Voici à quoi ressemblent les banderoles accrochées depuis la fin de décembre, à l’église Saint-Dominique de Jonquière.

Le retour des banderoles

CHRONIQUE / La vie est pleine de surprises. Lors d’une récente visite à l’église Saint-Dominique de Jonquière, où viennent de commencer les fêtes soulignant les 150 ans de la paroisse, j’avais été impressionné par les banderoles déployées depuis quelques semaines. Il y en a quatre, d’un blanc immaculé, et elles partent de la voûte pour former un « u » avant de s’accrocher au jubé.

On m’avait dit qu’une installation du même genre existait dans le passé, mais qu’elle avait été retirée pour une raison que personne, aujourd’hui, n’arrive à cerner. Ça m’a fait penser aux trésors architecturaux éliminés dans la foulée du concile Vatican II, notamment la chaire, le ciborium, le maître-autel et la sainte table. Autant de bêtises commises au nom du modernisme et de la démocratisation de l’Église. Des pertes irréparables.

Néanmoins, l’église a fière allure et l’exposition présentée depuis quelques jours témoigne de la riche histoire de la paroisse Saint-Dominique. Tant de gens l’ont aimée et l’aiment encore, l’un d’eux étant Rosaire Audet. Lors d’une conversation téléphonique, cet homme maintenant âgé de 90 ans m’a révélé l’histoire des banderoles, auxquelles il est si attaché que c’est lui qui a initié leur retour.

« En 1997, moi et Roch Laroche, qui dirigeait le Choeur Amadeus, avons organisé un jeu de la Nativité à Saint-Dominique. Cinq soirs de suite, du lundi au vendredi, on pouvait voir des banderoles installées à cette occasion, ainsi qu’une crèche immense couvrant tout le choeur, pendant que la chorale chantait à partir du jubé, accompagnée par l’orgue. Simultanément, des comédiens évoquaient la naissance de Jésus », m’a raconté Rosaire Audet.

L’église était tout le temps pleine, mais ça n’a pas empêché le retrait des banderoles dans les mois qui ont suivi. Le Jonquiérois en fût si désolé qu’il a fourni les fonds nécessaires afin de les remplacer, une opération menée de concert avec Yvon Gilbert, Annie Savard, Serge Bouchard, Marie Tremblay, Diane Landry, Gaétan Proulx et Rachel Villeneuve. Larges de cinq pieds, les nouvelles banderoles ont été accrochées à la fin de décembre, puis ajustées en janvier.

« Elles sont plus souples que les anciennes et offrent un plus beau coup d’oeil. La première fois que je les ai vues, bien installées au coeur de la nef, j’ai ressenti une plénitude absolue. Ça fait plus chaleureux, je trouve. C’est à la fois chic et enveloppant », d’estimer Rosaire Audet.