MUNYA, Josianne Boivin de son vrai nom, est une musicienne originaire de Jonquière qui a lancé sa carrière aux États-Unis.

Le rêve américain de Josianne Boivin

L’histoire de la Jonquièroise Josianne Boivin, qui fait carrière dans la musique sous le pseudonyme de MUNYA, a quelque chose du rêve américain. Une chanson placée sur une plateforme de diffusion en ligne, de fil en aiguille, lui a permis de signer un contrat avec une maison de disques aux États-Unis et de lancer sa carrière.

Mais cet intérêt subit pour son travail d’artiste ne lui enlève pas sa simplicité. Elle nous donne rendez-vous pour l’entrevue dans le restaurant central de Place Centre-ville Jonquière, endroit dont elle apprécie l’authenticité. « Il n’y a pas de bullshit ici. Les gens sont qui ils sont », explique-t-elle.

Josianne Boivin, la plus jeune d’une famille de neuf enfants, pratique la musique depuis son plus jeune âge. Elle a entamé l’apprentissage du piano quand elle avait seulement 4 ans. Elle a bifurqué ensuite vers le chant d’opéra alors qu’elle s’est inscrite au Cégep d’Alma en musique, puis en jazz à l’université.

Mais l’envie de liberté de MUNYA, que l’on peut traduire par « personne qui rayonne », l’a amenée à jouer avec d’autres artistes établis sur la scène québécoise, dont Alex Nevsky et Philémon Cimon, et à créer son propre matériel. À partir de là, sa carrière, encore toute jeune, a pris son envol.

Boule de neige
Alors qu’elle n’avait qu’une seule chanson originale, elle s’est fait offrir un spectacle par une amie lors du festival Pop Montréal, un événement qui réunit les artistes émergents, qu’elle devait monter en deux semaines.

« Je me suis dit qu’il fallait que je prenne ça au sérieux. Les circonstances ont fait que j’ai emménagé avec ma soeur et que je me suis mise à l’écriture pendant quatre mois. » Josianne Boivin enregistre et diffuse ses pièces, qui sont remarquées par des blogueurs américains.

Une journée seulement après qu’elle ait mis ses chansons en ligne, particulièrement Des bisous partout, des sites comme Gorilla vs Bear ou encore Pitchfork, qui lancent les modes, ont fait des critiques élogieuses de son travail. Ces sites l’ont comparée à Charlotte Gainsbourg et sont charmés par le côté exotique de ses chansons en français. « Je me suis ensuite fait approcher par beaucoup de gens. J’ai signé avec un label aux États-Unis. »Avec la collaboration de son équipe, elle crée du nouveau matériel qu’elle lance, quelques pièces à la fois.

Pop rêveuse
Le résultat final est une musique rêveuse, de la pop faite de manière indépendante, qui met les synthétiseurs et des guitares planantes à l’avant-plan. Pour l’instant, comme nul n’est prophète en son pays, la demande provient surtout de nos voisins du sud.

« Je fais mon chemin aux États-Unis. Même si je connais beaucoup de monde de l’industrie au Québec, ça lève moins au Québec pour l’instant. Ça ne me dérange vraiment pas, je suis super patiente », explique-t-elle.

Si elle se consacre présentement à la création, Josianne Boivin compte retourner sur scène pour présenter ses chansons d’ici quelques mois.

« Mon but n’est pas de devenir célèbre, c’est d’exploiter mon talent, mes idées créatives, au maximum », résume-t-elle humblement.

D’ici là, le Saguenay demeure un port d’attache, tant du côté personnel que créatif. Elle a filmé cet été un vidéoclip à l’Expo agricole qui sortira en octobre.