Ce n’est pas l’été prochain que le groupe Billy Talent reviendra sur la Zone portuaire de Chicoutimi, puisque le Festival des Bières du Monde reporte l’édition 2020. La programmation sera maintenue et les amateurs de musique ont rendez-vous au même endroit, du 15 au 18 juillet 2021.
Ce n’est pas l’été prochain que le groupe Billy Talent reviendra sur la Zone portuaire de Chicoutimi, puisque le Festival des Bières du Monde reporte l’édition 2020. La programmation sera maintenue et les amateurs de musique ont rendez-vous au même endroit, du 15 au 18 juillet 2021.

Le Festival des Bières du Monde reporté

Daniel Côté
Daniel Côté
Le Quotidien
Le Festival des Bières du Monde n’aura pas lieu cette année. Prenant acte de la volonté du gouvernement Legault d’annuler tous les rassemblements publics jusqu’au 31 août, le comité organisateur donne rendez-vous aux amateurs de musique sur la Zone portuaire de Chicoutimi du 15 au 18 juillet 2021.

« Nous avons bien analysé les options pour 2020, mais nous n’avions pas le choix de reporter l’événement en raison de la décision du gouvernement. Nous reviendrons avec la même programmation, celle qui a généré tant de commentaires positifs depuis son dévoilement », a annoncé Séléna Joly, responsable des communications et du marketing, à l’occasion d’une entrevue accordée au Progrès.

Elle ajoute que 80 % des artistes ont déjà confirmé leur retour et que le comité organisateur a bon espoir de se rendre à 100 %. Le cas échéant, les têtes d’affiche que sont Éric Lapointe et les formations rock Billy Talent et Rise Against honoreront leur engagement, tout comme les autres invités. Les exposants aussi ont répondu présents, à l’unanimité.

Compte tenu de l’engouement suscité par la programmation, lequel s’est exprimé dès la mise en vente des passeports et des billets individuels, c’est à regret que les artisans du festival font une croix sur l’été 2020. « Nous étions optimistes en vue de cette édition, puisque ça allait très bien. Au moins, à partir du moment où l’annonce est faite, nous pouvons nous concentrer sur l’an prochain », se console Séléna Joly.

Le comité organisateur réitère que l’affiche sera la même et qu’il est possible que le prix des places augmente dans les mois à venir, suivant ainsi la courbe haussière du dollar américain. Il conseille donc aux détenteurs de passeports et billets de les conserver.

« Cette option est plus avantageuse pour eux. En même temps, c’est une façon de se montrer solidaires d’une entreprise locale qui génère d’importantes retombées grâce au festival. On parle de l’importance de se serrer les coudes depuis le début de la crise sanitaire. Ce geste s’inscrit dans la même logique », estime Séléna Joly.

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LE PRIX À PAYER PLUS ÉLEVÉ

Reporter un festival n’est pas aussi simple qu’on pourrait le croire. Si quelqu’un comprend ce que vivent les artisans du Festival des Bières du Monde de Saguenay, c’est Patrice Marcoux, cofondateur de Rock La Cauze. Lui aussi vient de fermer les livres sur l’édition 2020, laquelle devait se dérouler à Victoriaville.

Comme à Chicoutimi, le groupe Billy Talent faisait partie de la liste des invités. L’autre tête d’affiche était la formation punk The Descendants, dont les états de service remontent aux années 1970. Heureux d’avoir recruté d’aussi grosses pointures, le comité organisateur entretenait de grandes ambitions en vue de la troisième édition.

« Nous misions là-dessus pour embaucher du personnel, parce qu’on ne peut pas fonctionner éternellement grâce au bénévolat. À la longue, les ressources s’essoufflent », a énoncé Patrice Marcoux, à la faveur d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès. 

Devant la tournure des événements, lui et ses camarades n’auront d’autre choix que de rogner une nouvelle fois sur leurs loisirs. Ce sera le prix à payer pour assurer la pérennité du festival.

Autre source d’inquiétude, le comportement de certains agents d’artiste ne correspond guère à l’idée qu’on se fait d’un gentlemen’s agreement. Si la plupart n’ont pas hésité à confirmer la venue de leur poulain en 2021, il y a des exceptions. Non contente d’avoir engrangé une avance correspondant à 50 % du cachet, une proportion qui tend à augmenter depuis deux ans, une agence a refusé de s’engager. Elle a même laissé entendre qu’un autre nom pourrait remplacer celui sur lequel elle s’était entendue avec Rock La Cauze.

« On parle de coquettes sommes et le discours de ce partenaire n’est pas convivial. Comme il détient la moitié du cachet, nous nous sentons pris en otage, affirme Patrice Marcoux. Je sais que les agents subissent les contrecoups de la crise sanitaire. C’est normal qu’ils veuillent sauver les meubles, mais ça ne doit pas se faire sur notre dos. »

Solidarité impressionnante

Malgré les vents contraires, Rock la Cauze sera de retour en 2021 et une grande part du mérite revient aux amateurs de musique. Lorsque le comité organisateur a annoncé le report de l’édition 2020, il a offert à chaque client de rembourser le prix des billets. Or, ils ont été très rares, ceux qui se sont prévalus de cette opportunité.

« C’est dans un esprit de solidarité que nous avions posé ce geste, à la lumière des bonnes actions auxquelles on assiste depuis le début de la crise. Nous l’avons fait, quitte à nous serrer la ceinture par la suite, mais nous savions que si tout le monde réclamait son argent, c’en serait fait du festival », affirme Patrice Marcoux.

Lui-même s’attendait à ce que 10 % des clients demandent un remboursement, mais il y a quelques jours, le taux plafonnait à 4 %. L’attachement des gens envers le festival a été démontré avec éclat, ce qui permet d’envisager l’avenir avec confiance. Le rêve de Patrice Marcoux et de Yannick Poisson d’amener des artistes internationaux à Victoriaville, en misant sur un positionnement géographique avantageux, est plus vivant que jamais.