Entre la sortie de son album et le spectacle sur scène qu’il présentera à Québec dans les prochains jours, Philippe B travaille aussi sur la musique du film de son ami Éric Morin, Gold.

Le septième art de Philippe B

Entre la création d’un album aux inspirations cinématographiques et son travail sur Gold, le prochain film d’Éric Morin, Philippe B a plus que jamais baigné dans le septième art, ces derniers temps.

«Ces jours-ci, je suis beaucoup sur le plateau. Il y a un groupe de musique dans le film et j’interviens comme conseiller pour le détail de la façon de jouer les chansons. C’est un travail qui est double parce que j’ai écrit les chansons qui sont jouées par le groupe et il y aura aussi de la musique de film plus standard qui va s’intégrer», détaille l’auteur-compositeur-interprète, qui est sorti de sa bulle folk pour les besoins de la cause. 

«Je travaille les chansons de ça depuis un an. C’est du rock en anglais, c’est complètement autre chose», ajoute le musicien. Il retrouve ainsi Éric Morin — il a aussi signé la musique de son film Chasse au Godard d’Abbittibi —, avec qui il a joué dans un groupe dans son jeune temps. «C’est un bon ami à moi depuis toujours. C’était naturel pour nous de faire ça», note-t-il. 

Un couple et des écrans

Au printemps dernier, Philippe B a fait paraître un cinquième album solo, La grande nuit vidéo, qu’il transposera sur la scène de l’Impérial le 21 octobre. Cette collection, qui lui a valu une mention sur la longue liste du prix Polaris et deux nominations en vue du prochain gala de l’ADISQ (dans les catégories du choix de la critique et du meilleur album folk) a elle aussi trouvé son point de départ au cinéma, plus précisément dans un spectacle ancré dans l’œuvre d’Alfred Hitchcock. 

«C’est un projet de danse un peu expérimental que j’ai fait avec ma blonde pour aller au bout d’une idée, avec une autonomie complète, juste pour essayer des affaires, explique le chanteur. C’était son choix de travailler dans l’univers du film noir de Hitchcock, de la symbolique de la femme, de la symbolique de l’escalier…»

De l’exercice sont nées deux chansons, Rouge-gorge et Les enchaînés, qui ont donné le ton à l’album. Parti de Hitchcock, Philippe B dit avoir voulu élargir le spectre au monde plus général du cinéma et des séries télé comme angle d’attaque pour évoquer l’intimité d’un couple et son rapport à la fiction. 

«Qu’est-ce que les choix que je fais, les choses que j’aime, les fictions dans lesquelles je me projette disent sur moi? Ça marche aussi pour les livres ou pour n’importe quelle fiction qu’on consomme, mais j’avais envie de resserrer l’image, essentiellement, à un gars et une fille qui regardent des films», résume le musicien, qui aime bien encadrer sa création de lignes directrices bien définies : ses chansons folk étaient ponctuées d’échantillonnages de musique classique sur Variations fantômes (2011) et poussées par des instruments à vent sur Ornithologie, la nuit, qui lui a valu le Félix du meilleur auteur-­compositeur au gala de l’ADISQ en 2014. 

Dialogue en chanson

Dans une ambiance sonore voulue «cinématographique», où des arrangements de cordes soignés viennent embrasser des moments de folk épuré, un personnage féminin est apparu sur La grande nuit vidéo. Philippe B a confié ce rôle à Laurence Lafond-Beaulne (du duo électro-pop Milk & Bone), qui lui donne la réplique sur quelques titres. 

«En y réfléchissant, c’est logique. J’ai un album qui évoque le cinéma, avec des scènes et des personnages. Il y a l’aspect duo gars-fille qui regarde des films et dans ma tête, c’est le même gars et la même fille tout le long. Je peux l’incarner. Je voulais qu’on la sente, qu’elle ne soit pas qu’une présence féminine fantomatique», avance Philippe B. 

Dans un spectacle habillé de projections signées par l’artiste Manon De Pauw, Laurence Lafond-Beaulne l’accompagnera aussi sur les planches, tout comme le violoniste Guido Del Fabbro. Une formation forcément réduite par rapport à l’orchestre qui a donné ses couleurs à La grande nuit vidéo en studio. 

«J’ai fait un truc que je n’ai pas fait beaucoup avant, c’est à dire travailler sur une version synthétique de l’affaire. J’ai un vrai violoniste, mais il y a beaucoup de synthétiseurs. C’est un peu comme si la dernière chanson de l’album donnait cette piste-là. C’est un peu comme si je prenais la balle au bond», décrit Philippe B, rappelant que ses deux compagnons ont l’habitude de manier les machines. 

«Il y a beaucoup de musiciens qui font de la pop ou de l’électro avec des synthétiseurs, observe-t-il. Avec le folk, c’est un mélange un peu particulier, un peu périlleux, mais que je trouve intéressant à faire…»

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VOUS VOULEZ Y ALLER?

  • Qui: Philippe B
  • Quand: 21 octobre à 20h
  • : Impérial
  • Billets: 32 $
  • Info.: imperialbell.com