Le sujet de Patrick Bouchard sera présenté dans le cadre de la 50e Quinzaine des réalisateurs à Cannes. Le cinéaste originaire de Chicoutimi, qui enseigne à l’UQAC, sera le seul représentant du Québec au festival.

«Le sujet» de Patrick Bouchard à Cannes

Patrick Bouchard peine encore à le croire. Son court métrage d’animation Le sujet a été sélectionné pour la 50e Quinzaine des réalisateurs à Cannes. Le Chicoutimien d’origine sera le seul représentant du Québec à prendre part au festival cette année.

Le film d’animation de 10 minutes, le plus personnel du cinéaste, sera présenté dans le cadre de la section parallèle du prestigieux Festival de Cannes qui se tiendra du 8 au 19 mai. Le court métrage figure parmi les 10 sélectionnés sur quelque 700 propositions soumises. 

« J’ai appris la nouvelle il y a quelques jours. Je ne m’en attendais pas du tout. Maintenant que c’est annoncé à tout le monde, je réalise ce qui s’en vient pour moi. C’est excitant, je suis très heureux », affirme celui qui enseigne le cinéma d’animation à l’UQAC. 

Il s’agit d’une première présence à Cannes pour Patrick Bouchard qui cumule cinq courts métrages d’animation, tous produits par l’ONF. 

« C’est le genre de chose qu’on espère toujours. On fait des films pour qu’ils soient vus. Mais c’est surtout un tremplin pour le film qui est en début de carrière », estime celui qui a notamment remporté le Jutra du meilleur court métrage d’animation à trois reprises (Les ramoneurs cérébraux en 2002, Dehors novembre en 2005 et Bydlo en 2012). 

Le sujet a été projeté pour une première fois au Rendez-vous Québec Cinéma, en février dernier. Le public de REGARD a ensuite pu le découvrir en mars. Le passage du court métrage à Cannes permet au cinéaste d’espérer qu’il aura une longue vie en festivals. 

« Ça permettra d’attirer l’attention des programmateurs de festivals. Une présence à Cannes, ça aide à tous les niveaux. Il y a toute une industrie là-bas. Une présence à la Quinzaine des réalisateurs, ça implique beaucoup de choses. C’est plus important que je ne peux l’imaginer. D’autant plus qu’il y a toujours un impact à tout. On ne revient jamais vain d’un festival », assure-t-il.

Patrick Bouchard compte profiter pleinement de l’expérience qui lui est offerte. « J’y serai pendant huit jours. Mon film sera projeté deux fois. »

Le sujet met en scène un animateur qui fait face à son alter ego sous la forme d’un moulage de son propre corps. L’animateur ouvre son corps et en sort des objets liés à sa vie jusqu’à ce qu’il parvienne à identifier le poids dont il veut se départir. 

Le cinéaste se livre, il se dévoile complètement dans le court métrage dont il assume également la musique. 

Patrick Bouchard affirme que Le sujet est pour le moins particulier. Il ignorait complètement comment il serait reçu. « Je suis heureux de la réception. C’est très gratifiant. L’ONF a accepté de produire le film même s’il s’agit d’une démarche particulière. Ma vraie fierté, c’est qu’un film basé sur un concept risqué soit reconnu. Ça démontre que ce genre de cinéma peut se faire. Il y a une ouverture. »

Après son passage à Cannes, Le sujet sera présenté en compétition au Festival international du film d’animation d’Annecy, qui se tiendra du 11 au 16 juin. « C’est une nouvelle que j’espérais beaucoup. C’est un festival uniquement dédié à l’animation. Ça permet de comparer des pommes avec des pommes », affirme celui qui présente un film à Annecy pour une troisième fois. 

« C’est mon année, je vais en profiter. »