Le groupe XIII: Death vient de sortir un EP, 34 ans après avoir égrené ses premières notes à La Baie. Le son est toujours aussi rock et les nouvelles compositions sont faciles à aimer.
Le groupe XIII: Death vient de sortir un EP, 34 ans après avoir égrené ses premières notes à La Baie. Le son est toujours aussi rock et les nouvelles compositions sont faciles à aimer.

Le retour improbable de XIII: Death

Daniel Côté
Daniel Côté
Le Quotidien
Les cheveux sont pas mal plus courts, mais les nouveaux enregistrements du groupe XIII: Death montrent que ses membres ont bien résisté au passage du temps. Fidèles à leurs premières amours, le rock aux accents métal à la Iron Maiden, à la Judas Priest, ils ont tricoté quatre chansons. Derrière les notes bien jouées, on perçoit le plaisir que procure toujours la musique, 34 ans après leurs débuts.

C’est en 1986, en effet, que la formation a vu le jour à La Baie. Pendant huit ans, elle est demeurée active au Saguenay–Lac-Saint-Jean, tout en rayonnant à l’extérieur. Signe que ça remonte loin, ses deux premiers enregistrements sont sortis sous forme de mini-cassettes. Seul le dernier, un disque compact, lui a permis d’entrer dans la modernité. Du moins, ce qui était considéré comme la modernité avant l’émergence des plateformes numériques et le retour du vinyle.

Très vite, les gars ont été bons. Il était donc légitime d’entretenir des rêves de carrière, ce que confirme le guitariste Steve Lessard. « Après avoir gagné le Concours Laurentide Rock à Québec, sur les plaines d’Abraham, on a développé une certaine confiance, a-t-il raconté au Progrès. On a aussi fait un vidéoclip qui été diffusé à MusiquePlus, mais on n’a pas fait de grosses premières parties. À 20 ans, on n’avait pas les contacts.»

Le musicien croit également que pour passer à la vitesse supérieure, dans un domaine où la concurrence est féroce, il faut travailler comme des forcenés. Or, le goût de s’investir à ce point, personne ne l’avait au sein de XIII: Death. «Les sacrifices que ça demandait étaient trop élevés pour nous», estime celui qui partageait la scène avec Karol Dahl (chanteur), Bruno Bolduc (guitare), Martin Leclerc (basse) et Luc Morneau (batterie).

Retour en 2017
Après 1994, chacun a été happé par la vie. Le travail et les enfants se sont profilés à l’avant-plan. Steve Lessard est le seul pour qui la musique est demeurée une compagne de tous les jours. En plus d’enseigner la guitare, il est vendeur depuis 30 ans chez Ivonick Desbiens. Composer des chansons rock était cependant loin de ses priorités, jusqu’au jour où l’idée de reformer le groupe a été envisagée sérieusement.

«Nous sommes revenus à l’occasion d’un spectacle donné à la Salle le 4 Barils de Jonquière, en 2017. C’était spécial parce que tous nos enfants, dont certains étaient presque majeurs, ont assisté à cette soirée, raconte le guitariste. On ressentait un peu de nervosité au début, mais ça s’est bien passé. On avait la même énergie et, surtout, on avait la même gang. S’il en avait manqué un, on ne l’aurait pas fait.»

Stimulé par les retrouvailles, il a composé trois chansons jumelées à des textes de Karol Dahl. Elles ont été étrennées lors d’une nouvelle rencontre au 4 Barils, tenue en 2019, et viennent d’être enregistrées sous la supervision du réalisateur Pierre Girard. Le style est demeuré le même et pour faire bonne mesure, le groupe a repris sa toute première pièce, First Steps, créée en 1986. «Je la trouvais intéressante. Ça brasse», décrit Steve Lessard.

Quant aux nouveaux titres, Still Comin’, Thumbs’ Up et King of Rock ’n’ Roll, ils ont jailli aussi facilement qu’au temps de ses 20 ans. On sent toutefois que l’homme a un faible pour le dernier, celui qui a donné son nom au EP sorti ces jours-ci. « C’est du rock assez pesant, mais avec un ver d’oreille qui rend la toune accrocheuse, estime le musicien. J’ai senti son importance en voyant la réaction du public. »

Mixage révélateur
C’est pendant la période de confinement que XIII: Death a mis l’album en boîte. Comme il n’était pas question de partager un même studio, chacun a enregistré ses pistes à la maison. Le mixage a été réalisé par Luc Morneau et, selon Steve Lessard, c’est à cette étape que les membres du groupe ont pris la mesure de ce qu’ils avaient accompli. «Avant, on n’avait pas de point de repère, explique-t-il. C’est seulement là qu’on a vu que ce projet était super bon.»

L’album est en vente sur les plateformes numériques, tandis que des copies physiques sont disponibles chez Ivonick Desbiens.

Fruit d’une collaboration étalée sur six mois, il constitue un joli pied de nez au coronavirus, tout en montrant que jouer de la musique rock, c’est comme faire du vélo. Ça ne se perd pas.

Fiers de leur quatrième enregistrement, les gars voient même la possibilité de surfer sur cette vague. «Ce qu’on trouve le plus tripant, aujourd’hui, c’est qu’on a bâti de quoi de très bon, pas juste une affaire pas pire, énonce Steve Lessard. C’est pour cette raison qu’on veut faire de quoi à partir de ces chansons, tout en s’assurant que ça reste pour le fun. Pour montrer que de la vingtaine à la cinquantaine, musicalement, on est restés dedans.»