Voici l’un des tableaux de Rablais que les visiteurs pourront admirer à compter de vendredi, au Pavillon des croisières internationales de La Baie. Il fait partie de son exposition intitulée Immensité du Fjord.

Le retour improbable de Rablais

Un demi-siècle après la création de ses premières œuvres, l’artiste Rablais tiendra une exposition au Pavillon des croisières internationales de La Baie. Cet événement se déroulera du 22 février au 22 mars et réunira une trentaine de tableaux, dont plusieurs qui ont vu le jour dans les derniers mois. Compte tenu du lieu où ils seront accrochés, le fjord du Saguenay sera abondamment représenté.

« Il s’agit de mon thème favori, puisque je l’explore depuis une cinquantaine d’années. Comme on avait un chalet à Saint-Fulgence, j’ai produit de nombreuses vues du fjord captées à cet endroit. J’aime particulièrement les paysages à la brunante. Il n’y a pas un soir où on retrouve les mêmes couleurs », a raconté Rablais mardi, au cours d’une entrevue accordée au Quotidien.

Originaire de Saint-Félicien, vivant désormais à Jonquière, elle a montré le Saguenay sous toutes ses coutures au fil de sa longue carrière. Or, son approche est très méthodique, puisque chaque tableau est réalisé en trois étapes. « J’applique trois couches de couleurs en commençant par les plus claires. Dans certains cas, je fais des pointillés, alors que sur d’autres œuvres, j’opte pour des rubans. Tout dépend de l’effet que je veux obtenir », décrit l’artiste.

Ayant longtemps vécu sur les rives du Saguenay, Rablais apprécie les couleurs changeantes du paysage. Elles constituent l’une de ses sources d’inspiration, ce dont fait foi ces tableaux.

Une autre caractéristique tient à l’utilisation d’un fond noir, une pratique que privilégie Rablais depuis 30 ans. Elle ignorait que le grand Marc-Aurèle Fortin faisait la même chose, tout en reconnaissant qu’il existe une parenté entre certaines de leurs œuvres. « Le fond noir m’aide à mieux voir les contrastes », fait remarquer l’adepte de la peinture à l’huile.

Un autre maître, Angémil Ouellet, occupe une place spéciale dans son cœur. Il lui a enseigné à peindre à la spatule, mais ce n’est pas sa contribution la plus décisive, puisqu’elle est demeurée fidèle au pinceau. « C’est lui qui m’a permis de tenir ma première exposition il y a une trentaine d’années, à la galerie Le Collectionneur. Ça m’a donné confiance en moi, tout en facilitant mon entrée dans d’autres galeries, notamment à Québec et Montréal », indique la Jonquièroise.

Sa carrière fut longtemps florissante, mais après l’exposition en solo présentée il y a deux ans, au Centre des arts et de la culture de Chicoutimi, celle qui a pour nom Rachel Ouellet, à l’état civil, a eu le sentiment d’être arrivée au couchant. Elle travaillait dans l’ombre, apprenant à réduire ses attentes en matière de notoriété, jusqu’à l’arrivée de Catherine Villeneuve dans sa vie.

C’est cette femme qui l’a amenée sur Facebook, tout en planifiant la nouvelle exposition, Immensité du Fjord, avec la direction du Pavillon des croisières internationales. « C’est impressionnant, ce qu’elle a fait pour moi. Ça m’a aidée à reprendre confiance dans mes moyens, en plus de m’inciter à sortir mes choses. Je suis contente. C’est inespéré, ce qui m’arrive, et ça me donne le goût de peindre », se réjouit Rablais.

Précisons que le vernissage aura lieu vendredi, de 13 h 30 à 16 h, en présence de l’artiste. Le bâtiment sera ensuite accessible du lundi au vendredi, de 8 h 30 à 16 h 30.