Le malade imaginaire, la 4e représentation, raconte le dernier jour de Molière.

Le jour où Molière est mort

Molière est mort en faisant ce qu’il aimait le plus : du théâtre. La pièce Le malade imaginaire, la 4e représentation, présentée à la salle Michel-Côté d’Alma le 30 octobre, revient sur cette ultime date dans la vie de Molière. Le célèbre auteur est décédé 45 minutes après sa sortie de scène, le 17 février 1673.

On doit la création de cette pièce à La comédie humaine, une compagnie de théâtre qui veut rendre le répertoire classique plus accessible. Cette version explore le dernier jour de Molière, en reprenant l’essentiel du texte original tout en y ajoutant le récit de ses dernières heures avec la Troupe du Roy.

Le metteur en scène et directeur artistique de La comédie humaine, Martin Lavigne, est un admirateur inconditionnel du dramaturge français. « C’est un homme qui a osé dénoncer, qui a toujours pris parti pour le peuple. Quand je regarde toute son oeuvre, il a dénoncé l’Église, les mariages forcés, l’abus de pouvoir de ceux qui contrôlaient le peuple : les médecins, les notaires les avocats. »

Celui qui aime revenir aux sources du théâtre classique tient cependant à y mettre son grain de sel. En faisant des recherches, M. Lavigne a découvert que les destins de Molière et du malade imaginaire étaient liés. L’auteur est mort après seulement la quatrième représentation de la pièce.

« On revit cette soirée exceptionnelle que la Troupe du Roy a vécu. Molière était malade depuis un bon cinq ans », rappelle-t-il.

Pour arriver à ajouter cette histoire véridique, Martin Lavigne a synthétisé le texte. Il a ainsi pu recréer les réactions de la troupe face à la maladie de Molière.

« Sans prétention, j’ai enlevé tout ce qui m’apparaissait inutile, moins bon. Je voulais un texte d’une heure et demie. J’ai fait mes devoirs et j’ai coupé ce qui était désuet, ce qui n’apportait rien à l’action, qui était répétitif. J’ai pu écrire, de mon cru, la mise en abîme », dit-il. Le format de 90 minutes lui permet de livrer un spectacle rythmé, sans longueur, qui va à l’essentiel. Malgré tout, le message passe, pense le metteur en scène.

« Argan, le personnage principal, est un être naïf. On démontre bien que tous les charlatans abusent de lui. Il les croit, c’est clair. À côté, il y a des personnages qui essaient de les raisonner. [...] Les propos, les répliques de Molière sont tellement fortes que tout le monde va comprendre et s’amuser », estime Martin Lavigne.

À la fin de la pièce, il reste une grande question. « Est-ce que nous sommes encore aussi naïfs que le personnage principal pour se laisser abuser par les gens de pouvoirs ? », indique le metteur en scène.

La distribution compte huit comédiens, parmi lesquels on retrouve Pierre Chagnon, Mireille Deyglun et France Parent. Cette mouture du Malade imaginaire sera présentée pour une première fois à Montréal en octobre et aura à peine deux semaines lors de son passage à Alma.