le cadre d'une entrevue téléphonique. 
Les basketteurs, l'épisode qui lui a été confié, prendra la forme d'une installation dans un espace public. 
Patrick Doyon n'a pas encore amorcé le travail de création, mais des idées lui trottent déjà en tête. 
«Il y aura une projection interactive quelque part dans la ville de Montréal. J'ai pensé qu'une animation pourrait débuter lorsque les gens réussiront un panier. C'est une possibilité. Je suis ouvert à plein d'options. Je ne connais pas les contraintes techniques. Je n'ai jamais fait quelque chose d'aussi proche de l'interactif», affirme celui dont le court métrage Dimanche, produit par l'ONF, a été en nomination pour l'Oscar du meilleur court métrage d'animation en 2012 en plus de remporter un Jutra. 
Projets
Patrick Doyon a plusieurs projets sur la table à dessin. Il illustrera la suite du livre jeunesse Le voleur de sandwichs. «J'ai aussi un projet de film que j'ai de la difficulté à avancer. C'est un court métrage. Avant de se lancer, il faut être sûr.»
La Microbrasserie du Lac Saint-Jean dont il dessine les étiquettes des produits fête aussi ses 10 ans cette année. «On va sûrement sortir quelque chose pour souligner l'événement», avance-t-il.