Cette installation de Karine Locatelli, intitulée Mer, montre à quoi ressemble son atelier lorsqu’elle revient d’une expédition dans le Nord québécois.

Le Nord vu par Karine Locatelli

Bien qu’elle soit présentée entre quatre murs, l’exposition Aperçu de l’invisible Nord, créée par Karine Locatelli, évoque de manière étonnamment convaincante le charme rugueux du paysage boréal. Des dessins surdimensionnés, des pierres rondes disposées sur le plancher, couvertes de photographies imprimées sur des pièces de coton, suffisent pour se sentir ailleurs, dans cette partie du Québec dont l’âme nous est si étrangère.

L’aménagement de l’espace compte pour beaucoup dans cette création d’atmosphère. Les oeuvres sont isolées les unes des autres. Il faut faire quelques pas pour découvrir la suivante, un effort minimal qui fait écho à celui que déploient les randonneurs, explorateurs, observateurs en tous genres qui arpentent les lieux les plus sauvages de cette province aux airs de continent.

Le caractère rugueux des grands espaces ressort sur cet immense dessin produit par l’artiste Karine Locatelli. Il a pour titre Lichens sur rocher.

« Karine Locatelli, qui a complété sa maîtrise en art à l’UQAC, est inspirée par la rudesse du paysage. Elle effectue plein d’excursions en Gaspésie et sur la Côte-Nord, tellement que c’est devenu partie intégrante de son mode de vie. Elle réalise des croquis, prend des photographies, avant de préparer ses expositions », raconte Camille Brisson, médiatrice culturelle au centre d’artistes Langage Plus d’Alma.

C’est là qu’on peut voir Aperçu de l’invisible Nord, jusqu’au 22 mars. Il s’agit de sa première association avec Langage Plus et pour avoir une idée de sa manière de travailler, il suffit de se diriger à droite, là où sont disposées les composantes de Mer, une installation réalisée cette année. Née à la suite d’une sortie en voilier, elle permet aux gens de s’imaginer dans son atelier situé sur la Côte-Nord.

Détail de Lichens sur rocher, qui comporte des éléments de broderie.

Il y a un encrier, une plume, des dessins tracés sur de la toile de coton brut. « Leur forme ronde fait penser à des hublots », note Camille Brisson. Plus loin, couvrant la plus grande partie d’un mur, l’artiste propose de se perdre à l’intérieur d’un dessin à la fois immense et dépouillé : Lichens sur rocher. L’effet d’enveloppement est plus grand si on l’observe de près. Ainsi peut-on remarquer une petite section brodée de fil vert, une rare trace de couleur à l’intérieur de la salle d’exposition.

« Karine Locatelli est beaucoup dans la répétition du geste, d’où son goût pour les formats surdimensionnés, mentionne Camille Brisson. Par conséquent, son exposition engage un dialogue intéressant avec celle de Nathalie Lavoie, consacrée au projet Forêt-école. » Rappelons que l’accès aux salles est gratuit et que la galerie almatoise est ouverte du mardi au samedi, de midi à 16 h 30, ainsi que le dimanche, de 13 h à 16 h.

L’aménagement de la salle d’exposition confiée aux bons soins de Karine Locatelli, jusqu’au 22 mars, recrée l’atmosphère que dégagent les grands espaces.