Le gars de Saint-Félicien

CHRONIQUE / J’ai eu un gros flashback, l’autre jour, quand j’ai écouté la dernière émission de radio animée par Jean-Pierre Girard. Ses camarades de l’émission matinale, à Radio-Canada, lui ont rendu un hommage bien senti. Il y avait beaucoup de coeur dans leurs interventions, une réelle émotion qu’on percevait également dans les interventions des invités.

Ces hommages souvent teintés d’humour, acceptés avec un flegme remarquable par le principal intéressé, m’ont ramené à l’été 1980, à mes débuts à l’hebdomadaire Le Point. Je venais de compléter mes études en journalisme et j’apprivoisais la ville de Dolbeau et les environs, tout en couvrant la scène sportive à temps complet. C’était un travail effectué en solitaire, sauf le lundi, le jour où je retrouvais mes collègues de la section générale dans les bureaux aménagés au sous-sol de la résidence des propriétaires.

Le secteur de Dolbeau était couvert par Martine Turcotte, que je croisais plus souvent, alors que Jean-Pierre rayonnait autour de Saint-Félicien. Le mot rayonner est approprié à plus d’un titre, puisque ses visites au journal atténuaient la pression qui, plus souvent qu’autrement, accompagne la rédaction des derniers textes, de même que leur mise en page.

Même le suspense généré par les photographies prises à l’aide de pellicules en noir et blanc que nous préparions nous-mêmes, avant de les faire développer dans un studio situé sur le boulevard Wallberg, ne pouvait atténuer le plaisir que me procuraient ces retrouvailles hebdomadaires. Que les images soient bonnes ou pas, il y avait de jolis bouts de vie qu’il aurait été bête de gâcher.

Après quatre mois, j’ai été embauché au Progrès-Dimanche. Puis, Jean-Pierre a oeuvré dans des hebdos du Lac-Saint-Jean. Je l’ai perdu de vue, même quand il est entré au service de Radio-Canada, puisque je travaillais pendant qu’il animait le retour à la maison. Je suis content, toutefois, de l’avoir entendu animer l’émission du matin, au cours des deux dernières années.

La dynamique qui existait au sein de l’équipe m’a rappelé celle de notre petit groupe, il y a 39 ans. C’était le même Jean-Pierre, enjoué, l’esprit alerte. Celui qui, avec Martine, m’a montré à quel point il était stimulant de travailler dans une salle de rédaction.