Le Quatuor Saguenay a participé à l’enregistrement de trois pièces composées par le jazzman Gabriel Genest, qui en assurait la direction. La séance, étalée sur une journée, a eu lieu à la fin de janvier, à la salle Jacques-Clément du Conservatoire de musique de Saguenay.

Le Quatuor Saguenay se met au jazz

Un avant-midi à la salle Jacques-Clément du Conservatoire de musique de Saguenay. Les membres du Quatuor Saguenay, dont la nouvelle violoniste Marie Bégin, sont regroupés autour d’un bouquet de micros. Devant eux, assis derrière une table, des écouteurs sur les oreilles, le jazzman Gabriel Genest et l’homme responsable de la prise de son, André Tremblay, écoutent autant les sons joués « live » que ceux qui émanent de la quincaillerie.

Cette séance d’enregistrement, qui a pris toute la journée, avait pour but de ficeler l’enregistrement de trois pièces créées par le Gabriel Genest Quintet. Elles seront intégrées à trois EP mis en marché entre la fin de mars et le début de l’automne. Chacun d’eux comportera trois oeuvres, et à la fin de l’exercice, un album physique rassemblera tout ce matériel. Ce sera le premier que lancera la formation, qui a vu le jour l’an dernier, à Montréal.

Puisque le groupe a déjà fait ses pistes, il manque juste la contribution du Quatuor Saguenay pour fermer les livres. Précisons que c’est une femme originaire de la région, Mathilde Lemieux, qui doit procéder au mixage. Elle est en voie de compléter une maîtrise à l’Université McGill, sa spécialité étant le « sound recording », comme on dit là-bas.

Dans la salle, où l’atmosphère est tantôt relax, tantôt studieuse, l’une des compositions prend forme à la manière d’une courtepointe, un morceau à la fois. L’oeil sur la partition, les musiciens tissent une trame touffue aux accents modernes. « C’en est une bonne, lance Gabriel Genest en souriant. On en fait une dernière pour la chance. »

Passant à la page suivante, le voici qui fredonne pendant que le quatuor fait connaissance avec un air empreint d’une certaine gravité. « Un peu plus d’attaque dans le deuxième temps », demande-t-il. Quatre ou cinq reprises plus tard, la première pièce est mise en boîte. Il en restera deux à produire au retour de la pause du midi.

« Le ton juste »

C’est pendant ses études en musique au Collège d’Alma que Gabriel Genest a côtoyé pour la première fois les membres du Quatuor Saguenay. Il a assuré une première partie pour eux dans le cadre du Festival jazz et blues de Saguenay, en compagnie de son groupe de l’époque. « Ils avaient accepté qu’un blanc-bec fasse de la musique avec eux », a décrit l’Almatois au cours d’une entrevue accordée au Progrès.

Désormais inscrit à McGill, d’où provient son nouveau quintet, il s’est mis à composer des pièces favorisant le métissage du jazz et du classique. « Je m’intéresse beaucoup à cette approche qui est devenue plus courante lorsque le jazz est entré à l’université. Le problème est que souvent, les cordes forment seulement un bruit de fond. Or, dans le cadre de mon projet, le Quatuor Saguenay représente l’équivalent d’un soliste », énonce le musicien, un adepte du saxophone.

À la faveur d’une deuxième entrevue réalisée après son retour dans la métropole, Gabriel Genest a vanté le travail accompli par ses partenaires. « Il s’agissait d’un défi pour eux, compte tenu des contraintes de temps et d’argent avec lesquelles il fallait composer. En plus, ils devaient jouer tout en entendant ce qui provenait des écouteurs, mais les membres du quatuor ont été efficaces. Ils ont travaillé fort, et en se parlant, on a trouvé le ton juste », se réjouit le jazzman.

Il ne reste plus qu’à modeler les enregistrements, du moins la première fournée. Pour suivre l’évolution du projet, les amateurs sont invités à fréquenter la page Facebook que Gabriel Genest achève de structurer, à l’adresse https ://www.facebook.com/GabrielGenestQuintet/. Il prévoit aussi donner des spectacles afin d’appuyer l’album. L’un de ses voeux les plus chers consiste à revenir au Festival jazz et blues de Saguenay. Il est trop tôt, cependant, pour annoncer quoi que ce soit à ce sujet.

Gabriel Genest échange avec le violoncelliste du Quatuor Saguenay, David Ellis, avant de poursuivre l’enregistrement de l’une de ses compositions.