Le chemin de croix et la lampe du sanctuaire nouvellement exposés dans le lieu de culte de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix.

L'église récupère quatre oeuvres de Jordi Bonet

Les quatre oeuvres de Jordi Bonet, un artiste canadien d’origine catalane, se trouvant dans la chapelle du Séminaire Marie-Reine-du-Clergé de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix, ont été relocalisées dans l’église de la paroisse de Saint-Jérôme de la même municipalité. Le prêtre modérateur de la paroisse, Mario Desgagné, se dit très fier d’exposer le chemin de croix, la lampe du sanctuaire, un bénitier et une croix à l’intérieur du lieu de culte.

« C’était important pour nous de rendre les oeuvres accessibles au public. Elles méritent de ne pas être oubliées dans le fond d’un placard », explique le prêtre. Le chemin de croix est l’oeuvre qui prend le plus d’espace, elle représente les 14 moments habituels d’un chemin de croix, mais de façon plus moderne souligne M. Desgagné. « Il y a beaucoup de détails dans chacune des stations. On pourrait s’y perdre pendant des heures. Bonet a revisité les scènes en les mettant au goût du jour », ajoute-t-il. L’oeuvre de poterie et de céramique a été placée de façon esthétique et réfléchie au mur, explique l’homme de foi. « On veut leur donner une nouvelle vie. » Les autres oeuvres récupérées ont été placées à proximité.

Jordi Bonet est un artiste multidisciplinaire qui est né en Espagne en 1932. Il est décédé au Québec à 47 ans d’une leucémie. « C’est un artiste qui mériterait d’être plus connu de nos jours au Québec. Il est un peu partout, sans qu’on le voie vraiment », explique Mario Desgagné. Une des plus grandes oeuvres de Jordi Bonet, et celle qui a fait couler le plus d’encre, est sans nul doute la murale de béton du Grand Théâtre de Québec réalisée en 1969. Une phrase du poète Claude Péloquin y est inscrite : « Vous êtes pas écoeurés de mourir bande de caves ! C’est assez ! » Cette inscription causera une controverse partout à travers le Québec.

« C’est un artiste impressionnant. Il n’avait qu’un seul bras et il a réalisé d’énormes murales partout à travers le monde. Nous sommes heureux d’avoir pu récupérer ces oeuvres lorsque la chapelle du Séminaire a changé de fonction », conclut Mario Desgagné.

Le prêtre, Mario Desgagné, devant l’une des oeuvres que l’église de Saint-Jérôme a récupéré.