La directrice générale et la présidente du Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Sylvie Marcoux et Marjolaine Vézina, ont présenté les grandes lignes de la 53e édition mardi avant-midi, lors d'une rencontre de presse tenue au Côté-Cour de Jonquière.

Le Salon du livre de plus en plus hors les murs

Tenue du 28 septembre au 1er octobre, la 53e édition du Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean pourrait donner lieu à une première qui, en même temps, constitue un signe des temps. Si les activités organisées à l'extérieur du Centre des Congrès du Delta Saguenay répondent aux attentes qu'entretient le comité organisateur, elles attireront autant de personnes que les auteurs regroupés dans la grande salle du secteur Arvida.
L'an dernier, le salon avait connu une belle performance aux guichets, alors qu'on a enregistré 18 300 entrées. En ajoutant les activités hors les murs, l'événement avait rejoint près de 30 000 personnes, un nombre qui devrait s'apprécier grâce aux 173 rendez-vous qui se matérialiseront à compter de lundi, un peu partout dans la région.
Il s'agit d'un nombre record et ces visites réalisées par les auteurs suscitent d'importantes retombées. Dans les écoles, par exemple, des milliers de livres ont été commandés à l'intention des étudiants qui échangeront avec ceux qui les ont créés. Tous les paliers seront touchés, de la prématernelle à l'université, et ça ne représente qu'une fraction des partenariats noués dans les derniers mois.
L'un d'eux mènera à la tenue d'une table ronde le 28 septembre à 19 h, à la Coopérative funéraire du Fjord. Organisée de concert avec le Musée du Fjord de La Baie, elle fera écho à l'exposition Éternité : rêve humain et réalités de la science par le biais d'un échange avec Renée Simard, thanatologue depuis 1998 et directrice de la coopérative, ainsi que Maria Pilote, qui a écrit le livre À la vie, à la mort, en plus de réaliser le documentaire La mort m'a dit.
Une autre collaboration mettra en cause le Côté-Cour de Jonquière, la salle où, justement, a eu lieu la rencontre de presse tenue mercredi avant-midi. Le 27 septembre à 20 h 30, les dramaturges Larry Tremblay, Simon Boulerice et Gabriel Robichaud liront des extraits de leurs oeuvres, le jeu consistant à deviner qui a écrit quoi.
« C'est moi qui ai invité le Salon du livre à venir chez nous dans le contexte d'une soirée littéraire qui se voudra festive. En plus de ces hommes de théâtre appartenant à des générations différentes, Louis Moisan et Pascal Beaulieu réaliseront des improvisations musicales », a mentionné le directeur général Dario Larouche.
Le même soir, Yvon Paré et Renée Robitaille offriront des contes à La Doré, dans les murs centenaires du Moulin des Pionniers. La poésie ne sera pas en reste, cependant, puisque la Microbrasserie du Lac-Saint-Jean, basée à Saint-Gédéon, sera le théâtre d'un souper consacré à cet art. Il se déroulera le 30 septembre et réunira Charles Sagalane, Larry Tremblay, David Ménard, Marie-Andrée Gill, Mathieu Villeneuve, Yolande Villemaire et Érika Soucy.
Toujours dans le cadre de la programmation hors les murs, la présidente du Salon du livre, Marjolaine Vézina, a évoqué l'une des neuf activités découlant de la Tournée collégiale et universitaire, soit une rencontre avec Larry Tremblay le 28 septembre à midi. « C'est notre responsabilité de nous impliquer dans nos milieux afin de jouer le rôle de passeurs. Nous ne parlerons jamais assez de nos auteurs », a-t-elle souligné.

Atchoum, le sport, la BD et l'avenir du livre

Signe de la popularité du Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean, sa marge de croissance est rendue mince à l'intérieur du Centre des Congrès Delta Saguenay. Il y a des moments comme le dimanche après-midi où il serait difficile d'ajouter d'autres invités, d'autres activités, parce que l'achalandage génère des bouchons faisant penser à ceux qui paralysent la ville de Québec les soirs de semaine.
« Aujourd'hui, notre défi consiste à amener les gens à nous visiter dans les périodes où c'est plus tranquille », énonce la directrice générale Sylvie Marcoux. Prenant à témoin la programmation offerte du 28 septembre au 1er octobre, elle mentionne deux activités qui pourraient justifier, à elles seules, un détour du côté d'Arvida.
C'est ainsi que dès le premier jour, à 17 h 45, les enfants auront la chance de voir un de leurs personnages favoris à l'occasion du mini-spectacle intitulé À la découverte de l'univers d'Atchoum. « Ça va durer une trentaine de minutes et nous l'avons placé juste avant la cérémonie d'ouverture », indique Sylvie Marcoux, qui ne doute pas de son pouvoir d'attraction.
Dans une veine similaire, mais en prenant pour cible un public on ne peut plus différent, elle a demandé au confrère de la section des sports du Quotidien Dave Ainsley d'animer une discussion sur le thème des passions. Cette activité qui aura lieu le samedi à 19 h rassemblera trois personnages légendaires, chacun à sa manière. Il s'agit du journaliste Bertrand Raymond, de l'humoriste Michel Barrette et du nageur Régent Lacoursière.
Les amateurs de bande dessinée auront également une raison de fréquenter le Carrefour de la BD, peu importe l'heure ou la journée. En plus d'échanger avec les auteurs, en effet, ils verront progresser la fresque à laquelle tous contribueront jusqu'à la fermeture du salon. Ces artistes ont pour noms Tristan Demers, Mathieu Potvin, Freg, Guillaume Demers, Olivier Carpentier et Alex A.
« Nous sommes convaincus que ça va attirer les gens », affirme Sylvie Marcoux, qui elle-même a hâte à la table ronde baptisée Vive le Québec livre. Tenue le 30 septembre à 12 h 50, elle réunira l'animateur Daniel Jean, ainsi qu'Antoine Tanguay et Arnaud Foulon. Ils décriront l'évolution de l'édition québécoise au fil des 50 dernières années.
« Nous sommes partis d'une époque où tous les livres pour enfants provenaient de l'extérieur. La Courte Échelle est ensuite apparue », note ainsi la directrice générale. Elle est également impressionnée par la qualité des ouvrages produits par plusieurs maisons, le contenu, mais aussi l'objet. Ils sont de plus en plus beaux, ce qui constitue la plus éloquente réponse aux faux prophètes qui annonçaient l'émergence inéluctable du livre électronique.
À ce sujet, il semble que l'effet de mode se soit étiolé. Les salons du livre ne craignent plus de devenir obsolètes, au contraire. Plus que jamais, ils reflètent les préférences affichées par les lecteurs. « Une fois, à Montréal, ils ont réservé une section au livre électronique et personne ne l'a visitée. Il est également démontré que les gens ont moins tendance à lire un livre électronique jusqu'à la fin », fait remarquer Sylvie Marcoux.