Ceux qui retrouveront la bande qui avait animé La Guerre des tuques, il y a trois ans, ne seront pas déçus. La deuxième production de la série, La Course des tuques, se révèle à la fois palpitante et charmante.

Le charme opère

L’hiver dans un village de rêve avec plein de côtes, de jolies maisons qui pourraient reposer au pied de l’arbre de Noël et de la neige, beaucoup de neige. Ce qui est encore mieux, c’est la présence de nombreux enfants, ceux qui se rappellent au bon souvenir des amateurs de la série québécoise La Guerre des tuques, version dessin animé. Le nouvel épisode, projeté en salle depuis vendredi, a pour titre La Course des tuques et propose, une fois de plus, un élégant mélange de nostalgie et d’aventures.

Les plus vieux seront charmés par le caractère intemporel de ce long métrage réalisé par Benoit Godbout. Il réveille le souvenir des hivers d’autrefois, quand une simple butte suffisait pour attirer des dizaines de jeunes en quête de sensations plus ou moins fortes. L’absence d’adultes, ce qui fait penser à la bande dessinée Peanuts, renforce cette impression. Jouer dehors, c’était profiter d’une rare occasion d’échapper à tout encadrement.

La bande est de retour au moment où se tient la course annuelle de luge. Tous anticipent une victoire du bolide conçu par le petit génie de la place, François les Lunettes. Mais surprise, voici qu’apparaît une machine infernale créée par Zac, un nouvel arrivant. Conduit par sa cousine, la belle Charlie, il finit premier grâce à une tricherie dont les contours apparaissent rapidement. C’est là, au fond, que le film commence vraiment. Une revanche est consentie et cette fois, l’enjeu sera la grange où s’amusent les enfants.

François a été suffisamment étourdi pour engager ses camarades dans ce pari sans obtenir leur consentement. Le scénario le présente donc sous un jour peu sympathique, une piste intéressante dans la mesure où elle le place sur un pied d’égalité avec celui qui devrait être l’unique « méchant ». Or, Zac compose avec une blessure profonde, provoquée par l’indifférence de ses parents. Ils lui procurent tout l’argent du monde, mais aucune affection, ce qui le rend si féroce que Charlie ne veut plus faire l’espionne pour lui.

L’amitié du groupe est testée, tout comme la relation entre les cousins. Le noeud de l’histoire demeure toutefois la course finale, et celle que nous sert l’équipe d’animateurs recrutée par la firme Carpe Diem est étourdissante. Puisqu’il n’y a aucune règle, les surprises abondent sur fond d’innovation technologique. L’un vole. L’autre le menace avec des scies. Même la piste est mise à rude épreuve.

L’important, c’est que les 82 minutes que dure le film passent rapidement. Elles permettent d’entendre plusieurs chansons interprétées par Dumas, Alex Nevsky, Cool Kids et la Jeannoise Alexe, entre autres, des pièces taillées sur mesure pour le public cible. Bref, le défi de proposer un bon divertissement, tout en mettant en lumière une valeur comme l’amitié, a été relevé. La Course des tuques est le genre de film qui fait du bien à l’âme, autant qu’aux yeux, que se soit en version régulière ou en 3D.