Les Blackburn Brothers se sont sentis comme à la maison, mercredi soir, au Festival jazz et blues.

Le rythme dans le sang

Le troisième spectacle en formule gratuite à se tenir mercredi soir sous le Dôme, dans le cadre du Festival jazz et blues de Saguenay, a fait voyager l’auditoire. Les Blackburn Brothers, originaires de Toronto, ont offert une performance dynamique, à l’acoustique puissante.

C’est dans une musique bien maîtrisée et chargée d’histoire que les spectateurs furent transportés. Cette quatrième génération de Blackburn, en prestation pour la première fois à Chicoutimi, possède un véritable ADN musical, qui s’est forgé au Kentucky pour atterrir en Ontario. Leur père Bobby Dean Blackburn, véritable monument dont le nom a marqué l’histoire musicale à Toronto, est une légende primée. Les frères Blackburn honorent leurs racines : leur style a eu un écho accrocheur, à constater les sourires dans la foule. 

Les récipiendaires du prix album blues de l’année aux JUNO en 2016 n’ont pas tardé à dérouler une ambiance leur étant propre. Une reprise de l’emblématique Everyday I Have the Blues a ouvert le bal, montrant à la foule, jusque-là clairsemée, que les frères avaient la ferme intention de laisser leur marque en sol saguenéen. Par ailleurs, le claviériste et chanteur principal Duane Blackburn a servi quelques bribes en français à l’auditoire avant d’entamer la pièce Walking in New, New Orleans tiré de leur album Brothers in this World. « Nous sommes flattés » s’est exclamé le musicien derrière son B3. 

La section des cuivres, composée d’un trombone et d’un saxophone, a donné des accents marqués aux rythmes funk, et les nombreux solos ont contribué à faire lever l’ambiance dans la sphère plantée au bout de la Racine. Aux premières notes de la renommée Ain’t No Sunshine de Bill Withers, les frères Backburn ont fait comprendre que leur présence sur scène était en mode crescendo. Les festivaliers, plus dégourdis et nombreux à ce stade, ont bien saisi l’occasion qui leur était offerte de danser. 

Effets spéciaux

La multitude du savoir-faire musical sur scène a fait son effet. Chaque musicien s’est retrouvé sous les projecteurs pour montrer ses aptitudes, et le doigté du guitariste Brooke Blackburn a autant impressionné que la boîte parlante utilisée par son frère Duane afin que ses syllabes s’unissent aux touches du clavier. Si l’acoustique était adéquate, la puissance des décibels décoiffait quelque peu, gâchant certains accords instruments/voix. 

Les frères remettent ça jeudi (ce soir), à 18 heures, toujours au Dôme. La formation canadienne, qui ne laisse personne de glace, promet d’y livrer une performance sous le signe de la bonne humeur.