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Attendu en février, Émile Bilodeau sera-t-il le premier artiste à chanter au Vieux Couvent en 2021? Si tel était le cas, ça mettrait un baume sur la cascade d’annulations et de reports subis par le diffuseur dans les derniers mois.
Attendu en février, Émile Bilodeau sera-t-il le premier artiste à chanter au Vieux Couvent en 2021? Si tel était le cas, ça mettrait un baume sur la cascade d’annulations et de reports subis par le diffuseur dans les derniers mois.

Le Vieux Couvent tient le coup malgré l’incertitude

Daniel Côté
Daniel Côté
Le Quotidien
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Après dix mois entre parenthèses, un pied sur l’accélérateur et l’autre sur le frein, le Vieux Couvent de Saint-Prime aborde 2021 en affichant un pessimisme prudent.

Une programmation est prête, laquelle comporte des éléments dignes de mention : Émile Bilodeau, David Goudreault, Karo Laurendeau en plateau double avec Phil G. Smith, la version pour enfants de Keith Kouna, Léa Jarry et le groupe Plants And Animals. Il y aurait de quoi s’exciter, si ce n’était des annulations en cascade et de la crainte suscitée par le virus, y compris chez les consommateurs de culture.

« Certains ont hâte à la réouverture, alors que d’autres se montrent plus réservés, comme nous avons pu le constater l’automne dernier. Trois ou quatre événements ont été présentés au Vieux Couvent et même si notre capacité avait été réduite à 43 personnes, il y a des soirs où ce n’était pas complet », a raconté la directrice générale Marie-Ève Guy, lundi, au cours d’une entrevue accordée au Quotidien.

Il y a aussi l’effet corrosif des annulations et des reports. La confiance est si érodée qu’une promotion menée avant les Fêtes a fait chou blanc. Peu de cartes cadeaux ont trouvé preneur, même si l’aménagement de la salle, autant que le système de billetterie adapté au contexte sanitaire, ont fait leurs preuves. Ayant perdu la capacité de croire sans voir, les gens ne veulent plus spéculer sur la venue de tel ou tel artiste. Ils réserveront lorsque Québec enverra un signal fort.

« De notre côté aussi, c’est moins motivant. Des programmations, on en a fait et défait plusieurs, depuis le mois de mars. Néanmoins, on reste là et la situation demeure sous contrôle. Pour 2020, on a été corrects parce qu’on a bien géré les finances et grâce à la subvention salariale d’urgence du gouvernement fédéral. On sait que ça va aller jusqu’au mois de juin. Ensuite, par contre, c’est plus incertain », énonce Marie-Ève Guy.

Le problème trouve sa source au Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), l’un des principaux appuis du Vieux Couvent. S’il maintient l’aide régulière accordée l’an passé, personne ne fera de mauvais sang. Or, le programme sollicité par le diffuseur est rendu en bout de course et ne sera remplacé qu’en 2022. On laisse entendre que les organismes concernés ne seront pas pénalisés, mais c’est comme pour la programmation. Avant de croire, on attend de voir.

« Il y a un flou administratif. Nous sommes dans l’incertitude, alors qu’avec Patrimoine Canada, un autre bailleur de fonds, les choses suivent leur cours », précise la directrice générale. Elle ajoute qu’un autre programme du CALQ, sorti à l’automne, a compensé pour les pertes touchant la billetterie, en plus d’absorber une large part des cachets. Quant à la Société de développement des entreprises culturelles, elle a soutenu les producteurs et, par la bande, les diffuseurs.

C’est ce qui a permis au Vieux Couvent de planifier une série de spectacles à la microbrasserie La Chouape de Saint-Félicien. Elle devait débuter ce mois-ci avec les Ratons Lover, ainsi que Rick et les Bons Moments. Vu que la région se trouve en zone rouge, ce ne sera pas possible, mais on espère que la prochaine invitée, la chanteuse country Léa Jarry, se pointera le 6 mars.

« Il s’agit d’une belle façon de présenter des artistes émergents et d’augmenter l’offre sur notre territoire », fait valoir Marie-Ève Guy.