Rosalie Vaillancourt découvre les régions du Québec à la faveur de sa première tournée, intitulée Enfant roi. Elle se pointera au Lac-Saint-Jean dans quelques jours, avant de se produire au Saguenay en avril.

Le Québec vu par Rosalie Vaillancourt

Depuis le début de la tournée Enfant roi, l’automne dernier, Rosalie Vaillancourt et son public apprennent à se connaître. Les spectateurs découvrent une jeune femme qui s’intéresse vraiment à leur réalité, au point d’engager un dialogue sur la vie en région, tandis que l’humoriste s’étonne de voir dans ses salles un grand nombre de personnes âgées de plus de 60 ans.

Il s’agit de son premier effort en solo, ce qui représente l’équivalent d’une carte de visite. Il s’ouvre sur un dessin animé parce qu’elle apprécie ce mode d’expression. Puis vient l’interaction avec les gens, une section improvisée qui peut s’étirer sur une vingtaine de minutes. Elle est particulièrement riche quand l’artiste originaire de Saint-Hyacinthe se trouve loin de la maison, dans des lieux souvent visités pour la première fois.

« Je demande aux spectateurs de quoi ils vivent, quel est le style de leur ville, les bars intéressants. C’est de la sociologie et je suis fascinée par les différences qui ressortent d’une région à l’autre. À Saint-Marc-sur-Richelieu et Joliette, par exemple, le public était âgé, au-delà de la soixantaine. À Montréal et Québec, par contre, il est dominé par les moins de 40 ans », a décrit Rosalie Vaillancourt à l’occasion d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

Ce qui l’amuse aussi, c’est de se produire dans des communautés où le nombre de spectacles d’humour est limité. Des gars qui auraient préféré entendre Peter MacLeod réalisent qu’à certains égards, la jeune femme ressemble au Beauceron. « Moi aussi, j’ai un côté vulgaire. La différence, c’est que je fais des blagues sur lui, mais pas sur les Chinois », lance-t-elle d’un ton enjoué.

Toujours au sujet de la vulgarité, le sexe constitue une source d’inspiration inépuisable. « Dans mon cas, c’est champ gauche et « bubbly », ce qui a l’avantage de dédramatiser les choses. Après avoir eu une enfance incroyable, je veux être « bubbly » pour le reste de ma vie », confie celle qui se produira au Lac-Saint-Jean du 20 au 22 février. Elle s’arrêtera à la Salle Michel-Côté d’Alma, à la Salle Desjardins-Maria-Chapdelaine de Dolbeau-Mistassini, puis à l’Auditorium Fernand-Bilodeau de Roberval.

Ce seront les premières escales de la tournée Enfant roi dans la région, la suivante étant prévue pour le 9 avril, au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi. De quoi d’autre sera-t-il question à cette occasion ? De son TDAH, source de bien des erreurs que l’humoriste à la mémoire vagabonde tourne à son avantage. Et aussi de son ami trisomique, le frère de sa meilleure copine. « Si c’est fait avec respect, délicatesse, on peut parler de n’importe quoi », affirme Rosalie Vaillancourt.

Il lui arrive également de chanter, mais pas plus que deux fois. « Je ne le fais pas super bien, mais ça fait avancer l’histoire, comme dans le segment où je dresse la liste de ce que je voudrais faire avant de mourir », précise-t-elle. Notons également qu’une énorme fleur se déploie sur la scène, tout au long du spectacle. Chaque fois que l’humoriste démontre qu’elle est une bonne personne, un pétale s’ouvre. Ainsi se manifeste son sens du merveilleux, au fil d’une tournée où elle a tout à prouver.

De fait, lorsqu’on lui demande si cette première production a généré de la pression, la jeune femme répond oui sans hésiter. On sent que le doute l’a envahie, sans toutefois l’étouffer. Que ferait-on de son humour champ gauche, assez cru tout de même, niché quelque part entre celui de MacLeod et des Denis Drolet ? Et ceux qui la connaissaient déjà, seraient-ils déçus ?

Le plus drôle est que pendant la période de rodage, elle a donné un spectacle à Laval, l’un de ses premiers. Jetant un oeil dans la salle, l’artiste s’était inquiétée en découvrant qu’elle renfermait plein de têtes grises. « Je me suis dit : « C’est atroce ! » Or, c’est la soirée dont je garde le meilleur souvenir. J’ai alors compris que c’était bien reçu », raconte Rosalie Vaillancourt.