Tous deux pianistes, Jacinthe Couture et Nicolas Ellis préparent dans la bonne humeur le concert qu’ils présenteront vendredi, au Camp musical du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Le maître et l’élève réunis

Longtemps, leur relation fut celle du maître et de l’élève, balisée par d’innombrables répétitions tenues au Conservatoire de musique de Saguenay. Vendredi, par contre, ce sont deux collègues qui joueront ensemble dans la salle de concert du Camp musical du Saguenay-Lac-Saint-Jean, à compter de 19 h 30. Jacinthe Couture et Nicolas Ellis souligneront ainsi les 60 ans du Concours de musique du Canada, dont ils sont les ambassadeurs à l’échelle régionale.

Celle qui vient de prendre sa retraite en tant qu’enseignante, consacrant désormais ses énergies sur sa carrière de soliste, ouvrira la soirée en interprétant des pièces de Mozart, Debussy et Scriabine au piano. Son jeune camarade prendra le relais sur le même instrument, puis viendra la partie intrigante de ce rendez-vous, celle des duos.

Le programme réunira les interprètes sur un même clavier, alors qu’ils aborderont les Valses de Brahms. L’espace étant limité, il faut se partager le travail, déterminer qui jouera dans quelle section, un exercice délicat pour des gens qui ne vivent ce genre d’expérience qu’occasionnellement. C’est encore plus spécial lorsqu’on fait équipe avec une personne qui, il n’y a pas si longtemps, faisait figure de mentor.

« C’est sûr que je suis fébrile à l’idée de retrouver mon ancien professeur dans un esprit de collaboration, plutôt que dans le cadre d’une relation professeur-élève. Nous avons répété lundi et c’était l’fun de travailler ensemble. Ça tombe bien qu’on fasse les Valse parce que Jacinthe a une sonorité allemande. Son jeu est à la fois lyrique et riche », a commenté Nicolas Ellis mardi, lors d’une entrevue accordée au Quotidien.

Leur seconde collaboration se fera sur deux pianos, par le truchement du Concertino de Chostakovitch. Elle ramène le musicien à ses années d’apprentissage, quand son professeur assumait la partie d’orchestre sur son instrument afin de lui permettre de peaufiner son solo. « C’est pareil cette fois-ci. Je fais le solo, tandis que Jacinthe assume la partie d’orchestre. Elle livre ce qu’on appelle une réduction », précise l’interprète.

Lui dont la carrière de chef d’orchestre connaît une progression remarquable au Québec, de même qu’à l’extérieur, a moins de temps qu’avant pour s’adonner au piano. Il apprécie donc cette occasion d’y revenir, le temps d’un concert à Métabetchouan, et de célébrer l’anniversaire d’un concours qui lui a permis de vivre des expériences enrichissantes.

« Jacinthe a elle-même participé au Concours de musique du Canada et c’est elle qui m’a aidé à me préparer en 2010, alors que j’avais remporté la finale nationale au piano. Il y a d’autres éditions, par contre, où j’ai été éliminé dès l’étape des finales régionales. Je suis donc passé par toute la gamme des émotions », raconte Nicolas Ellis, qui voit dans cette compétition prestigieuse un défi stimulant pour un musicien en développement.