Dany Côté vient de sortir un ouvrage qui l’a profondément remué, L’Ascension-de-Notre-Seigneur, 100 ans sous le signe de la détermination. Les recherches effectuées en amont l’ont en effet plongé au coeur de ses racines.

Le livre le plus personnel de l’auteur Dany Côté

De tous les livres portant sa signature, aucun n’a touché Dany Côté aussi profondément que L’Ascension-de-Notre-Seigneur, 100 ans sous le signe de la détermination. Totalisant 230 pages grand format, ainsi que 220 photographies, cet ouvrage destiné à souligner le centenaire de cette communauté jeannoise l’a en effet rapproché de ses racines.

« C’était spécial de travailler sur ce projet. Après avoir écrit un roman et plusieurs livres d’histoire s’appuyant sur une démarche scientifique, cette fois, j’ai raconté un peu de mon histoire, en même temps que celle des autres. Au fil de mes recherches, j’ai découvert tellement de choses sur mes ancêtres. J’ai tracé plein de liens avec d’autres familles », a commenté l’historien, il y a quelques jours, à l’occasion d’une entrevue accordée au Progrès.

Il donne l’exemple de son grand-père, David Côté. On lui a appris qu’il était le parrain d’un enfant qui ne faisait pas partie du clan et qu’à la messe de minuit, peu d’hommes chantaient aussi bien. Autre découverte qui l’a remué : une photographie montrant son père à l’âge de 14 ou 15 ans. Comme la famille ne possédait pas un appareil photo à l’époque, Dany Côté ne savait pas à quoi ressemblait l’auteur de ses jours à l’adolescence.

« Puisque mon père ne parlait pas beaucoup et qu’il est mort jeune, je le percevais un peu comme un fantôme. En me plongeant dans mon passé, ce livre m’a donc changé. Je dirais même qu’il a eu un effet thérapeutique », confie l’historien. Il a été d’autant plus remué que la population a répondu massivement à l’appel lancé il y a deux ans afin de constituer une banque de photos conséquente. Grâce à cette mobilisation, tous les angles ont été couverts, du collectif à l’intime.

« Je n’ai pas vécu longtemps à L’Ascension. J’en suis parti très jeune et je suis revenu à Delisle à l’âge de 14 ans. J’ai toutefois constaté que la détermination qui me caractérise correspond à celle qu’affichent les membres de cette communauté. Il existe un esprit de corps qu’on ne voit pas ailleurs. Ces gens sont fiers de leurs racines et aujourd’hui encore, ils sont très portés sur l’action bénévole », énonce Dany Côté, dont l’une des sources majeures fut Le Progrès du Saguenay, qu’on peut désormais consulter en ligne.

Le livre devait être plus modeste, mais les 800 photographies remises à l’historien lui ont forcé la main. Il a avisé les autorités municipales de l’ampleur de la récolte et elles ont accepté de lui accorder plus d’espace. Il faut croire que c’était la chose à faire, au vu des commandes soumises par les citoyens. Sur les 500 exemplaires offerts au coût de 40 $ l’unité, la moitié ont été vendus en un tournemain.

Quant à l’histoire racontée par Dany Côté, elle est édifiante. À la recherche de terres inexploitées, les premiers occupants ont connu des fortunes diverses. Plusieurs ont abouti sur des lots peu propices à l’agriculture, tout juste bons pour assurer leur subsistance. Au lieu d’abandonner, cependant, ils ont développé d’autres créneaux, notamment la forêt. Des commerces de proximité ont aussi essaimé autour de l’église, qui a donné son nom au village parce qu’elle a été construite sur une butte.

« Les gens ont souffert de l’absence d’un lien ferroviaire. La boucle qui devait ceinturer le lac Saint-Jean n’a jamais été réalisée, alors que c’est l’un des facteurs qui a poussé les colons à s’installer à L’Ascension. Ils se sont toutefois accrochés, tellement que leur communauté est devenue le modèle par excellence du village agroforestier », résume Dany Côté.