Les employés du Cégep de Chicoutimi verront une version brute de la nouvelle création du Théâtre du Mortier, Tarte aux pommes. Elle décrit de quelle manière les millénariaux décodent le système d’éducation.
Les employés du Cégep de Chicoutimi verront une version brute de la nouvelle création du Théâtre du Mortier, Tarte aux pommes. Elle décrit de quelle manière les millénariaux décodent le système d’éducation.

Le système d’éducation vu par les millénariaux

Qui sont les millénariaux ? Comment perçoivent-ils le système d’éducation que la plupart d’entre eux fréquentent à temps complet ? C’est pour livrer un début de réponse à ces questions que les membres du Théâtre du Mortier, une troupe formée il y a deux ans, présenteront une version brute de leur nouvelle création, Tarte aux pommes, devant les employés du Cégep de Chicoutimi.

Pour la première fois, ce spectacle ira à la rencontre du public à la faveur d’une séance tenue à 10 h, aujourd’hui (mercredi), au Théâtre Banque Nationale. En attendant ses débuts officiels au Côté-Cour de Jonquière, du 28 au 30 mai, les comédiens Kevin Girard, Joëlle Gobeil et Valérie Essiambre livreront quelques réflexions découlant d’une série de rencontres effectuées l’automne dernier, dans une mise en scène de Christine Rivest-Hénault.

C’est justement au Cégep de Chicoutimi qu’une centaine d’étudiants s’étaient prêtés au jeu. « Nous leur avions posé plein de questions en commençant par celle-ci : Pourquoi sont-ils au cégep ? Ils ont parlé de l’éducation, de la valeur qu’ils lui prêtent et de leur attachement au cégep, mais d’autres facteurs ont ressorti, dont la pression sociale et la fameuse cote R. Plusieurs n’aiment pas ce facteur de comparaison », a raconté Kevin Girard au cours d’une entrevue accordée au Quotidien.

Cette enquête quasi-sociologique lui a permis de constater qu’au-delà des clichés qu’on accole aux millénariaux, ceux-ci possèdent beaucoup de points en commun avec les générations précédentes. « Le fossé n’est pas si grand, signe qu’on ne change pas tant que ça. Ce qui les distingue, outre leur préoccupation pour l’environnement, c’est l’importance attachée à leur unicité. Ils veulent que leurs professeurs la comprennent », énonce le comédien, qui signe également le texte de Tarte aux pommes.

Pour exprimer le point de vue des cégépiens, il a imaginé une série d’échanges sur le ton de l’humour, dont un mettant en scène une enseignante qui demande à deux étudiants comment elle devrait s’adapter à eux. Or, ça correspond à l’objectif de l’événement qui se déroulera en avant-midi mercredi. D’ordinaire, le cadre est plus formel, mais la direction a opté pour un projet théâtral à la suggestion du département des arts et des lettres.

Il avait fait bon accueil à la première pièce de la compagnie saguenéenne, iLove U, centrée sur les relations amoureuses à l’ère de la Toile. Là aussi, il y avait eu une enquête en amont. Puis, on avait conçu une dramaturgie se moulant au propos, une démarche qui fait écho à la volonté du Théâtre du Mortier d’attirer un public différent, plus jeune, en mettant à contribution les pratiques découlant de la médiation culturelle.

Pour revenir à Tarte aux pommes, ses artisans reverront leur copie à la suite de la représentation tenue au Cégep de Chicoutimi. Il reste également à peaufiner quelques facettes de la production, notamment la conception sonore. « Après notre présence au Côté-Cour, nous voulons présenter cette production dans plusieurs cégeps à compter de la saison 2020-2021 », mentionne Kevin Girard.