Michel-Olivier Gasse et Chantal Archambault sont fiers de leur nouvelle création, un album et un recueil de poèmes coiffés du titre Ceci est une espèce aimée. La version scénique sera présentée le 24 janvier, à 20h 30, au Côté-Cour de Jonquière.
Michel-Olivier Gasse et Chantal Archambault sont fiers de leur nouvelle création, un album et un recueil de poèmes coiffés du titre Ceci est une espèce aimée. La version scénique sera présentée le 24 janvier, à 20h 30, au Côté-Cour de Jonquière.

Le petit nouveau de Saratoga, l'album qui fait du bien

Le seul défaut de Ceci est une espèce aimée, un recueil de poèmes accompagnant un album de nouvelles chansons signées Saratoga, c’est qu’il est sorti en décembre. Les disques de Noël prenaient toute la place, y compris dans les rubriques culturelles. L’atmosphère était fébrile pour cause de magasinage et de partys en chantier, ce qui ne laissait guère d’espace pour l’un des plus beaux enregistrements de la saison.

« Par rapport à Fleur, notre premier album, on a senti un changement en ce qui touche les médias. Il y a eu moins d’entrevues, pas de mention dans les revues de l’année, peut-être parce que le livre et le CD sont sortis un peu tard. Il faut dire que nous-mêmes, on a gardé un profil bas sur Internet. On a lancé ces créations et on laisse aller les choses », a raconté l’un des membres du duo, Michel-Olivier Gasse, au cours d’une entrevue téléphonique accordée au Quotidien.

Lui aussi trouve que Ceci est une espèce aimée possède de belles qualités et ce n’est pas une ligne de politicien. Les chansons conçues et mises en boîte avec sa conjointe Chantal Archambault ont tout pour s’inscrire dans la durée, une perspective qui lui sourit. « C’est le vœu qu’on fait, que cet enregistrement soit intemporel et si on peut faire baisser un peu le rythme cardiaque, ce sera parfait. Le projet de base, c’était d’aider les gens à devenir plus relax », énonce le musicien d’un ton amusé.

Ce que laissent voir les chansons, c’est un couple dont la vie se déploie de la manière la plus simple, la plus naturelle qui soit. Deux âmes et deux corps au diapason, auxquels s’est ajouté un enfant dans un passé encore récent. Le duo partage ses émerveillements, en même temps que ses questionnements, sans imposer à quiconque sa vision du monde.

« Plusieurs facettes de notre vie à deux se profilent sur le CD. Nous parlons de l’amour comme d’une ouverture en traçant un parallèle entre notre enfant et le regard porté sur les autres. Lui, on l’aime de façon inconditionnelle, même si on ne le connaît pas vraiment, alors que notre regard sur l’autre est différent, moins ouvert », constate Michel-Olivier Gasse.

Il croit qu’à une époque où pullulent les messages négatifs, ce n’est pas un mauvais plan que de chercher à devenir une bonne personne, une vision que reflètent les arrangements concoctés par le réalisateur Guillaume Bourque. Leur côté soirée au coin du feu, chaleureux, intimiste, est rehaussé par l’ajout d’instruments comme le violon (Fanny Fresard), la harpe (Évelyne Grégoire-Rousseau), la flûte (Marylène Provencher) et le thérémine (Aleks Schürmer).

« Nous avons eu un plaisir fou en travaillant avec ces gens », rapporte le chanteur et guitariste. Pourtant, lui et Chantal Archambault se sont interrogés avant de produire le deuxième album de Saratoga. Pourquoi faire un CD de nos jours, alors que ce véhicule a du plomb dans l’aile ? Une partie de la réponse tient au fait que le public du groupe apprécie toujours ce support. Il restait à voir de quelle manière on pourrait pousser l’expérience un peu plus loin.

« C’est pour cette raison que nous avons choisi d’habiller le nouvel enregistrement, de créer un objet qui élargirait le spectre des thèmes couverts par les chansons. Des fois, par exemple, on écrit un poème dont une ligne sert à construire une mélodie. Le recueil renferme également des textes qui ont été écrits après les séances d’enregistrement. C’est un amalgame de plein d’affaires », décrit Michel-Olivier Gasse.

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SARATOGA AU CÔTÉ-COUR VENDREDI

La tournée découlant de l’album Ceci est une espèce aimée s’arrêtera au Côté-Cour de Jonquière, le 24 janvier, à 20 h 30. Il s’agira de la première escale au Saguenay–Lac-Saint-Jean et du huitième spectacle présenté depuis la fin de novembre. Michel-Olivier Gasse et Chantal Archambault seront seuls sur la scène afin de défendre leurs nouvelles compositions, eux qui reviennent d’une pause coïncidant avec la naissance de leur enfant.

C’est un lieu que connaît bien la formation, puisqu’elle y a joué en deux occasions. Son caractère intimiste se mariera bien aux chansons. Il manquerait juste un foyer pour créer l’illusion qu’on se trouve dans la maison du couple, là où les textes ont vu le jour à l’hiver 2019. « On vit à la campagne, là où les loisirs ne se pitchent pas dans la porte. L’atmosphère est conséquente », lance le musicien avec humour.

Les chansons ont été conçues pour deux voix et c’est ainsi que les interpréteront les membres de Saratoga. Après une période de rodage en septembre, moment où le duo a séjourné en Europe, elles ont pris une forme plus aboutie, sans toutefois qu’elle soit définitive. « Même s’il faut partir sur une base, un spectacle reste un organisme vivant, fait observer Michel-Olivier Gasse. C’est pour ça qu’on ajoute encore des affaires. Parce qu’on doit préserver la fraîcheur, éviter de se répéter, surtout quand on tourne à deux. »

Une autre façon de combattre la routine consiste à s’accorder une marge de manœuvre au plan musical. Elle à la guitare, lui à la contrebasse, ils ont jugé opportun de se laisser des plages d’improvisation plus grandes qu’au cours de la tournée précédente, celle de l’album Fleur. « Sans se prendre pour des solistes, on s’est donné plus d’air », relate Michel-Olivier Gasse.

On entend d’autres instruments sur le nouvel enregistrement, mais le seul luxe que s’est offert le duo, cette fois-ci, tient à la présence d’un technicien de son. « Ça ajoute une touche de finesse aux arrangements », se réjouit le musicien. Technicien ou pas, cependant, le fait de proposer des pièces folk dans un cadre intimiste comporte son lot de défis.

« Une amie musicienne a été fascinée par ce spectacle parce que nous jouons sans filet. Puisqu’il y a peu de notes à l’intérieur de nos compositions, nous devons travailler d’arrache-pied pour rester sur la track. Si j’ai le malheur de tousser, de me racler la gorge, ça va paraître », fait remarquer Michel-Olivier Gasse. 

La première partie sera assurée par Maude Audet, en solo. Elle en profitera pour présenter ses nouvelles pièces tirées de l’album Tu ne mourras pas, qui sortira le 7 février.