La camaraderie qui émane de la pièce Ladies Night reflète l’état d’esprit des interprètes, affirme Marcel Leboeuf (au centre sur la photo). Membre de la distribution depuis la création de ce spectacle en 2002, il se pointera à Alma vendredi et samedi, en compagnie de ses camarades.

Leboeuf, Ladies Night et nudité

Signe que le succès de la pièce Ladies Night résiste au passage du temps, deux représentations seront données à la Salle Michel-Côté d’Alma, cette semaine. Après celle qui aura lieu aujourd’hui à 20 h, le groupe formé des comédiens Marcel Leboeuf, François Chénier, Sylvie Boucher, Frédéric Pierre et Guillaume Lemay-Thivierge sera mobilisé une nouvelle fois samedi, toujours à l’invitation de Ville d’Alma Spectacles.

« On a commencé en 2002 et on pourrait jouer ce show-là encore longtemps. Il y a eu une pause de près de trois ans à un moment donné, ce qui ne nous empêchera pas de donner notre 300e représentation l’automne prochain. Nous avons des dates jusqu’en mars 2020, mais après, il est question de prendre un autre “break”. Il faut d’ailleurs qu’on s’en parle à Alma », a raconté Marcel Leboeuf mercredi, à l’occasion d’une entrevue téléphonique accordée au Quotidien.

Le plaisir des comédiens reste intact. Ce qui complique les choses, ce sont les activités menées en parallèle. C’est ce qui pourrait justifier une interruption qui, assure-t-il, sera temporaire. « Après, c’est clair que des gens reprendront le spectacle. Nous ou d’autres interprètes », affirme celui qui, à l’instar de Sylvie Boucher et François Chénier, participe à Ladies Night depuis la première saison.

L’histoire, puisqu’il y en a une, est celle d’un groupe de travailleurs réduits au chômage. Pour mettre du beurre sur leur pain, ils envisagent de danser nus, une perspective qui gêne le personnage incarné par Marcel Leboeuf. Membre du Club Optimiste, gérant d’une équipe de baseball, cet homme engagé socialement affiche une pudeur qui, on s’en doute, s’évaporera en cours de route.

« C’est Denis Bouchard qui nous avait parlé de ce spectacle. Il venait de voir une comédie musicale à Paris, inspirée par le film The Full Monty », précise Marcel Leboeuf. Bien que le contexte économique demeure présent en fond de scène, puisqu’il y a des fermetures d’usines en toutes circonstances, y compris lorsque ça va bien pour le plus grand nombre, c’est la dimension comique qui remplit les salles, encore et toujours.

À ce propos, les comédiens restent fidèles au texte, tout en s’autorisant de nombreuses interventions se situant à la limite du vaudeville. Dans ces moments de douce folie, la règle est claire, affirme le vétéran. Il faut que le public soit complice. À partir de ce moment, tout est permis, ou presque, y compris les tours pendables, comme la fois où il a pimenté la scène finale, celle où les gars s’exhibent enfin, en portant un pénis surdimensionné.

« J’avais dit à un technicien de venir me le porter quand les lumières seraient fermées. Les comédiens ont ri en me voyant et les spectateurs aussi, surtout quand ils ont réalisé que les gars n’étaient pas au courant. En même temps, j’ai entendu des “Oh” provenant de femmes qui croyaient que j’étais bien pourvu, mais c’est quand j’ai laissé tomber le pénis artificiel sur le plancher que le monde a capoté. J’ai eu un christi de rire », se souvient Marcel Leboeuf.

Pour enchaîner sur le thème de la nudité, il note que dans les premières années, les interprètes se gardaient une petite gêne. Pour limiter le temps d’exposition, on avait imaginé de savants éclairages, des lumières dirigées vers les premières rangées afin de provoquer un éblouissement. Quand des femmes se sont pointées avec des verres fumés, la troupe a réalisé que ces stratagèmes étaient futiles. On n’empêche pas un cœur d’aimer.

« C’est l’arrivée de Guillaume qui a provoqué un changement. Aujourd’hui, les gens voient de quoi et il y a des gangs de filles qui hurlent tellement que je me sens comme dans un show rock. J’ai fait Broue 250 fois, mais le rire de la fin dans Ladies Night, je n’ai rien entendu de tel. C’est pour ça que ce spectacle, c’est comme une thérapie, du gros fun, et que j’ai hâte d’aller à Alma, surtout que c’est pour deux soirs. Parce que ça fait une couple de semaines qu’on n’est pas sortis », fait remarquer Marcel Leboeuf.

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DE RETOUR AVEC TOC TOC

(Daniel Côté) — La prochaine fois que Marcel Leboeuf jouera au Saguenay-Lac-Saint-Jean, ce sera dans la pièce Toc Toc, une comédie ayant pour thème les troubles obsessionnels compulsifs (les Toc du titre). Présentée le 6 avril au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi, elle met en scène six personnages réunis dans une salle d’attente. Or, le médecin qui doit les traiter brille par son absence.

« C’est dans la tradition du théâtre d’été, un spectacle très drôle parce que tous ces gens doivent composer avec un trouble différent, alors qu’ils n’ont pas le choix de passer quelques heures ensemble. Le mien, par exemple, a la manie de tout calculer, tout le temps. C’est aussi le cas pour l’auteur, Laurent Baffie, qui assumait le rôle du fou du roi dans la version française de l’émission Tout le monde en parle », indique le comédien.

Il faisait partie de la première distribution, celle qui a étrenné la pièce au Québec, il y a une dizaine d’années, dans le cadre du festival Juste pour rire. Lui seul a repris du service en juillet dernier, lorsque Toc Toc a ressurgi à la Maison des arts de Drummondville. L’équipe comprend également Tammy Verge, Marie-Claude St-Laurent, Noémie O’Farrell, Diane Lavallée et Jean-Pierre Chartrand.

Une fois de plus, donc, c’est au théâtre que travaillera Marcel Leboeuf. Après avoir sillonné la province avec la bande de Ladies Night, le vétéran reprendra la route, un mode de vie semblable à celui d’un politicien en campagne. Si on ajoute ses conférences, un créneau qui demeure actif, même si le nombre de dates tend à diminuer, ça fait pas mal de kilomètres au compteur.

« Chaque année, je fais le tour du Québec deux fois. Dans chaque ville, je connais les places où aller, les bons restaurants. À Chicoutimi, par exemple, je vais manger des sushis près de Chez Georges (au Temaki). Ce n’est pas toujours plaisant de rouler autant, surtout ces temps-ci, mais pour moi, jouer au théâtre, c’est comme revenir à la maison. Je ne fais que ça depuis sept ans et ça me ramène à mes débuts parce que j’ai été formé pour ça, être acteur sur une scène », décrit l’interprète.