Martin Deschamps était en spectacle à Jonquière en musique.

Le rock pur et dur de Martin Deschamps

Martin Deschamps a conquis la foule de Jonquière en musique et lui a donné ce qu’elle attendait, du rock « pur et dur », alors que le Canada soufflait ses 152 bougies, lundi.

Martin Deschamps est un vieux briscard de la scène rock québécoise. Mais malgré 20 ans de carrière et six albums solos, « avant de monter sur scène, [il n'y a] rien de tel qu’un cri de guerre pour donner de la force; c’est un rituel et ça ouvre l’appétit », dit-il. 

Le chanteur a réussi à se donner faim, car c’est rempli d’énergie positive qu’il est apparu. Juché sur un trône tournoyant, il a surplombé la scène et son auditoire.

La foule lui était déjà acquise;  elle l’a acclamé. 

Pendant presque deux heures, lui et ses musiciens – un guitariste, un claviériste et un batteur – ont tenu en haleine le public avec des titres personnels, mais aussi des classiques du rock. 

Il a sorti de son répertoire le Ayoye qu’il a connu lorsqu’il était encore dans le groupe d’Offenbach. Un titre qui a mis en lumière le talent du guitariste Ricky Paquette. Une ode à la guitare électrique. 

Débordant même des frontières de la province et du pays, Deschamps et ses musiciens ont joué des succès des Eagles et de Lynyrd Skynyrd, avec Sweet Home Alabama, que le public a grandement apprécié. 

Entre chaque chanson, le temps de prendre des gorgées d’eau ou de vodka – pour reprendre sa blague – et le temps de faire les changements d’instruments, Martin Deschamps a raconté des anecdotes sur sa vie, comme la fois où on lui avait dit que pour jouer de la guitare, « il fallait plus que deux doigts ». Le talentueux artiste a montré l’instant d’après, avec un solo de guitare, que son talent est grand et que son handicap ne le freine pas. 

Il a même pris le temps de remercier le public : « Merci de m’accepter comme je suis !»

Martin Deschamps sera en tournée au Québec tout l'été.

Les Blvd Baudelaire en première partie

En première partie du spectacle de Martin Deschamps, le groupe Blvd Baudelaire s’est, lui aussi, approprié le public. Ses membres ont d’abord expliqué à l’assistance ce qu’était le « rock prog » qu’ils jouaient, c’est-à-dire un rock qui fait la part belle à l’instrumental. 

Pendant 45 minutes, ils ont interprété et revisité des titres du répertoire rock progressif, dont ceux de King Crimson, de Genesis et de Marillion. 

Sur scène, le groupe dégage une grande fraternité et un amour de la musique. Plusieurs solos se sont enchaînés, avec Martin Bergeron à la batterie, Richard Cusson au clavier, Pierre Ouellette et Sacha Villeneuve à la guitare. 

Clairement, le groupe a un désir de mettre en avant les instruments, et Gilles Ronthier et Marc Pelletier viennent ponctuer le tout de leur voix puissante. 

En guise de finale, ils ont donné à la foule, avec Run Like Hell de Pink Floyd. 

À leur sortie de scène, les musiciens ont dit avoir senti que « le public avait embarqué » et qu’ils « auraient aimé rester plus longtemps ».

Gaudreault et Trudel célèbrent Jonquière en musique et la fête du Canada

Présents dans les coulisses, le député péquiste Sylvain Gaudreault et la députée néo-démocrate Karine Trudel ont félicité les artistes. Le temps de quelques instants, les élus sont montés sur scène non pas pour chanter, mais pour un discours célébrant la 30e édition de Jonquière en musique et les 152 ans de la nation canadienne.

En arrière-scène, Sylvain Gaudreault a exprimé sa fierté de voir ce festival perdurer. « Je viens chaque année, car Jonquière en musique, c’est un événement accessible à tous, pour tout le monde et pour tous les styles de musique. » 

«[C'est] le premier festival gratuit du Québec. Il n’y a pas d’équivalent et on doit être fiers que ce soit à Jonquière », a affirmé Karine Trudel.