L’oeuvre de Thomas Meloche et Jean-François Gauthier, une piñata en forme d’âne, a remporté le prix du public sélectionné par des enfants à Colima, au Mexique.

Le sculpteur Thomas Meloche s'exerce sur la paille

Reconnu comme polyvalent auprès des matières avec lesquelles il travaille, le sculpteur Thomas Meloche a ajouté la paille à son portfolio, cet été, lors de son passage à Colima, au Mexique, dans le cadre du Festival Internacional del Volcán, où se tenait une compétition de sculptures monumentales sur paille. Il revient avec certains honneurs, mais, surtout, une expertise qu’il compte bien exploiter dans la région.

Celui qui est un habitué du festival Saguenay en neige et un fréquent participant à la construction de l’Hôtel de Glace de Québec a troqué son milieu de travail habituellement frisquet pour des latitudes plus chaudes en juillet. 

En compagnie de son comparse Jean-François Gauthier, avec qui il avait notamment compétitionné en Belgique, il s’est envolé dans le petit paradis de Colima afin de s’initier à la sculpture sur paille, où sept équipes internationales s’affrontaient, dont la Norvège, l’Inde et le Pérou. Celui qui travaille les matériaux organiques – sable, pierre, bois, etc. – et préfère oeuvrer à l’extérieur a vu en la paille une occasion d’exercer différemment son art, tout en fusionnant avec la nature. 

« C’est un médium fort différent de ce avec quoi j’ai travaillé par le passé. C’est un tout autre champ de la sculpture, avec des contraintes nettement différentes de la glace, par exemple. C’est un peu comme travailler le métal et ses ondulations. Il faut calculer la capacité portante, un défi qui n’est pas au rendez-vous avec tous les matériaux » précise l’artiste multidisciplinaire, joint au téléphone par Le Progrès. 

De longue haleine, le travail des sculpteurs au Mexique s’est échelonné sur cinq jours, à façonner une structure de quatre mètres de haut. C’est une immense piñata en forme d’âne qui a ainsi pris forme, et les enfants, émerveillés, lui ont d’ailleurs décerné le prix du public. 

Une technique rurale

« La paille est apportée en ballots, qui sont déroulés sous forme de tapis. On l’écrase ensuite en un matelas d’environ deux pouces d’épaisseur. Par la suite, elle est prise en sandwich dans un grillage semblable à de la broche à poule pour être appliquée sur le squelette de la sculpture », explique l’artisan, qui avoue que le médium de la paille l’a séduit. 

« C’est un médium fort différent de ce avec quoi j’ai travaillé par le passé. »

Thomas Meloche

Il souligne qu’une telle oeuvre a une impressionnante longévité de deux à cinq ans et que le concept pourrait très bien être importé ici, avec l’esprit agricole bien développé du Saguenay–Lac-Saint-Jean. 

Questionné sur ses passe-temps à l’aube de la saison estivale, Thomas Meloche confie qu’il travaille présentement sur une arche qui ornera les sentiers pédestres juchés au bord du fjord, à Sainte-Rose-du-Nord, où se situe son atelier de travail. Figure aussi dans ses cartons l’aménagement d’un comptoir-bar pour la nouvelle microbrasserie de Saint-Fulgence, Le Saint-Fût. 

La sculpture sur paille repose sur un squelette de métal et de bois.