Portrait de la jeune fille en feu sera présenté le 6 avril, au Ciné-club de Chicoutimi.

Le Ciné-club de Chicoutimi présente, s’éclate et bouscule

Lancée le 2 mars dernier avec la présentation du film Papicha, une collaboration franco-algérienne-belge-qatarienne, la seconde partie de la programmation du Ciné-club de Chicoutimi saura attirer à la fois les cinéphiles et le grand public.

« En première moitié de saison, par hasard, il y avait beaucoup de films français qui étaient des premières œuvres de femmes. On avait fait la promesse de s’éclater un peu, justifie Richard Boivin, responsable du Ciné-club, lorsqu’il présente la programmation. On essaye toujours d’aller chercher ce qu’il y a de mieux, un équilibre entre répondre aux attentes et faire découvrir. »

Jusqu’au 6 avril, les amateurs de cinéma pourront assister à la présentation de quatre longs-métrages, en plus d’avoir droit, le 16 mars, à une sélection des courts-métrages gagnants du Festival REGARD 2020. Au menu : Les Chatouilles (9 mars), Corpus Christi (23 mars), Sorry We Missed You, du réalisateur Ken Loach (30 mars) et Portrait de la jeune fille en feu (6 avril). Les sujets sont diversifiés ; les films, eux, bousculent.

« Ma collègue a été complètement bouleversée par Les Chatouilles, raconte Richard Boivin. C’est un sujet très grave, une enfant qui a subi des agressions sexuelles, mais c’est raconté par l’adulte qu’elle est devenue, une danseuse, qui transforme ce traumatisme en art. Le traitement est incroyable, somme toute, c’est assez lumineux. » Corpus Christi (La communion), a quant à lui été sélectionné dans la catégorie du meilleur film étranger aux derniers Oscars, tandis que Portrait de la jeune fille en feu, sorti il y a quelques semaines au Québec, récolte d’excellentes critiques des deux côtés de l’Atlantique.

Ciné-clubs : plusieurs défis à surmonter

Couverture médiatique déficiente, difficulté à obtenir des subventions, nouveaux compétiteurs : les ciné-clubs doivent encore se battre pour faire leur place, bien qu’ils ne datent pas d’hier.

« On n’en parle jamais assez, indique Richard Boivin. Les ciné-clubs, vu qu’on est là depuis des années, on est comme pris pour acquis par certains médias, qui se disent “oh c’est juste le ciné-club, c’est toujours la même affaire”. Quand il y a des programmes de subventions du ministère ouverts aux ciné-clubs, il n’y a pas de subvention pour faire ce qu’on fait. Il faut monter un nouveau projet pour avoir droit à la subvention. »

Ces embûches s’ajoutent à la compétition posée par les nouvelles chaînes de diffusion en continu à la maison. Pour Richard Boivin, nul doute que ces offres sont faciles d’accès, mais il refuse de croire que l’expérience vécue à la maison est la même qu’en cinéma. « Fais-moi pas croire que tu ressens la même émotion que devant un grand écran !, plaide-t-il. C’est difficile à expliquer, mais la transmission de l’émotion n’est pas la même. »

Malgré les difficultés rencontrées par les ciné-clubs, le responsable de l’organisation de Chicoutimi admet que la situation de celle-ci est assez positive. « Ici, c’est plus facile, on a une bonne masse critique. Nos membres en parlent à leur famille, à leur entourage. On a en moyenne 350 membres [qui assistent aux représentations], un des meilleurs [chiffres] de la province. »

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L'ATTRAIT SPÉCIAL DE L'ENDROIT

Pourquoi choisir de fréquenter un ciné-club ? La réponse est bien simple, selon Richard Boivin.

« On va plus loin, explique-t-il. On a des films plus bouleversants. Nos films sont choisis, ils sont vus par des comités. Il faut s’attendre à être bousculé, autant par des émotions négatives que positives. Il faut vouloir sortir un petit peu de ses ornières, ne pas avoir peur et avoir confiance. »

Parmi la sélection présentée dans la deuxième partie de la programmation du Ciné-club de Chicoutimi, Richard Boivin est d’avis que Sorry We Missed You (Désolé de vous avoir manqué) pourrait plaire à un grand public : « Ken Loach est un réalisateur formidable, il fait des films très proches des gens, avec des thématiques sociales. Ce sont des films faits avec le cœur. Quand on a un film de Ken Loach, on le prend, on a une confiance totale en ce réalisateur. »

M. Boivin mentionne également avoir parfois des films pour les plus jeunes. « Pas en ce moment, c’est certain !, s’exclame-t-il en riant. Mais oui, ça nous arrive. »