Vicky Côté et Bruno Paradis présenteront la pièce Sortie de secours en France, à la fin du mois. Ils le feront dans le cadre du Festival mondial des théâtres de marionnette de Charleville-Mézières.

Le Théâtre À Bout Portant se produira en Europe

Le Théâtre À Bout Portant présentera deux de ses créations en France et en Espagne dans les prochaines semaines. La première étape du voyage sera Charleville-Mézières, où la compagnie baieriveraine participera au Festival mondial des théâtres de marionnette. Elle y proposera Strict minimum, de même que Sortie de secours, du 20 au 25 septembre. Puis viendront les trois représentations de Strict minimum données à Barcelone, du 4 au 6 octobre.

S’il est facile d’imaginer la tenue de Strict minimum en Europe, un solo dont le devis technique est modeste, il a fallu adapter Sortie de secours afin de le montrer pour la première fois sur ce continent. L’ambulance qui sillonne le Québec depuis deux ans ne servira pas d’accessoire aux comédiens Vicky Côté et Bruno Paradis. Elle sera remplacée par un ancien camion de pompiers.

« Dès le départ, nous avons envisagé la possibilité de jouer la pièce sans l’ambulance, en assumant le rôle de brancardiers. Après avoir donné près de 60 représentations ici, il s’agira de la première sortie du spectacle à l’extérieur du pays. Puisque le festival de Charleville-Mézières est le plus gros du monde en ce qui touche le théâtre de marionnettes, ça nous procurera une belle vitrine », se réjouit Vicky Côté. Elle y croisera ses camarades de La Tortue Noire, invités eux aussi par le comité organisateur.

Quant à Strict minimum, dont la naissance remonte à 2012, elle a connu une belle carrière avant d’être mis sur la glace, il y a deux ans. Réactivé à la demande du Théâtre La Puntual de Barcelone, il a obligé la comédienne à réapprendre le texte et la gestuelle, ce qui n’a pas a été trop ardu. « C’est fort, la mémoire du corps. Pour cette raison, ça s’est bien passé », décrit-elle.

La migration des peuples

À la fin du séjour en Europe, l’équipe du Théâtre À Bout Portant retrouvera le vaste chantier que constitue La migration des peuples. Sa gestation remonte à un an, mais il reste beaucoup de tâches à accomplir d’ici à la première qui aura lieu au Centre des arts et de la culture de Chicoutimi, en mai 2020. Une semaine de résidence est ainsi prévue en novembre, gracieuseté du Théâtre La Rubrique. L’objectif sera de trouver la meilleure manière de capter les sons produits par le corps humain.

« Nous devons mener des recherches sur la technologie sonore afin de rendre audible l’effort physique, notamment le son du coeur, ainsi que la respiration, les pas et les bruits provenant de la gorge. C’est important parce que dans cette pièce, nous mettrons en relation la course sportive et les marches que doivent effectuer les réfugiés pour sauver leur peau, note Vicky Côté. Nous le ferons à travers l’histoire de deux femmes incarnées par Élaine Juteau et Maria Velez. »

Elle-même assumera le rôle de directrice artistique, sans toutefois monter sur la scène, contrairement à son habitude. « C’est la première fois que je ne joue pas depuis Les immondes, une pièce présentée en 2008. Comme le nouveau spectacle est exigeant, je préfère demeurer en retrait pour m’assurer que tout se passe bien. C’est du théâtre très physique et très visuel », mentionne Vicky Côté.

Toujours en novembre, l’équipe planchera sur des scènes faisant intervenir le théâtre d’ombres, en plus de s’attarder aux montées dramatiques. Un autre laboratoire suivra au cours de l’hiver, puis on passera aux répétitions avant la première qui se déroulera à la Salle Murdock. « C’est un spectacle qui dure 10 500 battements de coeur », précise d’un ton guilleret la directrice artistique.