Constantin Monfilliete, Guillaume Thibert et Richard deGrandmont, respectivement producteur de contenus, directeur général et artistique et coordonnateur du Centre d’Expérimentation Musciale.

L’éclatement des structures au Centre d'expérimentation musicale

Pour la quatrième fois cette année, le Centre d’expérimentation musicale (CEM) accueillera un artiste en résidence. Après Gabriel Vinuela-Pelletier, Alex Gariépy, Tina Pearson et Frédéric Alarie, c’est au tour d’Éric Normand, un compositeur originaire de Rimouski, de présenter son projet expérimental, après avoir pratiqué pendant deux semaines avec cinq musiciens de la région.

La pièce Démission définitive du patron provient d’une idée d’Éric Normand sur l’engagement politique et le militantisme, des concepts que le compositeur autodidacte aborde de façon philosophique et métaphorique.

Éric Normand espère que les spectateurs qui assisteront à Démission définitive du patron y verront l’importance de l’impact individuel sur la société.

« Je me suis questionné sur le temps, parce qu’aujourd’hui, nous en sommes beaucoup esclaves, explique Éric Normand. On n’a pas le temps de s’impliquer, de changer les choses, on est trop dans le travail, dans le temps qui se répète du quotidien, et ceux qui ont du temps libre, ce sont souvent des décideurs. Il y a comme un conflit entre la possibilité de s’impliquer dans un vrai changement et de créer de nouvelles structures. Comme on a vu, les élections, ça n’emballe personne. Il y a comme une désillusion par rapport aux structures, c’est pourquoi j’essaye de proposer quelque chose de différent. »

Pour illustrer l’éclatement des structures, Éric Normand a choisi de mettre en scène une temporalité hors du commun. Ainsi, les musiciens sont libres de jouer lorsqu’ils le désirent : « Il n’y a pas de temporalité commune. L’idée est de sortir d’un temps fixe, d’un temps de productivité fait pour être ensemble. Il n’y a rien de ça. Rien n’est pensé pour être ensemble, aucun rythme, aucun moment synchro. Ils peuvent jouer ensemble, mais il n’y a pas d’obligation. » M. Normand précise que le spectacle est une façon de prendre conscience de notre contribution à la société en tant qu’individu. « C’est l’occasion de constater comment chaque individu peut changer son apport au moment présent et créer un écart qui fait qu’on peut être ensemble dans quelque chose qui n’est pas une structure. C’est une sorte d’émancipation personnelle à travers une forme métaphorique, de quitter les façons de faire habituelles de la musique et de se donner un autre espace de recherche. »

Pour donner vie à ce cadre structurel éclaté, plusieurs objets seront utilisés pour produire de la musique. En plus de la flûte, la guitare électrique, la contrebasse et la basse électrique, la pièce musicale inclura divers petits objets à moteur, ainsi qu’un ensemble de percussions, sans percussionniste, précise Éric Normand. « On verra bien ce qui arrive avec ça. » Il admet également enregistrer chaque version des répétitions, de même que la pièce, pour laisser une trace, ce qui pourrait mener à d’éventuelles autres représentations. M. Normand souhaite que les spectateurs qui assisteront à Démission définitive du patron retiennent bien un message : penser en dehors de la boîte. « C’est un peu la même logique qu’avec la politique. Si on continue d’encourager ce système-là, il ne tombera jamais. »

Plusieurs résidences par année

Le passage d’Éric Normand dans la région représente la quatrième résidence cette année pour le CEM. Offert à l’international, le programme de résidence du CEM a déjà reçu 45 candidatures cette année. Après M. Normand, ce sera au tour d’Amy Brandon, une artiste de Halifax, de venir passer quelques semaines au Saguenay. « Depuis deux ans, nous accueillons jusqu’à cinq artistes par année, explique Guillaume Thibert, directeur général et artistique du CEM. Nous avons un partenariat avec Tour de bras, un organisme de Rimouski dont Éric Normand est le directeur artistique, c’est pourquoi c’est notre artiste invité. » Il souligne que les projets mis en place par les artistes invités au CEM sont toujours très différents. « Le dernier projet, de Frédéric Alarie, était davantage jazz-électro. Celui-ci est plus expérimental. C’est une rencontre entre créateurs et musiciens. » M. Thibert précise que le CEM met beaucoup d’efforts pour garder les projets de résidence en vie, travaillant notamment à mettre en place un réseau pour la circulation des œuvres artistiques.

Éric Normand espère que les spectateurs qui assisteront à Démission définitive du patron y verront l’importance de l’impact individuel sur la société.

Démission définitive du patron sera présentée le vendredi 25 octobre, à 20 h, à l’Atelier de musique de Jonquière.

Démission définitive du patron sera présenté le 25 octobre à 20 h, à l’Atelier de musique de Jonquière.