Marielle Couture, Fanny Lessard, James Partaik, Justine Valtier, Jessyca Allicie, Salma Abid et Ysé Raoux ont participé, mardi soir, au vernissage de la première d’une série de deux expositions présentées cette semaine, au centre d’artistes Le Lobe. Ces événements, auxquels se greffent d’autres activités, forment ce qu’on appelle Le micro-festival mobile.

Le Lobe accueille des étudiants en art de l’UQAC

C’était le calme avant la tempête, mardi avant-midi, au centre d’artistes Le Lobe. À quelques heures du vernissage de l’exposition Culte : Feu, Freud et autres rites, on pouvait voir deux œuvres réalisées par des étudiantes à la maîtrise en art de l’UQAC. Le petit espace qui devait accueillir une performance était désert, tout comme le présentoir dans lequel une jeune femme comptait se nicher pendant 15 minutes, de même que le local où une installation sonore sera déployée jusqu’à vendredi.

La directrice générale par intérim du Lobe, Justine Valtier, était juchée sur une échelle lorsque le représentant du journal a franchi le pas de la porte. Le temps de redescendre et elle décrivait à la fois les contours de l’exposition, qui se tiendra en deux temps, ainsi que l’événement dans lequel elle s’insère, baptisé Le micro-festival mobile. Il s’agit d’une première édition, fruit d’un partenariat avec l’université.

« Nous accueillons 13 étudiants à la maîtrise dont le cheminement académique se poursuivra l’an prochain. L’idée de tenir des expositions chez nous répond à leur désir, autant qu’à celui du professeur James Partaik, qui donne le cours de production en art, de sortir de l’institution afin de présenter leur travail dans un centre d’artistes. C’est une occasion pour eux de se professionnaliser, d’être soumis à d’autres genres de contraintes », a-t-elle expliqué.

Arrivé un peu plus tard, James Partaik a tracé un lien entre le titre de l’exposition et ce que vivront les étudiants dans un avenir rapproché. « Le titre évoque le passage du statut d’étudiant à celui d’artiste professionnel », fait-il observer. L’une des participantes, Marielle Couture, est heureuse de vivre cette expérience avec ses camarades, la deuxième de sa carrière. Sa création, qui se déploie sur le plancher et sur un mur de la salle d’exposition, a pour but de dénoncer le système des claims miniers.

Ces cartes présentant les lieux où se trouvent des claims miniers au Saguenay-Lac-Saint-Jean font partie de l’oeuvre conçue par Marielle Couture. On peut la voir jusqu’à 14h, aujourd’hui, au centre d’artistes Le Lobe.

« C’est une action de “reclaim”, résume en souriant la citoyenne de Sainte-Rose-du-Nord. Les visiteurs sont invités à choisir un territoire figurant sur les cartes de claims de la région alignées sur le mur. Ils n’ont qu’à prendre une boîte liée à la case en question, dans laquelle on retrouve des allumettes et un poème destiné à contrecarrer le pouvoir de domination que représente le claim. C’est ce que j’appelle un claim sorcier et en retour, je demande qu’on m’envoie une photo du site. »

Comme des pierres en suspension

Il reste peu de temps pour voir le travail de Marielle Couture, puisque l’exposition ouverte mardi soir prendra fin aujourd’hui, à 14 h (les portes du Lobe, situé au 114 rue Bossé, à Chicoutimi, ouvrent à 8 h 30). Tout aussi éphémère, l’installation réalisée par Salma Abid cessera d’égayer la salle à ce moment-là. Elle consiste en une accumulation de petites formes noires, un peu bosselées, semblables à des pierres. Suspendues au bout d’un fil, elles forment un ensemble portant le doux nom de Masses en masse.

« Mon intention était de produire une sorte de boule, tout en faisant allusion à une explosion. C’est une manière de faire ressortir la spiritualité de la roche », mentionne l’artiste originaire de l'Afrique du Nord. De son côté, Jessyca Allicie ne présentera sa performance qu’une fois, celle dans le cube transparent. « Comme ici, nous sommes en lien avec deux institutions, je souhaitais illustrer le fait qu’on peut se sentir “squeezé” », note la jeune femme.

Une autre qui s’est réservée pour le vernissage est Ysée Raoux. Elle a tourné trois vidéos qui ont été projetés sur une surface en matière textile derrière laquelle une autre étudiante, Lucille Jordan, exécutera des mouvements dans le but de communiquer avec les visiteurs. Vendredi à 20 h, ce sera l’inverse. Ysée Raoux se fera comédienne, le temps d’un solo mis en scène par Lucille Jordan : J’emporterai ta solitude. Pour le voir, il suffira de se rendre à la salle de répétition du Petit Théâtre de l’UQAC.

Ysé Raoux jouera dans une pièce mise en scène par Lucille Jordan, vendredi à 20 h, dans la salle de répétition du Petit Théâtre de l’UQAC. Cet événement, qui sera suivi par une improvisation musicale dirigée par Guillaume Tremblay, mettre un terme à la première édition du Micro-festival mobile.

Tout naturellement, ceci nous amène au deuxième vernissage tenu au Lobe, jeudi à 17 h. D’autres projets seront mis en relief, dont celui de Fanny Lessard, qui s’appelle Mémoire et résonnance. « C’est super intime. Je veux bercer les gens avec une chanson s’appuyant sur un souvenir d’enfance. Au moment où je le ferai, les visiteurs se trouveront devant deux vieilles fenêtres comprenant des moustiquaires », raconte l’étudiante.

Le même soir, à 18 h, il suffira de changer d’étage pour voir le court métrage réalisé par François Harvey. Il sera projeté dans les locaux du Centre d’expérimentation musicale, tandis que vendredi, le festival donnera lieu à deux autres activités. À midi 30, un film sera projeté à l’UQAC, au SCAN, histoire d’ouvrir la discussion entre des étudiants en science et en art. Toujours au SCAN, à 21 h, on pourra assister à une improvisation collective exécutée par les étudiants, sous la supervision du musicien Guillaume Tremblay.