L’Invisible traversée a été inspiré par les désirs posthumes du parrain de l’artiste Johanne Bilodeau, qui désirait que ces cendres soient dispersées dans le fjord du Saguenay.

Le chemin de croix de Johanne Bilodeau

La mort d’un proche parent qui voulait que ses cendres soient dispersées dans le fjord du Saguenay a inspiré à l’artiste Johanne Bilodeau, dont la famille paternelle a des racines à Arvida, une exposition d’une quinzaine de tableaux présentée à la Bibliothèque de Chicoutimi.

Ce proche, c’est le parrain de Johanne Bilodeau, Germain. Décédé il y a trois ans, l’homme avait formulé le désir que les restes de sa dépouille rejoignent l’immensité du Saguenay. Il en ressort une exposition composée de 15 toiles, intitulée L’Invisible traversée, qui rappelle les chemins de croix.

«Je n’ai pas osé lui demander pourquoi il voulait ça avant qu’il meure. On a procédé au rituel après son décès. Ses cendres ont été répandues dans l’embouchure du fjord», explique Mme Bilodeau au bout du fil. La création de ce projet a été un moyen de boucler la boucle, de se recueillir sur la volonté de cet homme qui était encore attaché au quartier d’Arvida, où il était né, et de tenter de trouver des réponses.

La quinzaine de tableaux montre une tranche de vie de la famille Bilodeau et est associée à un aspect du Saguenay. Il aborde la thématique de la «protection de l’intégrité écologique du fjord, vu comme le berceau d’une histoire individuelle et collective».

Une toile comme Arvida, ville berceau, illustre le déversement de boues rouges qui avait eu lieu dans le Saguenay en 2007. L’ensemble, quant à lui, raconte un récit qui débute avec la naissance et qui se termine avec la mort.

Arvida, ville berceau, illustre le déversement de boues rouges qui avait eu lieu dans le Saguenay en 2007. Le résultat final de l’ensemble des oeuvres inspire l’introspection, le recueillement, dans un style qui rappelle les vitraux d’une église dans des teintes pastel.

Chemin de croix

Le résultat final inspire l’introspection, le recueillement, dans un style qui rappelle les vitraux d’une église dans des teintes pastel. L’Invisible traversée est un chemin de croix du 21e siècle.

«Mon oncle était de la génération des baby-boomers, pour qui la religion catholique était un peu plus importante. Le résultat donne à réfléchir sur la vie et la mort» explique l’artiste qui habite maintenant la région montréalaise.

Les oeuvres exposés depuis le 15 novembre dernier ont tout de suite reçu un bel accueil du public de Chicoutimi. L’artiste a pu recevoir de premiers commentaires alors qu’elle accrochait ses toiles dans la bibliothèque.

Intégrité

L’Invisible traversée tombe au moment où de grands projets industriels se dessinent dans le fjord et où un organisme a vu le jour pour protéger l’intégrité de cet attrait. Ce synchronisme parfait n’a pas été prévu par Johanne Bilodeau, mais la peintre est heureuse de susciter une réflexion sur le sujet.

«Comme beaucoup de gens au Saguenay, mon parrain aimait raconter des histoires. Il serait content de voir que le résultat de la dispersion de ses cendres va au-delà de simples gestes, qu’il touche les gens et qu’il suscite des réflexions sur l’environnement» soutient Mme Bilodeau.

La quinzaine de tableaux montre une tranche de vie de la famille Bilodeau et est associée à un aspect du Saguenay. Ils abordent la thématique de la « protection de l’intégrité écologique du fjord, vu comme le berceau d’une histoire individuelle et collective ».

L’exposition, qui a débuté le 20 novembre dernier, se poursuit jusqu’au 13 janvier 2019 à la Bibliothèque de Chicoutimi.