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Le Zoom Photo Festival de Saguenay prend son envol
Le Zoom Photo Festival de Saguenay prend son envol
La dernière portion de l’exposition se concentre sur la récolte du bois.
La dernière portion de l’exposition se concentre sur la récolte du bois.

Ces hommes qui jardinent la forêt

Anne-Marie Gravel
Anne-Marie Gravel
Le Quotidien
Les arbres. Ici, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, on en est entouré. Ils font partie de notre paysage, de nos vies, de notre économie. Avec le projet Forest Gardeners, le photographe Sébastien Michaud propose une vision large du cycle forestier, un reportage photographique en trois temps qui se veut à la fois un hommage aux travailleurs sylvicoles et forestiers, de même qu’un questionnement sur l’utilisation de l’homme et de la machinerie dans l’aménagement des forêts.

De 2016 à 2020, Sébastien Michaud en a parcouru des kilomètres afin de suivre les hommes et les femmes qui interviennent dans le cycle de l’arbre. La forêt est vaste, souvent inhospitalière, mais les travailleurs y replongent année après année, pour «la jardiner». Ce sont eux les «Jardiniers de la forêt».

En forêt, dans les usines, le photographe a suivi la dernière étape du cycle de vie de l’arbre.

Le photographe souhaitait proposer sa propre vision de la façon dont on cultive la forêt boréale, mais surtout aller à la rencontre des travailleurs. « J’ai beaucoup de respect pour ces gens qui travaillent dur et qui font un travail un peu ingrat puisqu’ils peuvent recevoir beaucoup de critiques pour ce qu’ils font », explique-t-il dans une vidéo de présentation disponible sur le site Internet de Zoom Photo Festival Saguenay.

Le photographe s’est d’abord intéressé aux travailleurs et aux travailleuses qui oeuvrent dans les pépinières. Les caissettes à l’infini, les petits plans alignés, le vert franc des jeunes pousses… Pas étonnant que ce soit ces images qui ont d’abord séduit l’oeil du photographe.

La deuxième portion de l’exposition est réservée au reboisement. Au Québec, les travailleurs mettent en terre 22 millions de plans par année. Les images traduisent le fait qu’ils suivent les cycles du temps, des saisons, des jours. Ils composent avec les mouches, le froid, la pluie, la chaleur. Ils sont couverts de poussière, de boue, ont les bottes mouillées ou les joues rougies par le soleil. Chaque jour, ils côtoient ce que la nature offre de plus beau et de plus dur. Les clichés parviennent à nous faire ressentir à quel point leur métier est difficile.

La récolte et la transformation du bois font l’objet de la dernière portion de l’exposition. En forêt, dans les usines, le photographe a suivi la dernière étape du cycle de vie de l’arbre. Il expose des piles de planches, le bran de scie sur la neige, la machinerie. L’intervention de l’homme complète le cycle qui fera passer l’arbre de vivant à objet.

La lumière et la matière créent un superbe plan rapproché de ces travailleurs en action.

La présentation des pièces qui composent l’exposition rend aussi hommage à la matière issue de l’arbre. Les clichés ne sont pas encadrés comme à l’habitude. Ils sont installés sur du papier dont on peut voir la fibre, parfois même sur du bois, puis accrochés aux murs blancs de la salle d’exposition. La proximité avec la matière est perceptible. Des textes présentés dans des recueils permettent également de connaître une bribe de l’histoire de certains travailleurs.

Forest Gardeners, c’est l’histoire de l’arbre de sa naissance jusqu’à sa récolte. L’histoire de l’arbre racontée à travers les hommes qui l’écrivent. À une époque où les questions environnementales sont nombreuses et où le bien-être des individus au travail est d’actualité.

Les clichés parviennent à nous faire ressentir à quel point le métier des travailleurs forestiers est difficile.
La présentation des pièces qui composent l’exposition rend aussi hommage à la matière issue de l’arbre. Des clichés sont installés sur du papier dont on peut voir la fibre, parfois même sur du bois.
Les caissettes à l’infini créent de superbes images. C’est cette étape du cycle de la vie de l’arbre qui a d’abord attiré l’oeil du photographe.