Directeur artistique du Théâtre La Rubrique, Benoit Lagrandeur note que huit spectacles pour adultes seront présentés cette saison. Parmi les plus attendus, on remarque J’aime Hydro et Enfant insignifiant.

Le théâtre et ses facettes à La Rubrique

Huit spectacles destinés aux adultes seront présentés par le théâtre La Rubrique d’ici le printemps. Cette séquence qu’ouvrira Jusqu’où te mènera ta langue ? , le 30 janvier, comprend notamment des oeuvres du Saguenéen Larry Tremblay, Ogre et Le garçon au visage disparu, le retour de Guylaine Tremblay, dans Enfant insignifiant, une soirée de danse qui devrait faire date, ainsi que J’aime Hydro, la pièce-événement écrite et jouée par Christine Beaulieu.

C’est le 23 février que la comédienne défendra ce texte dans la région, et fait à noter, le public sera alors convié au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi. Ce changement aux habitudes découle d’un partenariat avec Diffusion Saguenay. On pourrait croire que la salle sera trop grande, mais il s’agirait d’une erreur, ainsi que le souligne le directeur artistique de La Rubrique, Benoit Lagrandeur. « Déjà, nous avons l’assurance qu’il s’agira d’un énorme succès », fait-il observer.

Tout aussi populaire, Enfant insignifiant sera à l’affiche les 5 et 6 février, à la salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière. Comme les trois quarts des billets ont trouvé preneurs, ceux qui souhaitent revoir Nana, la mère de l’auteur, dans son appartement du Plateau-Mont-Royal, ont intérêt à réserver promptement.

Ce sera le deuxième rendez-vous de la saison, laquelle débutera avec la bande de Jusqu’où te mènera ta langue ? . Ce spectacle prend la forme d’une lecture publique, alors que des auteurs, ainsi que des comédiens, lisent des textes centrés sur notre rapport au français. Un fils de la région, Dany Boudreault, sera de la partie, tout comme le dramaturge Martin Giguère.

La danse, elle, donnera lieu à un événement baptisé Qui bougera ?/Dance Battle. Proposé le 4 avril, ce projet de la compagnie Ample Man Danse amènera des interprètes du Saguenay–Lac-Saint-Jean à participer à une compétition dans la première partie de la soirée. Ils seront jumelés à des artistes professionnels qui proposeront d’autres numéros au retour de la pause.

« Dans ce cas-ci, on ne veut pas juste vendre des billets. On souhaite que les gens partagent une expérience unique, du genre qu’on ne peut pas vivre devant un écran. Toutes les formes d’expression seront représentées, autant le hip-hop que la danse folklorique ou le ballet. Les écoles de danse de la région sont motivées à l’idée de participer à cette soirée », indique Benoit Lagrandeur.

Autre spectacle qui parle aux jeunes, L’incroyable légèreté de Luc L. (6 avril) met en scène trois comédiens originaires de l’Acadie. Sur le mode de l’humour, ils décrivent leur parcours dans un environnement pas toujours propice à l’expression artistique. « Ça complète la trilogie lancée par Les trois exils de Christiane E. et Le long voyage de Pierre-Guy B. », précise le directeur artistique de La Rubrique.

Lui-même a un faible pour Des promesses, des promesses, un fabuleux solo livré par la comédienne Micheline Bernard. Le 10 avril, elle incarnera un professeur qui sort de sa retraite pour enseigner dans une école primaire de Londres, où sa route croisera celle d’une petite somalienne qui refuse de parler. « C’est une magnifique performance, touchante, avec de l’humour en filigrane », décrit Benoit Lagrandeur.

Enfin, il accueillera un ami de la maison pour clôturer la saison. Du 25 au 27 avril, le public pourra découvrir en avant-première une nouvelle version de la pièce Ogre de Larry Tremblay. Produite par le théâtre La Tortue Noire, elle sera de retour au cours de l’été, cette fois en première mondiale, dans le cadre du Festival international des arts de la marionnette à Saguenay.

Le 10 mai, par ailleurs, le théâtre Le Clou présentera Le garçon au visage disparu. Le personnage principal est un adolescent qui se sent négligé par son père, qui exerce la fonction de travailleur humanitaire. Un jour, sa mère réalise qu’il n’a plus de visage, ce qui fait basculer la pièce dans le fantastique. « On a toujours un plaisir fou lorsqu’on plonge dans l’univers déjanté de Larry Tremblay », constate Benoit Lagrandeur.

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VOLET JEUNESSE: UN LENT DÉPART, PUIS UNE BRUSQUE ACCÉLÉRATION

Benoit Lagrandeur avait prévu le coup. Le directeur artistique du théâtre La Rubrique se doutait que le volet jeunesse de la programmation pâtirait de la décision du ministère de l’Éducation de dévoiler pendant l’été sa politique relative aux sorties scolaires. C’était la meilleure façon de paralyser la machine au moment où les choix sont effectués au palier local.

«En juin, les gens avaient reçu la consigne de tout geler, et c’est resté pareil à la rentrée, alors qu’il y avait les élections dans le portrait, a-t-il confié au Progrès. Nous avons dû calmer les craintes de nos partenaires au sein des commissions scolaires, qui se demandaient s’il y avait des fonds disponibles à Québec. Nous les avons aidés à voir plus clair, et c’est pourquoi je n’avais planifié aucune représentation destinée aux jeunes en début de saison.»

Benoit Lagrandeur confirme qu’il y avait des fonds au ministère de l’Éducation, qu’il était possible de tenir des sorties scolaires, sans obliger les parents à ouvrir leur gousset. Appuyé par son camarade Kevin Girard, médiateur culturel à La Rubrique, il a pu rattraper le temps perdu en misant sur les deux productions à l’affiche, Ma petite boule d’amour et Les aventures de Lagardère. La première pièce, destinée aux trois à six ans, a donné lieu à trois supplémentaires, tandis que Lagardère a suscité un réel engouement chez les 9 à 14 ans.

C’est toutefois cette année que la compagnie jonquiéroise maximisera les retombées du volet jeunesse. Proposée en février, la pièce Les Bros, qui fait la part belle aux arts du cirque, est devenue virale, bien avant que les interprètes Jean-Félix Bélanger et Rémi Jacques ne se pointent à la salle Pierrette-Gaudreault. «Six spectacles seront présentés, dont cinq scolaires. C’est gros, mais il faut dire que cette production pleine de drôleries et d’acrobaties, c’est du bonbon, y compris pour les adultes», note Benoit Lagrandeur.

Or, il anticipe un engouement similaire pour Les choses berçantes, dont le public cible est les enfants âgés de 18 mois à 5 ans. C’est ce spectacle qui clôturera la saison. La réponse des garderies est éloquente, puisque ce sera plein au moins trois fois.

Quant à la saison 2019-2020, dont les contours prennent forme rapidement, elle s’annonce encore plus fructueuse. Maintenant que le cadre financier est connu, autant que les modalités du programme, les gens de théâtre n’auront plus besoin de garder un pied sur le frein, et l’autre sur l’accélérateur. «Ça sent bon», résume le directeur artistique de La Rubrique.