Le Quatuor Saguenay présentera un concert avec deux musiciennes invitées, mardi, au Conservatoire de musique du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Le programme comprend Souvenir de Florence, de Tchaikovsky, ainsi que La nuit transfigurée, une oeuvre de Schoenberg.

Le Quatuor Saguenay et La nuit transfigurée

Un bonbon et une oeuvre moins familière, quoique stimulante pour les interprètes et pour le public. Telle est la formule préconisée par le Quatuor Saguenay cet automne, à l’occasion de sa série consacrée à la musique de chambre. Elle sera de nouveau à l’honneur le 26 novembre, au cours des concerts tenus à 17 h et 20 h, à la Salle Jacques-Clément du Conservatoire de musique du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Le programme comprend Souvenir de Florence, de Tchaikovsky, ainsi qu’une composition de Schoenberg intitulée Verklärte Nacht.

Traduite en français, elle a pour nom La nuit transfigurée, ce qui est également le titre du concert auquel participeront la violoncelliste Chloé Dominguez et l’altiste Jutta Puchhammer-Sédillot. Pour la petite histoire, notons que la première, qui effectuera ses débuts avec le quatuor, est la conjointe du chef de l’Orchestre symphonique du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Jean-Michel Malouf. « C’est sa faute à lui, lance en riant la violoniste Nathalie Camus, lors d’une entrevue accordée au Progrès. En fait, nous connaissons Chloé depuis qu’elle a donné des cours de violoncelle au Camp musical du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Au plan musical, elle est ouverte à plein de styles. »

Quant aux liens avec Jutta Puchhammer-Sédillot, ils remontent à l’époque où les membres du quatuor, alors associé à Alcan, donnaient des classes de maîtres à leurs étudiants de l’Université de Montréal. « Nous l’avons fait pendant sept ans et simultanément, nous avons beaucoup joué en compagnie de Jutta qui, tout comme Shoenberg, est originaire de Vienne, indique la violoniste. Elle et Chloé arriveront au Saguenay samedi et nous passerons quatre jours ensemble, à fonctionner comme un sextuor. C’est toujours un ‘‘thrill’’ parce qu’on aura l’impression d’accueillir de la visite. On va travailler ensemble, manger ensemble. Ce sera comme un camp intensif. »

Une première source de plaisir, côté musique, viendra de Souvenir de Florence. Ce titre a souvent été abordé par le quatuor, bien qu’il soit écrit pour six musiciens. Il découle de l’amour du compositeur pour l’Italie, tout en laissant filtrer un peu de l’âme russe. « Il s’agit d’un gros morceau de bonbon. On y trouve de belles mélodies aux accents slaves et comme c’est Tchaikovsky, on imagine des scènes tirées d’un ballet, un pas de deux. La différence pour nous est que le fait de jouer cette pièce en sextuor ajoutera de l’énergie », estime Nathalie Camus.

Le Schoenberg, lui, est un tout autre animal, mais il ne faut pas craindre une morsure. La nuit transfigurée a été écrite en 1899, en effet, bien avant les aventures du Viennois au pays de la dodécaphonie. L’inspiration est venue d’un poème de Richard Dehmel évoquant une promenade au clair de lune, celle d’un couple amoureux. « La femme doit dire à son conjoint qu’elle est enceinte d’un autre homme. Il lui pardonne et c’est ainsi que la nuit est transfigurée. Le ton est romantique et aussi poétique. C’était avant que Schoenberg ne devienne plus ‘‘flyé’’. Avant, il était proche de la musique de Brahms et Wagner », rappelle la violoniste.

Ce programme sera le dernier auquel participera le Quatuor Saguenay cette année. Il reprendra sa série du mardi, au conservatoire, avec un programme proposé le 25 février. Ce sera l’occasion de rendre hommage au luthier français J.B. Vuillaume en jouant sur des instruments portant sa griffe. Puis viendra la double célébration, celle des 30 ans du quatuor et du 250e anniversaire de naissance de Beethoven. Ces deux événements seront mis en relief le 7 avril, via l’interprétation de l’un des quatuors du maître allemand, lequel sera jumelé à une création québécoise.