Le Britishow effectuera une première escale au Saguenay–Lac-Saint-Jean le 6 avril, alors que ce spectacle, qui met en vedette les voix de Yvan Pedneault, Jérôme Couture, Renée Wilkin et Pascal Dufour, sera présenté au Théâtre du Palais municipal de La Baie.

Le meilleur de la pop anglaise

Ce sera aux premiers jours d’avril, aurait pu chanter Bécaud. Le 6, pour être précis. Jérôme Couture, de Jonquière, Yvan Pedneault, Renée Wilkin et Pascal Dufour se présenteront au Théâtre du Palais municipal de La Baie en compagnie de quatre musiciens, à l’occasion de la première incursion du Britishow au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Ce spectacle offre une version large de la nostalgie, en ce sens qu’on y explore 50 ans de répertoire « made in England ». Si votre univers mental est resté bloqué en 1970, année de la rupture des Beatles, vous aurez l’occasion d’entendre des succès des Kinks, de Tom Jones et plusieurs autres icônes de votre décennie préférée, mais si vous préférez le punk, le new wave ou la période glorieuse de la Britpop, vous faites également partie du public cible.

L’architecte de cette revue musicale, l’animateur Mike Gauthier, a bien sûr deviné que l’interprétation des pièces dans un ordre chronologique constituait une fausse bonne idée. Craignant que les fans de telle ou telle période ne bayent aux corneilles pendant la partie de la soirée où il n’en sera pas question, il a cerné d’autres catégories qui permettent de faire des sauts de puce dans le temps, sinon dans l’espace.

« J’ai créé des medleys consacrés à des villes comme Manchester et Birmingham, ce qui me permet de couvrir plusieurs époques en même temps. De cette manière, si quelqu’un a des réserves à propos de telle ou telle chanson, il sait que ça ne durera pas longtemps », a-t-il mentionné il y a quelques jours, lors d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

Une autre astuce a été de regrouper des succès composés par des artistes qui, à la suite d’un parcours fructueux au sein d’un groupe, ont prospéré en solo. On pense à Sir Paul pendant et après les Beatles, mais aussi à Phil Collins avec et sans Genesis, ainsi que Sting et The Police. Toujours pour favoriser le mélange des genres, un segment est centré sur le studio Abbey Road, à travers l’oeuvre du Fab Four, de Pink Floyd, Donovan et Radiohead.

L’essentiel du spectacle est formé de medleys, ce qui a permis de caser de 110 à 120 extraits, en plus de quelques chansons livrées dans leur entièreté, ou presque. « Tout le monde a fait des miracles pour interpréter autant de pièces, et je trouvais important que les musiciens soient live. La création de cette revue a nécessité un an de travail acharné », fait observer Mike Gauthier.

La récompense est venue dès les premières sorties, en juillet. On a vu que le Britishow chatouillait la fibre nostalgique des personnes qui ont connu les années 1960, 1970 et 1980, ce qui n’empêche pas les moins de 30 ans d’y trouver leur compte. Pas étonnant que d’autres marchés que le Québec affichent un intérêt pour ce spectacle.

L’Anglais Tony Moore, par exemple, affirme qu’il est taillé sur mesure pour les touristes qui visitent l’Angleterre à la recherche de leurs racines musicales. « Cet homme, qui a été associé aux débuts du groupe Iron Maiden, gère des salles où des hommages sont à l’affiche. C’est sûr qu’on rêve de ce genre de chose, mais avant d’avoir des nouvelles positives à communiquer, ça va prendre six ou sept mois », laisse entendre Mike Gauthier.

Jérôme Couture: un peu en solo

Si Anglais soit-il dans son essence, le Britishow possède une saveur régionale grâce à Jérôme Couture et Philippe Berghella. Ils occupent la même chaise en alternance, ce qui permet au premier de poursuivre sa carrière en solo, tout en savourant son retour dans une production qui, à bien des égards, lui rappelle ses années au sein de la troupe Québec Issime.

«Ce n’était pas prévu, mais ça me faisait triper de retrouver mon côté interprète. Ça représente un défi vocal d’autant plus intéressant que moi et Philippe, on assume le même mandat. En le faisant, j’ai aussi réalisé que j’avais peu abordé le répertoire anglais au fil de ma carrière, sauf pour du Phil Collins et pour le Brown Eyed Girl de Van Morrison», a confié le jeune homme au représentant du Progrès.

Le voici donc qui fait un Tom Jones de lui-même, qui reprend Under Pressure en compagnie de Yvan Pedneault et se moule au rock classique d’Oasis, tout en s’autorisant un plaisir coupable en entonnant Together Forever, le succès de Rick Astley. «Je modifie ma voix pour y arriver, et ce n’est pas une caricature. Ça m’apparaît plutôt comme un clin d’oeil», précise le chanteur.

Une autre source de contentement tient à la participation de Pascal Dufour des Respectables, l’un de ses groupes préférés. Quant à son intégration, officialisée à partir du troisième spectacle, elle a eu lieu sans coup férir, ce que confirme Mike Gauthier. «On a pris Jérôme pour son côté pop, entre autres, et il est sur la coche», assure l’idéateur du Britishow.

Projet d’album

Quant à sa carrière en solo, Jérôme Couture donnera une quinzaine de spectacles d’ici à la fin de 2018. Il se pourrait également qu’un nouvel album soit commercialisé dans les prochains mois. «C’est ce que je souhaite parce que j’écris tout le temps, notamment avec mon mentor, Marc Dupré. Il y a du matériel qui s’accumule», souligne le chanteur dont le dernier opus, Gagner sa place, remonte à 2016. Daniel Côté