Marie-Elaine Riou, directrice générale de REGARD, a annoncé l’annulation du festival jeudi après-midi. Elle était entourée de Sophie Beauparlant, présidente du CA, et de Stéphane Bédard, membre du CA de REGARD, pour l’occasion.

Le pire des scénarios pour REGARD

Le pire des scénarios s’est concrétisé pour l’équipe de REGARD. La 24e édition du festival a été annulée après une seule journée d’activités, au moment même où les invités arrivaient en masse et que les dépenses liées à l’événement sont engagées.

La Ville et la direction du festival ont pris la décision de mettre fin à l’événement jeudi, se conformant ainsi à la directive émise par le premier ministre du Québec qui consiste à annuler toute activité intérieure susceptible de réunir plus de 250 personnes en raison des risques liés au coronavirus.

Mercredi soir, plus de 700 personnes ont assisté à la projection 100 % Régions présentée au Théâtre Banque Nationale. Le lancement de la compétition officielle réunissant des centaines de personnes devait avoir lieu jeudi soir, à la Salle François-Brassard de Jonquière.

« On n’avait aucune autre option que de tout annuler », a affirmé Marie-Elaine Riou, directrice générale de REGARD, lors d’un point de presse tenu à l’hôtel de ville de Saguenay en après-midi jeudi. « On ne réalise pas encore ce qui est en train de se passer. Annuler avant l’événement, ça n’aurait pas été facile, mais là, pendant le festival, c’est vraiment difficile. C’est vraiment le pire scénario qui pouvait arriver. C’est indescriptible ce que ça veut dire. On savait que ça pouvait évoluer rapidement, mais pas de cette façon. »

Marie-Elaine Riou estime que son équipe et elle ont tout fait afin d’éviter pareil scénario.

« On a été en dialogue avec la santé publique, les députés, les conseillers municipaux, afin de s’assurer qu’on pouvait tenir l’événement. Tout le monde suivait la situation de près, même si le festival était commencé. »

Impossible pour l’instant de chiffrer les pertes engendrées par la situation pour l’organisation qui célébrera son 25e anniversaire l’an prochain. La directrice générale espère pouvoir bénéficier de support afin d’assumer les pertes encourues.

« Pour l’instant, on est en gestion de crise. La priorité, c’était bien entendu les festivaliers et la sécurité. On a des invités d’arrivés, des gens sont sur la route et doivent rebrousser chemin. Ensuite, nous pourrons voir ce qui arrive avec les frais encourus. C’est assez phénoménal ce que ça implique étant donné qu’on n’annule pas avant, mais pendant l’événement. Il va falloir regarder la question financière sérieusement. Heureusement, on sent un support. Ce n’est pas uniquement le festival de l’équipe et du CA. C’est le festival des citoyens de Saguenay et de dizaines et de dizaines de partenaires. Les festivaliers sont très déçus et les partenaires aussi. C’est très touchant, a souligné la directrice générale avec émotions. J’ose croire que ça va juste renforcer l’histoire du festival et qu’à la 25e édition, on sera plus fort de cette expérience-là. »

La directrice générale souligne que des centaines de personnes sont touchées de près par la situation.

« Au moins 600 personnes, cinéastes, bénévoles, partenaires et compagnie sont touchés de près par l’annulation du festival. Environ 500 personnes venaient de l’extérieur, elles avaient prévu leur séjour, leurs déplacements. Les retombées, je ne les ai même pas calculées tellement c’est gros. Il y a aussi un impact pour le monde du court métrage que je ne peux évaluer puisque c’est majeur. On parle de 200 films qui ont été choisis. Le festival joue un rôle dans le circuit de ces films-là. J’espère qu’ils auront la chance d’atteindre leur public. »

Quant aux détenteurs de passeports et de billets, ils seront remboursés. Les festivaliers n’ont pas à entreprendre de démarches, ils seront contactés.