L’abbé Louis-Marie Beaumont et la coordonnatrice des Fêtes du 150e, Marthe Simard, sont impressionnés par le travail accompli par les bénévoles en vue des célébrations qui débuteront le 21 janvier, à l’église Saint-Dominique. Un bon exemple tient aux banderoles qu’on voit sur cette photographie, un projet complété dimanche dernier.

L'église Saint-Dominique prête pour le 150e de la paroisse

L’église Saint-Dominique s’est parée de tous ses atours afin de souligner le 150e anniversaire de la plus vieille paroisse de Jonquière. Les célébrations débuteront officiellement le 21 janvier, à la faveur d’un 5 à 7 auquel 150 personnes sont attendues, dont plusieurs représentants des vieilles familles. Le vrai lancement, lui, coïncidera avec la tenue d’une messe que présidera l’évêque du diocèse de Chicoutimi, Monseigneur René Guay.

Elle se déroulera le 26 janvier à 10 h 30 et ceux qui n’ont pas fréquenté le lieu de culte depuis un certain temps n’auront pas assez de deux yeux pour tout voir. Après avoir remarqué qu’on a rafraîchi la peinture en maints endroits, leur regard se posera sur les huit banderoles de tissu blanc accrochées au plafond, près du chœur. Placées le 23 décembre par huit bénévoles dirigés par Rachel Villeneuve, elles ont fait l’objet d’un ultime ajustement dimanche et le résultat est impressionnant.

« Cet élément décoratif était disparu depuis plusieurs années », a mentionné l’abbé Louis-Marie Beaumont, prêtre modérateur de l’Unité pastorale des Deux Rives, au cours d’une entrevue accordée au Quotidien. Présente à ses côtés, la coordonnatrice du Comité du 150e, Marthe Simard, partageait son enthousiasme et pas juste pour des raisons esthétiques. « Nous avons raison d’être fiers de ce que nous sommes, de nos ancêtres et des communautés religieuses qui ont œuvré ici », a-t-elle commenté.

Voici un aperçu de l’exposition que les gens pourront visiter à compter du 21 janvier, à l’église Saint-Dominique. Le chemin de croix posé sur le plancher provient de l’ancienne église Saint-Georges.

Des projets comme celui des banderoles, il y en a eu tant et plus, ce qui a mobilisé quelque chose comme 35 bénévoles depuis le début des préparatifs, en 2018. Dès qu’une idée était lancée, des gens de bonne volonté se manifestaient, comme l’antiquaire Robert Gauthier. C’est lui qui a visité le grenier de l’église Saint-Dominique, à la recherche d’objets évocateurs du passé de la paroisse. Ils font partie d’une nouvelle exposition qu’il sera possible de visiter à compter du 21 janvier.

Baptisée L’art de traverser le temps, elle a été installée dans une section du jubé située du côté du presbytère. Des bancs ont été retirés pour ménager une place aux présentoirs, ainsi qu’à des pièces de collection de plus grandes dimensions. Parmi celles-ci, on note le crucifix accroché jadis au Pensionnat Saint-Dominique, une bannière du Sacré-Cœur datant de 1912, l’année où l’église a été construite, ainsi qu’un dais de procession avec lequel on célébrait la Fête-Dieu.

Ce qui retient l’attention, aussi, ce sont les vêtements liturgiques accrochés dans deux présentoirs. On a choisi les plus beaux, qui ont également la propriété de correspondre au rythme des saisons. Plus petite, mais si évocatrice d’un temps où le passage de vie à trépas ne pouvait survenir sans le secours d’un prêtre, la mallette contenant les objets avec lesquels ont administrait le sacrement de l’extrême-onction semble tout droit sortie d’un épisode des Pays d’en haut.

Dans ce présentoir, une barrette de chanoine cohabite avec un viatique qui servait à administrer le sacrement de l’extrême-onction.

Quant au règne de l’Église triomphante, il est illustré par un couvre-chef noir et rouge : une barrette de chanoine. Un peu plus loin, c’est une soutane de chanoine qui se profile, à la fois austère et élégante. On peut supposer qu’elle a été portée par le curé Luc Morin, l’une des personnalités qui ont marqué l’histoire de Saint-Dominique. « Il y a 33 boutons et on m’a dit que c’est parce que Jésus a vécu 33 ans », relate l’abbé Beaumont.

L’exposition comprend des documents, dont plusieurs photos. Il y a aussi un tableau et pas n’importe quel. Créé en 1950 par Angémil Ouellet, alors âgé de 14 ans, il représente la façade de l’église. « C’était sa première toile et il en a préparé une autre pour le 150e, une fresque qui fera l’objet d’un tirage au sort, le 4 octobre. Déjà, nous avons vendu 77 livrets renfermant dix billets chacun, au coût de 100 $. Notre objectif était de nous rendre à 80, mais je suis sûre qu’on ira à 115 », révèle Marthe Simard.

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HOMMAGE AUX FAMILLES ET AUX COMMUNAUTÉS

Quand on demande à l’abbé Louis-Marie Beaumont ce qui l’impressionne le plus, dans l’exposition consacrée aux 150 ans de la paroisse Saint-Dominique de Jonquière, il ne tourne pas son attention vers un objet. Ce qu’il retient au premier chef, ce sont les documents perpétuant la mémoire des vieilles familles ayant marqué l’histoire de cette communauté.

« Ça soulève la question de l’appartenance, ce qui explique notre désir de souligner le travail de ces pionniers pendant le cocktail du 21 janvier. Perdre ce lien, ce serait dangereux », fait observer l’homme d’Église. Parmi les familles qui seront honorées, on remarque les Caron, ceux-là mêmes qui ont fondé le salon funéraire établi sur la rue de la Fabrique. L’un de ses membres, un artisan de grand talent, a sculpté quatre des confessionnaux qu’on peut toujours voir dans la nef.

De son côté, la coordonnatrice des Fêtes du 150e, Marthe Simard, met en relief la contribution des communautés religieuses. Elle mentionne le Bon Conseil, les Antoniennes de Marie, les Augustines et le Bon Pasteur, de même que les Oblats, les Frères du Sacré-Cœur et les Frères de Saint-Vincent-de-Paul. Toutes ont été invitées à participer à l’activité du 21 janvier.

La programmation qui se déploiera sur 12 mois fera écho à leurs réalisations, notamment les conférences que prononcera l’historien Éric Tremblay. Il y en aura quatre, au total, et elles aborderont la vie du quartier, d’hier à aujourd’hui, l’histoire des paroisses de Jonquière et Lac-Kénogami, les fêtes religieuses d’antan, de même que le cimetière des Saints-Anges, aménagé dans le voisinage du mont Jacob.

Pour ceux qui voudront conserver un souvenir des célébrations, enfin, un album sera mis en vente à compter du 21 janvier, au coût de 12 $. Il renferme des textes rehaussés par de magnifiques photographies et, comme tant de réalisations découlant du 150e, ce projet a été piloté par un groupe de bénévoles.