Bruno Rodéo a chanté devant un gymnase plein comme un oeuf, mardi après-midi, à l’école Le Roseau de Chicoutimi. Ainsi a-t-il lancé la deuxième édition de l’École du rock, un projet couronné par le spectacle qui sera donné le 13 mai, au Théâtre du Palais municipal de La Baie.
Bruno Rodéo a chanté devant un gymnase plein comme un oeuf, mardi après-midi, à l’école Le Roseau de Chicoutimi. Ainsi a-t-il lancé la deuxième édition de l’École du rock, un projet couronné par le spectacle qui sera donné le 13 mai, au Théâtre du Palais municipal de La Baie.

L’École du rock de retour

Daniel Côté
Daniel Côté
Le Quotidien
« Salut tout le monde ! J’invite mon band à me rejoindre, l’École du rock », a lancé Bruno Rodéo dans le gymnase de l’école Le Roseau de Chicoutimi-Nord, mardi après-midi. Sous le regard de leurs camarades assis sur le plancher, des enfants se sont pointés à sa gauche, tandis que résonnaient des notes de guitare granuleuses à souhait. Un chant a retenti, aussi bref qu’énergique, et à la fin, une forêt de petits poings s’est dressée. Autant de points d’exclamation pour saluer le retour de ce projet fou pour une deuxième édition.

Max Desrosiers était présent, lui aussi. Parrain l’année dernière, le fondateur de l’École du rock agitait un tambourin tout en laissant Bruno Rodéo, son successeur, ébranler les colonnes du temple. « Je tenais à ce que d’autres artistes prennent le relais. En même temps, je suis content parce qu’avec Bruno, on ajoute un deuxième musicien professionnel. Pendant qu’il montre aux enfants comment jouer, par exemple, je peux me concentrer sur le chant avec d’autres membres du groupe », a fait valoir le chanteur de la formation Mordicus, qui est aussi professeur d’anglais au Roseau.

Son apport a été souligné par la directrice de l’école, Sandra Boulianne. Témoin des ateliers donnés il y a un an, ainsi que du spectacle présenté au Théâtre du Palais municipal de La Baie, elle a vu à quel point cette version saguenéenne du film L’École du rock a frappé l’imagination.

« Les élèves ont développé un sentiment d’appartenance, en même temps qu’un enthousiasme vis-à-vis l’école », a confié l’administratrice au cours d’une entrevue accordée au Quotidien. Des parents ont même choisi l’emplacement de leur nouvelle maison en fonction du Roseau, pour être certains que leur progéniture ait le droit de s’y inscrire.

Une autre retombée positive touche les 31 enfants ayant un trouble du spectre de l’autisme. Eux aussi peuvent s’investir dans l’École du rock, un privilège auquel ont également accès les élèves de la maternelle et de la première année. Ils sont trop jeunes pour participer à huit des neuf ateliers, une liste qui englobe, entre autres, le théâtre, la promotion, le gumboot, le journalisme et l’interprétation musicale. Toutefois, ça ne les empêche pas de travailler sur des éléments comme la rythmique et la psychomotricité.

« Votre projet a amené un vent de fraîcheur. Tout le monde s’y met. Ça aide les jeunes à s’épanouir en s’appuyant sur la force du nombre et l’entraide », a mentionné la présidente de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, Liz Gagné, au cours d’une brève allocution. Quant à la directrice générale de Diffusion Saguenay, Isabelle Gagnon, elle a confirmé le retour du spectacle au Théâtre du Palais municipal. Ça se passera le 13 mai et les billets sont en vente à compter d’aujourd’hui (mercredi). Rappelons que l’an dernier, près de 800 personnes avaient assisté à la performance livrée par l’École du Rock.

« Je suis heureuse de renouveler ce partenariat, puisque nous sommes là pour faire rayonner la culture, ainsi que la relève régionale », a commenté Isabelle Gagnon, dont l’annonce a été accueillie par des cris stridents provenant des 189 élèves du Roseau. Parmi eux se trouvait Florence Brousseau, âgée de 11 ans. Cette élève de 5e année a fait partie de la première édition par le truchement de l’atelier de journalisme. C’est de nouveau le cas cette année et son enthousiasme témoigne de l’état d’esprit qui règne entre les murs de l’école.

« J’aime le fait que tout le monde participe, les jeunes de la maternelle autant que les plus vieux. J’apprécie également les choix musicaux de Mister Max, dont la chanson Oh Maman de son groupe Mordicus », a confié la sympathique étudiante. En attendant le spectacle, les membres de son atelier font le tour des groupes associés au projet, afin de produire des textes qui seront publiés dans le journal de l’école. Il est également question de produire un Facebook « live ». Une affaire à suivre.

BRUNO RODÉO IMPRESSIONNÉ

Le lancement de l’École du rock, édition 2020, a été couronné par une primeur. Le parrain de cet événement, Bruno Rodéo, s’est installé sur ce qu’il appelle sa machine, un siège aménagé de telle manière qu’il lui permet de jouer de la guitare et de la batterie tout en chantant. Il a interprété ce qui constituera la pièce titre de son prochain album, Vieux loup.

Beat nerveux. Guitare fleurant bon le rockabilly, avec une touche de rock sudiste. Cette composition laisse entrevoir de belles choses en vue de la sortie de cet enregistrement, quelque part en mai. Ajoutons que la réalisation est assurée par Marc Déry, qui a accueilli le Saguenéen à son studio, où le chantier se poursuit cet hiver. Des sessions ont aussi lieu dans la région, là où résident les partenaires du chanteur, le batteur Pascal Beaulieu et le contrebassiste François Gaudreault.

« C’est lors d’une rencontre avec Marc que nous avons décidé de travailler ensemble. Je lui avais demandé s’il connaissait quelqu’un qui pourrait m’aider à produire mon album, sans savoir que lui-même possédait un studio. Je suis content parce qu’il est vraiment efficace et facile à aborder. Ça se passe vraiment bien », a commenté Bruno Rodéo, en substance.

Cet esprit collégial, il en trouve également la trace dans l’École du rock. Après les deux premiers ateliers, l’intérêt de ce projet lui semble plus évident que jamais. « L’un des objectifs est de montrer aux jeunes à fonctionner en équipe, dans le respect des autres. Or, ce sont des valeurs semblables à celles qui animent les gens qui font du rock. Ce sont des trucs de la vie », avance Bruno Rodéo.

Il a été impressionné, aussi, par l’ampleur de cette activité, illustrée par la mise en place de neuf ateliers et la tenue d’un spectacle en mai, au Théâtre au Palais municipal de La Baie. « Je ne pensais pas que c’était aussi gros », admet le chanteur, dont l’une des tâches consiste à déterminer quelles pièces seront interprétées par les écoliers. Ne lui demandez pas lesquelles, cependant. C’est un secret mieux gardé que celui de la Caramilk. Daniel Côté

Parrain de l’École du rock, édition 2020, Bruno Rodéo est heureux de partager avec les élèves de l’école Le Roseau les valeurs qui ont cours dans le monde du spectacle.