Guitariste au sein du groupe Black Side, le Jonquiérois Langis Desbiens présente les articles promotionnels qui seront offerts pour la première fois le 21 février, au Vieux Théâtre de La Baie.

Le succès discret de Black Side

Le succès du groupe Black Side est particulier, en ce sens que le commun des mortels en ignore l’existence. Formé par des artistes du Saguenay-Lac-Saint-Jean souhaitant revisiter le répertoire de Pink Floyd, il présente deux ou trois spectacles par année et toujours, ou presque, ils se déroulent à guichet fermé. Ce fut le cas à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière, à la Salle Michel-Côté d’Alma, de même qu’au Vieux Théâtre de La Baie, où il sera de retour le 21 février, à 20h 30.

Il s’agira de sa première sortie publique depuis près d’un an, un délai inhabituel qui a été causé, dans une large mesure, par le départ de deux membres en raison d’un problème de disponibilité. Plusieurs mois ont filé avant que leurs fonctions ne soient assumées par la saxophoniste Andréa Doucet, ainsi que la chanteuse Alexandra Chayer.

Les membres du groupe Black Side ont hâte de retrouver leurs fans après une pause inhabituellement longue. Ils se pointeront avec deux nouveaux membres, la chanteuse Alexandra Chayer et la saxophoniste Andréa Doucet.

«Vu le niveau où nous sommes rendus, ce n’est pas facile de trouver des remplaçants», affirme le guitariste Langis Desbiens, l’un des trois membres fondateurs en compagnie du guitariste Martin Émond et du batteur Robin Girard. Ils faisaient des «covers» dans un autre groupe, une affaire remontant à 2003, quand l’appel du Flamant Rose s’est fait entendre. Chaque fois qu’ils jouaient du Pink Floyd, à travers d’autres chansons, leur indice de satisfaction montait en flèche.

«On trouvait ça tellement bon que l’idée nous est venue de faire juste ça. C’est ainsi que Black Side est né en 2008, d’abord avec cinq musiciens, puis une douzaine, ce qui correspond aux effectifs actuels, raconte le Jonquiérois. L’augmentation du nombre de membres est venue de notre désir de modeler notre spectacle sur celui de Dave Gilmour. Il y a beaucoup de monde dans ses productions.»

Cette photographie captée en avril 2019, à la Salle Michel-Côté d’Alma, donne une idée de l’ampleur du spectacle que livre le groupe Black Side.

Entre 2009 et 2016, le groupe reproduisait l’album Dark Side Of The Moon avant d’aborder le reste du répertoire. Très vite, aussi, il a intégré des éléments visuels comme l’écran d’un diamètre de 12 pieds accroché au fond de la scène. Le recours au laser fait également partie de son ADN, au même titre que sa propension à reproduire des versions live de Pink Floyd et consorts, plutôt que les pistes enregistrées en studio.

«C’est parce qu’on veut ‘‘puncher’’ dans la salle», explique Langis Desbiens. Sensibles aux réactions du public, lui et ses camarades n’ont pas tendance à inclure les titres moins familiers, genre Arnold Layne. Le répertoire est si vaste, de toute manière. Même en n’incluant que les succès tels Comfortably Numb, Wish You Were Here, Money, Shine On You Crazy Diamond et The Great Gig In The Sky, même en occupant la scène pendant plus de deux heures, il est impossible d’en faire le tour.

Dès les premières sorties de Black Side, que ce soit à la Boîte à Bleuets d’Alma, à Saint-Honoré dans l’Vent ou sur la Zone portuaire de Chicoutimi dans le cadre des deux éditions du Psychedelic Fest (2009 et 2010), les fans de Pink Floyd ont répondu présent. Loin de s’atténuer, leur intérêt est demeuré soutenu, avec en prime des commentaires flatteurs exprimés sur la Toile.

«Un mois après nos spectacles, on en entend encore parler. Plusieurs affirment qu’au Québec, nous sommes le meilleur groupe spécialisé dans le répertoire de Pink Floyd. Pourtant, nous avons de la misère à jouer dans des festivals tenus au Saguenay-Lac-Saint-Jean, même si nous les contactons régulièrement. C’est une question de contacts. Il y en a qui préfèrent ‘‘booker’’ à Montréal», déplore Langis Desbiens.

Ce qui ne change pas, cependant, c’est l’adhésion du public, confirmée une nouvelle fois par le spectacle du 21 février. Sur les 500 places disponibles au Vieux Théâtre, il n’en restait qu’une quarantaine, il y a quelques jours. Offertes au coût de 25 $ l’unité, par le truchement de Diffusion Saguenay, elles trouveront preneurs bien avant l’ouverture des portes.

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« LES FRISSONS QUE ÇA DONNE, C'EST INDESCRIPTIBLE »

«C’est dur à décrire, le plaisir que nous ressentons sur la scène. Il y a là-dedans quelque chose d’enivrant, de planant. En tant que musiciens, on savoure le spectacle toune par toune parce que ça passe tellement vite. Les frissons que ça donne, c’est indescriptible», confie Langis Desbiens, guitariste au sein de la formation Black Side.

Son enthousiasme ne se dément pas, 12 ans après le début de ce projet. Bien qu’il s’agisse d’un passe-temps, le Jonquiérois s’y investit avec tant d’abandon qu’aucune dimension de la production n’échappe à son attention. Il continue de fouiller sur la Toile pour trouver d’autres versions offertes par les membres de Pink Floyd, dans l’espoir d’identifier ne serait-ce qu’un élément, l’ajout d’un instrument peu familier, par exemple, dont pourraient s’inspirer ses camarades.

C’est aussi lui qui a commandé un sanglier géant en Chine, histoire d’ajouter une touche d’authenticité au spectacle. Au Vieux Théâtre de La Baie, le 21 février, la bête effectuera deux apparitions, autant de clins d’oeil aux mises en scène extravagantes élaborées par leurs idoles. Elle accompagnera l’interprétation de la pièce One Of These Days et, bien sûr, de Pigs.

«Il mesure 10 pieds de haut et 10 pieds de long et ses yeux s’illuminent. Je l’ai acheté il y a deux ans et ses premières sorties ont eu lieu au Vieux Théâtre, en 2018, puis à la Salle Michel-Côté d’Alma», fait remarquer Langis Desbiens. Tout aussi impressionnant fut le travail accompli par les musiciens afin d’apprivoiser l’extrait de l’album Animals. Pour y arriver, ça prenait des mordus, laisse entendre le guitariste.

«C’est gros, Pigs. Sur cette chanson, il est très difficile de reproduire le son de Pink Floyd en respectant le rythme, tout en plaçant les punchs à la bonne place. Ça m’a demandé beaucoup de travail, mais je dirais que 60% de la tâche a été assumée par le bassiste Frank Corneau. Il y a aussi la lap steel de Martin Émond», rapporte le Jonquiérois.

Fier des interprétations livrées par Black Side, l’homme souhaite que son rêve éveillé se poursuive pendant plusieurs années. La musique est stimulante, en effet, au même titre que les éléments qui l’entourent, comme les nouveaux produits dérivés qui seront mis en vente à La Baie. «Tant que la gang aura du fun, je vais continuer. J’ai encore tellement d’idées dans ma tête. Ça grouille toujours», affirme Langis Desbiens.

Il ne manque pas d’air, le sanglier gonflable qui accompagne Black Side pendant l’interprétation de deux pièces de Pink Floyd. Sa seule présence témoigne de la passion qui anime les membres de la formation.