Le goût de l’ailleurs

Examinez ce cahier des arts, même d’un oeil distrait, et vous remarquerez que plusieurs articles évoquent des lieux qui se trouvent loin de chez nous. Il est question de Cuba par l’entremise du film Playa coloniale, du journaliste Frédérick Lavoie et du photographe Richard Geoffrion, auteur de l’image qui accompagne ce texte, tandis que le groupe Mosaïque, fondé au Saguenay il y a un quart de siècle, trace le bilan d’un séjour fructueux au Bengale.

Examinez ce cahier des arts, même d’un oeil distrait, et vous remarquerez que plusieurs articles évoquent des lieux qui se trouvent loin de chez nous. Il est question de Cuba par l’entremise du film Playa coloniale, du journaliste Frédérick Lavoie et du photographe Richard Geoffrion, auteur de l’image qui accompagne ce texte, tandis que le groupe Mosaïque, fondé au Saguenay il y a un quart de siècle, trace le bilan d’un séjour fructueux au Bengale.

Le plus drôle est que rien de tout ceci n’a été arrangé par le gars des vues. C’est seulement au fil de la semaine que la thématique est apparue par elle-même, aussi évidente que le nez au milieu du visage. Si on ajoute l’article consacré à la Compagnie Créole, publié dans ces pages samedi dernier, on constate que cette région, si pure laine soit-elle, se montre sensible aux rythmes et aux idées venus de l’étranger.

Cette curiosité ne constitue pas un phénomène saisonnier, puisqu’elle se manifeste aussi à l’automne, notamment dans le cadre du Zoom Photo Festival Saguenay, de même qu’à la fin de l’hiver, à l’occasion du festival REGARD sur le court métrage. Ajoutons le Festival international des arts de la marionnette, tenu tous les deux étés et qui reçoit plusieurs troupes internationales, et ça commence à ressembler à une masse critique.

Ce qui est tout aussi remarquable, c’est le caractère éminemment démocratique de cette ouverture à l’autre. C’est ce qui a fait du Festival international des Rythmes du monde l’activité culturelle la plus populaire de la région. Même en faisant abstraction des vedettes pop intégrées à la programmation, combien de fois a-t-on vu la rue Racine pleine comme un oeuf, alors que résonnaient des airs reggae, cubains ou africains ? Il y a longtemps qu’on a perdu le compte.

Bien sûr, ce réflexe doit venir naturellement et justement. C’est ce que laissent voir les gens de la région par l’entremise de leurs fréquentations. Que ce soit pour se divertir, élargir ses connaissances et – pourquoi pas ? – atténuer la lassitude engendrée par un trop long hiver, il est agréable de mettre ses pas dans ceux des autres.