Le film de Nicolas Lévesque Les libres bientôt au cinéma et à la télé

Anne-Marie Gravel
Anne-Marie Gravel
Le Quotidien
Le film Les libres de Nicolas Lévesque poursuit son chemin. Le documentaire entièrement tourné à Roberval, qui s’est illustré au Marché du film de Cannes l’été dernier, sera projeté en salle et à la télévision au cours des prochains mois.

Le cinéaste ne peut pas révéler les détails, mais il confirme que son long métrage, qui a remporté le prix Cineli Digital à Cannes en juin dernier, sera projeté en 2021.

«Une sortie en salle et à la télévision est prévue. Ça devrait sortir un peu partout sur le territoire francophone au pays», affirme Nicolas Lévesque.

Le documentaire <em>Les libres</em> présente le parcours de quatre individus qui, à leur sortie de prison, se retrouvent chez Stagem, de Roberval, une usine de transformation du bois qui fait de la réinsertion sociale et professionnelle des personnes éloignées du marché du travail.

Le cinéaste évoque notamment les salles de cinéma de répertoire de Montréal et de Québec, mais aussi des projections au Saguenay–Lac-Saint-Jean. «On va s’organiser pour pouvoir le présenter ici. Les gens de la région ont travaillé sur le film. Il a été tourné ici. Les ciné-clubs de la région m’en parlent. On devrait avoir au moins deux ou trois endroits pour le projeter au Saguenay–Lac-Saint-Jean. C’est un bon film à voir au cinéma. C’est un film où on vit pas mal d’émotions. Je suis content. Ça faisait longtemps que je travaillais là-dessus.»

Les libres, un documentaire de 90 minutes, présente le parcours de quatre individus qui, à leur sortie de prison, se retrouvent chez Stagem, de Roberval, une usine de transformation du bois qui fait de la réinsertion sociale et professionnelle des personnes éloignées du marché du travail.

Le sujet de la réinsertion sociale interpelle Nicolas Lévesque depuis longtemps. «Quand j’étais petit, mon père avait des terres qu’il défrichait pour les cultiver. L’hiver, il y avait souvent une minivan de l’établissement de détention de Roberval qui déposait des personnes incarcérées pour qu’elles viennent travailler avec nous. Les gars débarquaient avec les menottes et nous accompagnaient dans les champs. Ça a fait partie de mon quotidien assez rapidement», raconte-t-il.

Le film documentaire <em>Les libres </em>de Nicolas Lévesque se retrouvera sur les grands et petits écrans au cours des prochains mois.

Il y a quelques années, la découverte de Stagem avait complètement fasciné le cinéaste. «J’ai travaillé sur un film corporatif pour présenter l’usine en 2013-2014. J’ai ensuite toujours gardé contact. J’avais tellement tripé sur l’usine, qui est située à deux kilomètres de l’endroit où je suis né. »

Nicolas Lévesque a travaillé à nouveau sur le sujet de la réinsertion sociale avec Entrevues avec un homme libre, un court documentaire qui présentait plusieurs hommes en entrevue d’embauche pour obtenir un emploi qui leur assurera un nouveau départ dans la vie.

Le film a plu à l’équipe de Stagem, qui lui a fait entièrement confiance lorsque le projet Les libres est arrivé.

« Ils m’ont donné leur confiance absolue. J’ai eu accès à un milieu fermé. Le centre de réinsertion m’a aidé à trouver des personnages. Ces gens insistent sur le fait que les choses qu’on fait ne sont pas ce qu’on est. »

Le cinéaste travaille à l’élaboration d’un document d’accompagnement pour le film. Un complément d’information pourra y être inclus, ainsi que des pistes pour alimenter les réflexions et les discussions.

Le film a été envoyé dans plusieurs festivals, mais la COVID-19 rend l’avenir incertain. « On essaie un maximum de festivals avant la sortie québécoise en février. »

<em>Les libres</em>, un documentaire de 90 minutes, présente le parcours de quatre individus qui, à leur sortie de prison, se retrouvent chez Stagem, de Roberval, une usine de transformation du bois qui fait de la réinsertion sociale et professionnelle des personnes éloignées du marché du travail.

Le format du documentaire d’une heure et demie sera également réduit pour sa diffusion télévisuelle.

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SEMAINE DE LA RÉHABILITATION SOCIALE: UN DOCUMENTAIRE QUI DÉMYSTIFIE 

On entend bien souvent parler de réinsertion sociale lorsque les choses tournent mal, mais rarement pour documenter et démystifier le parcours des personnes judiciarisées dans leur réinsertion. Le documentaire Les libres de Nicolas Lévesque met en lumière cette portion du parcours de certains protagonistes. Un exercice qu’accueille avec bonheur l’équipe d’Équitem, un service d’aide en emploi et d’intégration au travail pour la clientèle judiciarisé.

Depuis plus de 30 ans, l’usine-école Stagem et le service d’intervention en employabilité Service Relance Saguenay–Lac-Saint-Jean ont accompagné des milliers d’individus en situation de vulnérabilité dans la transformation de leur vie. Chaque année, environ 300 individus ont recours à leurs services dans la région. 

Le 19 octobre, lendemain de la fin de la Semaine de la réhabilitation sociale, les deux organisations deviendront une seule et même entité, Équitem, terme né de la contraction des mots équité et emploi. Elles poursuivront leur mission auprès de leur clientèle. 

Ce nouveau départ, combiné à la présentation prochaine du documentaire Les libres de Nicolas Lévesque, fait le bonheur d’Annie Doyon, intervenante.  

«On veut faire de la sensibilisation positive. On veut montrer aussi qu’on est capables d’amener ces gens du point A au point B. Ce film montre que ça se peut qu’on réussisse, qu’ils ont droit à leur chance. Les gens ont tendance à condamner une personne pour un geste. On ne va pas excuser le geste. On essaie de donner les outils pour éviter qu’il se reproduise, explique-t-elle. Le film permet de montrer ce qui se fait sur le terrain avec eux.» 

L’intervenante insiste sur l’importance de l’emploi dans le processus de réinsertion. «L’emploi est le plus grand facteur de protection contre la récidive. Un travailleur ne perd pas ses qualités de travailleur parce qu’il a fait un geste reprochable. Actuellement, la pénurie de main-d’oeuvre joue en faveur des personnes en réinsertion. Les employeurs sont plus ouverts à donner une chance et ils sont souvent agréablement surpris. Les gens sont bien entourés. Quand on est près d’eux, ça rassure l’employeur.» 

Un passage de six mois chez Stagem permet d’obtenir un diplôme d’opérateur d’équipements de production, lequel leur ouvre des portes pour la suite. «Ils sont payés et ressortent avec un diplôme. Certains n’auraient jamais pensé avoir un diplôme un jour.»