Le groupe Carotté sera en spectacle, vendredi, au Bar à Pitons de Chicoutimi et samedi au Lion Bleu d’Alma. De gauche à droite : Manue Lavallée, Étienne Bourré-Denis, Éric Roberge, Simon Lavallée, Gérald Doré et Médé Langlois. ­

Le terroir chanté de Carotté

Un brin revendicateur, mais 100 % enraciné dans la culture agricole du Québec, le groupe punk-trad Carotté s’amène à Saguenay, vendredi soir, pour faire swigner son public au rythme d’une recette dont lui seul a le secret.

Le groupe formé de Manue Lavallée, Étienne Bourré-Denis, Éric Roberge, Simon Lavallée, Gérald Doré et l’inimitable Médé Langlois s’amène au Bar à Pitons dès 21 h 30 pour faire découvrir son tout nouvel album, intitulé Dansons donc un quadrille avant de passer au cash. Samedi, la troupe offrira également une prestation à la microbrasserie Lion Bleu d’Alma.

Style unique

Le groupe, teinté par le caractère unique de Médé Langlois, un agriculteur bien connu de Neuville, à l’ouest de la ville de Québec, s’inspirait déjà du terroir québécois sur son premier album Punklore et Trashdition, paru en 2015. Le deuxième opus de la formation va toutefois un peu plus loin dans cette envie de mêler l’univers traditionnel agricole aux sonorités punk rock qui ont bercé les jeunes années des musiciens.

« Ça parle à 80 % d’agriculture sur notre nouvel album. C’est important de chanter notre terroir. On en parle beaucoup entre nous, en famille, sauf qu’on ne le chante plus beaucoup aujourd’hui. Avant, on chantait les légumes, les boissons qu’on faisait un peu partout. [La musique d’aujourd’hui] parle plus d’amour, de peine, de ci ou de ça... Pour nous, c’était important de revenir chanter notre terroir. On essaie de prendre des ‘reels’, des airs connus de notre coin, puis on fait une nouvelle présentation, une nouvelle recette. Carotté, c’est ça. On parle du terroir d’une manière vraiment poussée », explique Médé Langlois.

Un mélange étonnant

L’étonnant résultat se situe quelque part entre La Bolduc et Sex Pistols, entre La Bottine souriante et Grimskunk. Bref, ça fonctionne très bien. Pour preuve, le premier extrait de l’album, la chanson à répondre Chant de pot, s’inspire de la légalisation du cannabis pour livrer un message.

« C’est une chanson a capella. Il y a juste de la cuillère et de la podorythmie dans le fond. Avec la légalisation, on trouvait ça important d’en parler parce qu’au lieu d’avoir donné la tarte pour produire le cannabis à [une poignée] de compagnies, ils auraient pu en donner à plusieurs centaines de producteurs maraîchers ou laitiers. L’agriculture, c’est tout le temps un peu dur de s’en sortir, et ils auraient pu nous donner toute la gang une portion de la tarte. Redonnons l’agriculture aux agriculteurs », clame Médé Langlois, qui s’est aussi fait connaître pour son opposition au projet d’oléoduc Énergie Est, abandonné en 2017.

« Le punk rock et le folklore, ça va un peu ensemble parce qu’il y a beaucoup de choses à dire qui ne font pas notre affaire dans la société. C’est un reflet de deux styles qui se rejoignent beaucoup », ajoute-t-il.

Festifs

Vendredi et samedi, le groupe sera réuni au complet pour ses deux spectacles, une condition essentielle pour que ce type de musique se perpétue, croit Médé Langlois.

« Des bands festifs, il y en a de moins en moins, et c’est important que ce soit festif ! C’est l’fun d’aller swigner la bacaisse de temps en temps. »

Les billets pour la représentation de vendredi au Bar à Pitons sont en vente au coût de 12 $. Les billets pour le spectacle de samedi à Alma sont en vente en ligne au coût de 15 $ et de 20 $ à la porte.