Les Clowns noirs tentent un passage au cinéma dans Jean Vaillant.

Le rêve hollywoodien des Clowns noirs

Après bientôt quinze ans d’existence, les Clowns noirs veulent quitter le monde du théâtre et passer au cinéma pour obtenir la gloire. Leur plus récent projet, la pièce Jean Vaillant, pourrait bien être l’occasion de faire le grand saut dans le septième art, un monde « vachement plus payant ».

Jean Vaillant a été créée dans le cadre de la Semaine de la persévérance scolaire, qui a lieu du 17 au 21 février cette année. Pour la petite histoire, le texte d’abord destiné aux adolescents est joué devant le grand public, parce que les fans purs et durs des Clowns noirs en ont fait la demande. Une pétition a même été placée en ligne quand on a appris l’existence de la pièce.

Pendant près d’une heure quinze minutes, on y voit donc Diogène (Martin Giguère), Grossomodo (Pierre Tremblay) et Trac (Patrice Leblanc) qui attendent la confirmation d’un financement de 150 millions de dollars pour passer du théâtre au cinéma et réaliser Jean Vaillant. Si les Clowns noirs obtiennent leur argent, ce film sera la prochaine superproduction américaine.

Le public – des étudiants la plupart du temps – a été convié à de grandes auditions pour trouver les acteurs qui joueront les rôles principaux de ce futur chef d’œuvre, Jean Vaillant et Simone Legrand. Mais comme personne ne s’est présenté, les trois Clowns noirs décident de jouer le scénario du film devant nos yeux en attendant la réponse du producteur de films.

Jean Vaillant (Patrice Leblanc) et Simone Legrand (Pierre Tremblay)

On assiste donc à l’histoire de Jean Vaillant, un futur décrocheur qui se démarque par son ardeur au travail et qui est attiré par l’argent dès son plus jeune âge. Jean Vaillant croit que la richesse lui apportera le bonheur et la liberté. L’adolescent se rendra compte bien vite que cette liberté a un prix.

Le jeune Jean passera par toutes les étapes que les adultes franchissent : un premier appartement miteux dans lequel on mange des repas pas vraiment appétissants, un emploi pas assez payant, etc. Il se trouvera rapidement pris dans une spirale infernale digne de l’univers des Clowns noirs.

Le père de Jean Vaillant (Pierre Tremblay) fait appel à un statisticien (Martin Giguère).

Ne pas bouder son plaisir

L’humour relativement cru des Clowns noirs aide à faire passer le message de la pièce, qu’on devine avant la fin : il est important de rester à l’école et d’obtenir son diplôme d’études secondaires. Si on sent la morale tout au long de Jean Vaillant, le trait de crayon n’est jamais trop appuyé et il n’y a pas de raison de bouder son plaisir.

Alors, les Clowns noirs quitteront-ils le monde du théâtre ? Pourront-ils trouver la richesse, la reconnaissance, les femmes ? Sans vendre le punch, disons que la finale vaut la peine d’être vue, et qu’elle n’est pas très éloignée du sort qui attend notre pauvre Jean Vaillant.

Encore trois représentations

Il reste trois représentations de Jean Vaillant ouvertes au grand public, soit mercredi, jeudi et vendredi. Elles débutent à 20 h, dans la salle Murdock du Centre des arts et de la culture de Chicoutimi. Il est possible de faire des réservations sur la page Facebook du Théâtre du Faux Coffre ou au 418 698-3000, poste 6561.

Jean Vaillant découvrira que l’argent et le travail donnent une certaine liberté, mais que cette liberté n’est pas gratuite.