Les artistes tenaient à montrer l’eau sous toutes ses formes: de la plus petite particule aux géants cours d’eau.

L’eau comme germe d’expression artistique

Les artistes Jayanta Guha et Alain Dumas ont préparé une surprenante exposition intitulée Eau : peintre de la vie, présentée au Centre des arts et de la culture de Chicoutimi. On y voit l’eau sous toutes ses facettes, alors que les photographes souhaitaient montrer qu’elle n’était pas seulement une source de vie, mais un germe d’expression artistique.

L’exposition fait un retour à ses sources, alors qu’elle avait débuté, en 2008, dans la même salle. Elle a voyagé de l’Inde à Roberval, en passant par Saint-Joseph-de-Beauce, pour nommer quelques-uns de ses arrêts, avant de revenir au Centre des arts et de la culture, 11 ans plus tard. Elle y sera jusqu’au 4 mai.

En ajout cette année, les artistes ont affiché pour la première fois des photos représentant la contamination de l’eau par l’arsenic, un problème qui a fait plusieurs victimes au Bangladesh et au Bengale-Occidentale.

Plusieurs photographies garnissent les murs de la salle, certaines abstraites, d’autres présentant des paysages facilement reconnaissables, alors que l’exposition souligne la forme changeante du fluide. M. Guha a écrit, sur un écriteau à l’entrée de l’exposition : « Si elle n’est pas polluée, l’eau n’a pas de couleur, mais a la faculté d’absorber et réfléchir les éléments qui l’entourent. Elle a aussi l’aptitude de se mouler à toute forme que lui impose l’être humain. »

La métamorphose de l’eau est donc le cœur de cette exposition. En glace, en goutte, dans un cours d’eau, on voit les possibilités infinies alors que le liquide prend forme. Les photographies sont lumineuses tandis que les reflets sur l’eau sont mis de l’avant. De nombreux clichés ont été capturés dans la région et au Québec, mais certains viennent de plus loin, comme de la Chine, du Chili et du Bengale-Occidental, une région de l’Inde.

L’exposition Eau : peintre de la vie réunit des photos captées par Jayanta Guha et Alain Dumas. Après avoir subi quelques mutations, elle est de retour au Centre des arts et de la culture de Chicoutimi, 11 ans après sa création.

Les photographies dégagent quelque chose d’apaisant, alors que leurs couleurs sont neutres. Les motifs naturels créés par l’eau sont surprenants, alors que les photographes offrent une diversité de sujet, partant de la plus petite particule d’eau au fjord du Saguenay.

Nouveauté

La problématique de la contamination de l’eau par l’arsenic est pour la première fois exposée dans les photographies. Puisque l’eau a la capacité d’absorber des éléments toxiques, les photographes estiment qu’elle devient un sombre peintre de la vie.

Saguenay (Chicoutimi) 
 centre des arts et de la culture 
 exposition Eau peintre de la vie 
  
 Photo: Sophie Lavoie

Au Bangladesh et au Bengale-Occidentale, la problématique a fait des milliers de victimes, puisque l’eau avec laquelle des milliers d’habitants s’abreuvaient s’est avérée empoisonnée par le métalloïde, durant les années 1990. Avec des photographies prises au Bengale-Occidentale, les photographes souhaitaient souligner l’importance de la problématique. La vue des photos en plus de la citation du professeur Richard Wilson, affichée dans un texte expliquant les clichés, fait particulièrement réfléchir : « La magnitude de ce problème est cinquante fois supérieure à celle de Tchernobyl, mais elle attire cinquante fois moins d’attention. »