Le directeur général de l’ÉNAM, Richard Bouchard.

L'ÉNAM réclame plus de reconnaissance

Alors que le milieu communautaire traverse des moments difficiles, l’École nationale d’apprentissage par la marionnette (ÉNAM) réclame plus d’appuis. De passage au Cercle de presse du Saguenay, le directeur général de l’organisme, Richard Bouchard, a tenu à souligner le manque de financement et de reconnaissance.

Comme plusieurs organismes, l’ÉNAM doit vivre avec une difficulté de financement. L’organisme considéré comme alternatif reçoit, entre autres, une subvention annuelle de 50 000 $ provenant du CIUSSS. Selon les estimations de M. Bouchard, une révision de ce budget pourrait apporter jusqu’à 300 000 $. Un montant qui permettrait un meilleur développement en plus d’assurer un plan de relève. 

En plus d’une aide financière, celui qui est membre fondateur de l’organisme aimerait voir la création d’un Centre intégré en santé mentale de l’ÉNAM, une première provinciale, voire mondiale. Une telle formule consoliderait les nombreux partenariats existants avec le CIUSSS, Saguenay, la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, l’UQAC et l’UQAM. Richard Bouchard affirme que le temps est venu d’être aidé et lance cette piste de solution développée par le conseil d’administration. 

Fondé en 1990, l’organisme communautaire à but non lucratif a créé une formule de techniques pédagogiques avec les arts de la scène afin d’aider des gens à développer leurs compétences et leur potentiel. « On fait en sorte que les gens puissent sortir du cercle vicieux des problèmes de santé mentale et qu’ils réussissent à reprendre en main leur propre existence », ajoute celui qui est marionnettiste depuis 40 ans. Il espère que l’organisme unique en son genre se développe et devienne un outil en santé mentale reconnu. 

Ce passage au Cercle de presse du Saguenay aura été l’occasion pour Vincent Richard de témoigner des bienfaits de l’organisme communautaire. « Mes deux années passées ici auront été plus profitables que les 20 années précédentes dans le système régulier », mentionne l’autiste de haut niveau sans retard intellectuel de 32 ans. Celui qui profite des ateliers depuis deux ans affirme que chaque grande ville devrait avoir une organisation du genre. « L’ÉNAM nous donne ce qu’aucun médicament, cours ou chèque ne donne, soit l’estime de soi, la sociabilité, l’écoute compréhensive, le travail en équipe et la thérapie par l’art. » Vincent Richard y a même trouvé des amis et l’amour. 

Âgé de 61 ans, Richard Bouchard pense aux années à venir pour l’organisme qu’il a cofondé. Une reconnaissance et une stabilisation des finances assureront la pérennité de l’ÉNAM, ajoute celui qui dit être à la merci des décisions des gouvernements.

Vincent Richard fréquente l’École nationale d’apprentissage par la marionnette depuis deux ans.