Les comédiens du Théâtre 100 Masques ont livré une excellente performance, mercredi soir, à La Pulperie de Chicoutimi.

Le père Noël est une ordure, même l’été

CRITIQUE / Le Théâtre 100 Masques signe sa troisième production estivale à La Pulperie de Chicoutimi avec Le père Noël est une ordure, une pièce adaptée du texte français de 1979. Malgré un excellent jeu de la part des acteurs et une originalité linguistique indéniable, la pièce de Dario Larouche tombe parfois dans l’humour facile et peine à justifier l’exploitation du thème de Noël en plein été.

Le père Noël est une ordure raconte les mésaventures de Pierre Mortez et de Thérèse, deux bénévoles pour l’organisme anti-suicide SOS Détresse Amitié, alors qu’ils reçoivent les visites de plusieurs personnages loufoques, en pleine veille de Noël.

Si le dialogue est souvent redondant, le texte bénéficie en revanche de variantes linguistiques intéressantes, parfaitement maîtrisées par les acteurs. L’accent parfois français, parfois québécois de Pierre Mortez (Patrick Simard), le ton constamment blasé de Thérèse (Mélanie Potvin) et le zozotement de Josette (Florence Boudreault) sont des façons intéressantes d’aborder des personnages qui pourraient autrement paraître clichés.

Bien que le terme « déjanté » soit souvent utilisé lorsque l’on réfère au scénario, les habitués de théâtre et de cinéma d’auteur ne trouveront pas nécessairement leur compte en assistant à la production, qui utilise plutôt la vulgarité comme vecteur humoristique. Les quelques blagues à saveur homophobe ont mal vieilli et auraient eu intérêt à laisser leur place à l’humour noir, qui, lors des rares moments où il a été exploité, a semblé réveiller les spectateurs.

L’utilisation de l’insulte « pédale » a créé un léger malaise dans la salle, tout comme le verbe « fourrer », hurlé par Josette, un terme qui a fait chuchoter quelques membres du public.

Ce type de blagues aurait peut-être gagné à être apporté avec plus de délicatesse.

Le clou du spectacle est sans doute l’éclatant M. Preskovitch (Jonathan Boies), le voisin bulgare, qui vole la vedette à Pierre Mortez à l’aide de ses immondes truffes au chocolat, sa liqueur d’échalote au crapaud et son tremblement nerveux constant. Sa présence apporte un vent de fraîcheur à la pièce en l’éloignant de la thématique de Noël, qu’on ne réussit pas à s’expliquer à ce temps-ci de l’année, d’autant plus que l’excellent Félix (Pierre Tremblay), le père Noël, influence très peu le dénouement du récit.

L’adaptation de Dario Larouche bénéficierait assurément d’un autre contexte de présentation. Néanmoins, il peut compter sur une troupe énergique et extrêmement talentueuse, qui habite la scène avec brio et qu’on aimerait voir jouer un scénario à la hauteur de son talent.

Le père Noël est une ordure est présentée du 16 juillet au 21 août, les mardis et mercredis, à 20 h, au Jardin des vestiges de La Pulperie de Chicoutimi.