Parfaite symbiose entre l’azur et l’eau, cette photographie du Piékouagami captée par Madeline Deriaz illustre bien les aspects hypnotisant qu’elle soutire au paysage.

L’émerveillement à même les flots

Il n’y a pas deux vagues qui soient semblables. Tirer la beauté de l’eau, que ce soit à travers ses formes ou ses états, Madeline Deriaz en a fait un minutieux travail multidisciplinaire, dont l’impressionnante finalité est dévoilée au CNE jusqu’au 9 septembre 2018. L’exposition La calligraphie de l’eau offre de s’immiscer au cœur du liquide, à la fois en dessin, en peinture, en photographie et même sous forme de vidéo, exposant du même coup des facettes stupéfiantes de cette ressource.

Émerveillée dès son jeune âge, l’artiste d’origine suisse a été stupéfaite du travail de tirage photo qu’effectuait son père alors qu’il développait ses clichés ; elle est d’ailleurs la quatrième génération de photographes au sein de sa famille. S’en est suivi un éveil artistique dans lequel contrastes, reliefs et traits ont pris une place prédominante. Sous le regard de l’artiste, leur transposition dans les phénomènes naturels, particulièrement l’eau, est au cœur de l’exposition La calligraphie de l’eau. Que ce soit les miroitements, reflets, ricochets lumineux ou encore la juxtaposition des courbes et lignes, la façon dont la double récipiendaire de la bourse de la SODEC (2013 et 2015) capte ce qui jaillit de l’eau offre une plongée inédite à l’intérieur de celle-ci et ses variations. Son approche pluridisciplinaire et ses inspirations textuelles complètent bien un tableau déjà étoffé : « L’eau parle sans cesse et jamais ne se répète », comme l’a si bien dit Octavio Paz, qui est cité dans l’exposition.

Diptyques, triptyques et polyptyques permettent les comparatifs, faisant ressortir les diverses textures, mouvances et luminescences de l’élément aqueux.
Les cahiers d’artiste de Deriaz, en vente au CNE, renferment à la fois des éléments de sa démarche artistique ainsi que des esquisses au crayon graphite.

Profusion de supports
Assurément lieu de découverte et d’émerveillement, la salle d’exposition dont Madeline Deriaz a pris possession satisfait aussi par la multitude de surfaces utilisées par cette dernière. Les estampes (dont certaines rehaussées à l’aquarelle), photographies et peintures inspirées de la philosophie de l’eau s’accompagnent d’un court métrage uniquement dédié aux vagues (dont celles du lac Saint-Jean), qui crée une ambiance sonore riche, à la source de l’envoûtement ressenti à même le franchissement de l’univers de la touche-à-tout.

La diplômée en arts visuels a entamé des recherches à propos de l’eau en 1997 et avoue candidement que ce sujet pourrait occuper sa production artistique jusqu’à la fin de ses jours.

À voir le foisonnement qui sort de son exploration de l’eau dans tous ses états, il est aisé de lui donner raison.