Vendredi soir, le public de l'Hôtel Chicoutimi s'est laissé porter au son de la voix de Susie Arioli dans le cadre du Festival jazz et blues de Saguenay.

Le public bercé par Susie Arioli

Une voix chaude, douce, réconfortante et une bonne dose d'humour. Pendant près de deux heures, les quelque 260 personnes réunies à l'Hôtel Chicoutimi dans le cadre du Festival jazz et blues de Saguenay vendredi soir ont oublié tout ce qui se passait à l'extérieur de la salle pour se laisser porter par la voix de Susie Arioli.
L'artiste est apparue sur scène détendue, visiblement prête à passer un bon moment avec le public de la région.
Une formule octette incluant une section de cuivres avait été annoncée dans la programmation. C'est plutôt avec quatre musiciens (guitare, piano, contrebasse, batterie) que l'auteure-compositrice-interprète s'est présentée sur scène.
L'artiste a entraîné le public avec elle, parfois avec douceur, d'autres fois avec énergie, à travers les classiques jazz et ses propres compositions. Après sept albums, Susie Arioli a fait le saut en proposant ses propres compositions pour une première fois sur Spring, son dernier opus paru à l'automne 2015. L'album qui compte quatre titres de son cru lui a d'ailleurs valu le Félix de l'Album de l'année - Jazz au dernier Gala de l'ADISQ.
En début de soirée, elle a notamment livré Mean to Me et I'm the Caring Kind les yeux fermés à quelques reprises pour en apprécier la musique.
Les musiciens ont d'ailleurs récolté quelques applaudissements sentis au fil de la soirée.
Susie Arioli a chanté l'amour, mais rarement l'amour heureux. « Je suis ici pour chanter la vérité », a-t-elle affirmé en rigolant, allant jusqu'à parler de « l'amour qui pue » à quelques reprises.
« Ça parle d'une rupture en amour, mais pas d'une rupture qui fait mal. Il fallait que je l'écrive moi-même », a-t-elle affirmé avant de présenter Loverboy, une de ses compositions.
Tout au long de la soirée, elle a fait cohabiter jazz et humour sur la scène, s'adressant à son public dans un mélange d'anglais et de français. La personnalité de l'artiste teinte grandement le spectacle.
Elle a fait quelques pas de twist sur Me, Myself and I. « C'est une chanson que ma mère chantait quand elle était de bonne humeur », a-t-elle expliqué.
Elle s'est aussi amusée avec le public en offrant Je bois de Boris Vian.
Susie Arioli s'est laissée aller dans l'interprétation de Can't Say No, qu'elle a elle-même écrit, avant d'enchaîner avec une autre de ses créations, la pièce titre de l'album Spring.
Le public a semblé particulièrement apprécier les pièces rythmées notamment l'énergique pièce swing After You're Gone. La « bluesée » Those Lonely, Lonely Nights a aussi récolté des applaudissements nourris.
La prestation a plu au public qui s'est levé en fin de spectacle pour manifester son appréciation. L'artiste est ses musiciens sont réapparus sur scène pour offrir Nuages, mais heure de tombée oblige, Le Progrès a dû quitter la salle avant d'entendre la suite.
« Moi, je tripe sur le jazz, parce que c'est un langage universel », avait affirmé Susie Arioliplus tôt soirée. Si l'on se fie à la réaction du public vendredi, on tend à lui donner raison.