L’énergie des Cowboys Fringants!

Chanter la réalité de notre monde et l’espoir d’un monde meilleur, occuper la scène et offrir une soirée bourrée de succès à un public plus que vendu ; voilà le résumé épuré de la visite des Cowboys Fringants, jeudi, à la salle Michel-Côté d’Alma. L’énergie est la même, et ce, près de 25 ans après les premiers accords du groupe originaire de Repentigny. Et c’est ce à quoi s’attendait le public, qui a vécu une parfaite soirée musicale.

L’appréciation a été si forte que la formation menée par Karl Tremblay a obtenu sa première ovation avant même d’avoir offert au public une première note. Vous rapporter qu’ils ont été chaudement applaudis, jeudi soir à Alma, serait un euphémisme.

Le ton était donné pour une soirée plus que festive alors que de nombreux spectateurs entraient dans la salle Michel-Côté, breuvage alcoolisé à la main.

Les quelques centaines de sièges de la salle n’ont aucunement été un frein à l’ambiance, alors que la majeure partie de la foule n’a pas déposé son corps de la soirée. Après tout, avec sept musiciens sur scène et la personnalité festive des artistes, rien ne justifiait d’être passif dans une telle communion musicale.

Le public, qui emplissait pleinement la salle, était varié, allant des plus jeunes fans à ceux qui suivent la formation depuis un peu plus de deux décennies. D’ailleurs, ils étaient plusieurs autrefois adolescents devenus parents qui y assistaient avec leur progéniture.

Ils chantaient, dansaient, sautaient et tapaient des mains, et ce, même au balcon. Parce que les Cowboys Fringants ont ce don d’électriser la foule. Et celui d’offrir des segments emplis de nostalgie et d’émotion. Tout au long de la soirée, la formation a navigué entre les pièces engagées et celles qui font sourire.

La foule a définitivement apprécié ces deux heures à revivre une soirée de cégep à la différence que ce matin, elle s’est levée pour se rendre au boulot, et non à un cours de philo.

« Je sais pas si vous avez une gardienne, mais ça va finir tard », a lancé Karl Tremblay à la foule.

Sa vingtaine d’années de métier derrière la cravate est certainement ce qui explique que l’enchaînement du spectacle fut impeccable, même s’il ne s’agissait que de la quatrième soirée de cette nouvelle tournée.

Lancé le mois dernier, l’album Les Antipodes est déjà connu, apprécié et chanté par le public. Cela vaut même pour la loufoque pièce Johnny Pou.

« Car toute cette histoire, c’est de la poudre au nez », ont-ils chanté en choeur.

L’attente pendant l’entracte en aura valu la peine alors que la poignante L’Amérique pleure, tirée du dernier album, a lancé en force la deuxième partie.

Ils étaient nombreux à chanter : « C’est si triste que des fois quand je rentre à la maison pis que j’parque mon vieux camion, j’vois tout » l’Amérique qui pleure dans mon rétroviseur ».

Naturellement, les bouleversements climatiques et leurs conséquences se sont invités dans la soirée. « C’est une solution complexe et collective. C’est tout le monde ensemble qu’on va réussir à faire quelque chose pour l’environnement », a mentionné le bassiste Jérôme Dupras, qui est également titulaire d’une Chaire de recherche en économie écologique.

Force est d’admettre qu’il s’agissait là d’un préambule plus que parfait pour lancer le succès La Manifestation, avec plusieurs enfants sur la scène.


« C’est tout le monde ensemble qu’on va réussir à faire quelque chose pour l’environnement. »
Jérôme Dupras

Heure de tombée oblige, c’est à regret que l’auteure de ces lignes a dû quitter la fête.

À peine amorcée, l’actuelle tournée des Cowboys Fringants a trouvé un public fort à l’écoute. Le calendrier est plus que complet alors que des spectacles, dont plusieurs supplémentaires, sont prévus jusqu’au 23 octobre 2020.

Vendredi à Chicoutimi

Après un premier arrêt à Alma, les Cowboys Fringants seront en spectacle, vendredi, à 21 h, à l’hôtel La Saguenéenne de Chicoutimi.