Cette jolie maison immortalisée en 1920, à Chicoutimi, abritait la Commission des eaux courantes. Elle symbolise, à l’échelle de la région, le 100e anniversaire de Bibliothèque et Archives nationales du Québec.
Cette jolie maison immortalisée en 1920, à Chicoutimi, abritait la Commission des eaux courantes. Elle symbolise, à l’échelle de la région, le 100e anniversaire de Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

Les 100 ans des Archives nationales du Québec célébrés

Une jolie maison située près d’un cours d’eau, quelque part à Chicoutimi. C’est la photographie que Myriam Gilbert, archiviste-coordonnatrice à Saguenay pour Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), a choisie afin d’illustrer le 100e anniversaire des Archives nationales. Elle a été captée en 1920, en effet, et rappelle l’existence d’une créature de l’État qui n’a pas bénéficié de la même longévité : la Commission des eaux courantes.

« L’image est belle et, contrairement à d’autres pour lesquelles on a écrit qu’elles avaient été prises autour de 1920, il n’y a aucun doute quant à son âge. Par contre, on ne sait pas qui en est l’auteur. Compte tenu de la qualité, ça pourrait être un photographe ayant fait une tournée des régions », a souligné Myriam Gilbert au cours d’une entrevue accordée au Progrès.

Elle ajoute que la Commission des eaux courantes a été créée par le gouvernement du Québec, alors dirigé par le premier ministre Lomer Gouin. À cette époque, l’électricité produite grâce au harnachement des rivières était le fait du secteur privé. Jusqu’à sa disparition en 1958, cette commission a eu pour rôles, entre autres, d’étudier les phénomènes climatiques et le débit des cours d’eau.

Accès démocratisé

À un siècle de distance, il est plus facile de cerner la mission des Archives nationales. Si, au début, elle était centrée sur les archives de l’administration provinciale, d’autres avenues ont été explorées, notamment celle des archives privées. Les fonds d’intérêt national sont dûment préservés, ce qui permet aux chercheurs professionnels, tout comme aux amateurs, de les examiner.

« Les Archives nationales du Québec ont été créées par la volonté de Pierre-Georges Roy, le premier archiviste. On voulait que les documents soient conservés de la bonne façon, puis on a démocratisé l’accès en ouvrant des centres en région, rapporte Myriam Gilbert. De cette manière, le sentiment d’appartenance a été renforcé. C’est ce qui a incité plus de gens à céder leurs archives. »

Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, les cas qui viennent spontanément à l’esprit sont ceux des familles Price et Dubuc. Comme bien d’autres, elles ont confié leurs documents au centre de Chicoutimi, situé au 930, rue Jacques-Cartier Est. « Dans le cas des Price, c’est chez nous que se trouve leur plus gros fonds », signale Myriam Gilbert.

Pour revenir au centenaire des Archives nationales, une activité devait être organisée dans les prochains jours, ce qui aurait coïncidé avec la Semaine nationale des archives, du 8 au 14 juin. La crise sanitaire a mis un frein à cette ambition, mais il reste la photo évoquée plus haut. Elle tient lieu de rappel et offre un joli défi aux amateurs d’histoire. Où se trouvait-elle ? Quel fut son destin ?

Une affaire à suivre.

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RETOUR AU CENTRE D'ARCHIVES LE 8 JUIN

Absent de l’espace public depuis le mois de mars, le personnel de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) retournera dans ses quartiers à compter du 8 juin. Ce sera également le cas à Chicoutimi, où l’équipe offrira une plus large gamme de services que sous le règne du confinement.

Dans les derniers mois, en effet, les interventions ont été réduites au strict minimum. La plupart du temps, elles mettaient en cause le Directeur de l’état civil. Quand il avait besoin de certificats de divorce ou de décès, les employés pouvaient produire des documents certifiés. Il suffisait d’un appel pour enclencher le processus.

En revanche, toutes les opérations nécessitant une proximité physique avec les sources documentaires, donc une présence au bureau, ont été mises sur pause. Ce sont ces opérations qui, en partie, redeviendront possibles le 8 juin. Le public ne pourra pas visiter les centres, mais pour la première fois depuis le mois de mars, il aura la possibilité de solliciter l’aide de BAnQ.

« Nous serons en mesure de faire des recherches en généalogie. Les gens ont droit à 30 minutes gratuitement, mais il n’est pas impossible que ce seuil augmente à la suite de la pandémie. Nous pourrons également dénicher des documents relatifs à l’état civil et en faire des copies », précise Myriam Gilbert, archiviste-coordonnatrice à Saguenay pour BAnQ.

Il s’agira de la première étape du déconfinement et des mesures seront prises afin que le personnel respecte les normes de distanciation. Si tout va bien, peut-être que dès juillet, on passera au deuxième stade. C’est à ce moment que des chercheurs auront accès aux locaux. Ce sera fait sur réservation, au rythme d’une ou deux personnes à la fois.

« La salle de consultation sera réaménagée pour que ce soit sécuritaire, tandis que les documents manipulés seront mis en quarantaine. Nous-mêmes, nous porterons masque et visière », indique Myriam Gilbert. 

Comme la Société historique du Saguenay cohabite avec BAnQ, il y a tout lieu de croire que son fonctionnement épousera des contours similaires.

Appelée à cerner l’impact qu’a eu le confinement sur le centre de Chicoutimi, Myriam Gilbert raconte qu’au printemps, un nombre plus élevé de chercheurs fréquentent la salle de consultation. Les étudiants en profitent pour réaliser des travaux académiques, une clientèle qui, cette année, a dû s’organiser autrement.

Une autre conséquence, plus facile à rattraper cependant, tient à la tradition du grand ménage. Cette activité printanière, à laquelle s’ajoute la fermeture de maisons, amène plusieurs familles à contacter BAnQ pour lui confier des fonds d’archives. Ceux-ci entrent dans la catégorie des dons spontanés, laquelle représente 40 % des documents recueillis par le centre.

« Si ce n’est pas conforme à nos critères, nous recommandons les personnes à la Société historique. Ses paramètres sont différents », précise Myriam Gilbert, qui encourage les donateurs potentiels à se manifester à partir du 8 juin.